POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

Suite aux incidents de samedi

Un périmètre défini pour les prochaines manifestations



«Il ne faut pas qu’une minorité ne respecte pas le droit de manifester et agisse dans la violence. La démocratie ne se mettra pas à genoux face à un groupe violent!», a martelé le Premier ministre Xavier Bettel. (Photo: Archives/Romain Gamba/Maison Moderne)

«Il ne faut pas qu’une minorité ne respecte pas le droit de manifester et agisse dans la violence. La démocratie ne se mettra pas à genoux face à un groupe violent!», a martelé le Premier ministre Xavier Bettel. (Photo: Archives/Romain Gamba/Maison Moderne)

La séance publique en partie dédiée aux incidents de ce samedi 4 décembre, en marge d’une manifestation contre les mesures Covid, a notamment vu Xavier Bettel annoncer des dispositions concrètes pour les futurs événements et plusieurs députés demander la démission de Roy Reding.

«Nous n’acceptons pas que la Gëlle Fra soit souillée et que l’Holocauste soit dédramatisé. Nous n’acceptons pas qu’il y ait des émeutes dans la ville et que les marchés de Noël soient pris d’assaut. Nous n’acceptons pas que des gens soient agressés et ne se sentent plus en sécurité chez eux. Nous n’acceptons pas que les journalistes soient gênés dans leur travail.» C’est par cette anaphore que le Premier ministre, Xavier Bettel (DP), a débuté son intervention, ce mardi 7 décembre, à la Chambre des députés, au sujet des incidents survenus samedi dernier à Luxembourg-ville , en marge d’une manifestation contre les mesures Covid.

«Le droit de manifester est un droit fondamental dans une démocratie, et nous ne mettons pas tous les manifestants dans le même sac, mais il ne faut pas qu’une minorité ne respecte pas ce droit et agisse dans la violence. La démocratie ne se mettra pas à genoux face à un groupe violent!», a martelé Xavier Bettel. «Il est question du fondement de notre État de droit.»

Roy Reding appelé à la démission

Le Premier ministre a expliqué s’être entretenu dans la journée avec le Parquet et les responsables de la Ville de Luxembourg afin de mettre en place des mesures concrètes. «Un parcours et un périmètre seront mis en place pour les manifestations à venir à Luxembourg-ville. Tous les manifestants devront le respecter, et dès qu’un manifestant en sortira, il sera dans l’illégalité. La police effectuera des contrôles d’identité», a encore ajouté Xavier Bettel. Le but étant aussi de garantir la sécurité des familles et des visiteurs de la ville, en particulier en cette période des marchés de Noël.

Le Premier ministre a également dénoncé l’attitude du député de l’ADR Roy Reding , qui a notamment diffusé les coordonnées d’un journaliste du Tageblatt. «C’est totalement inacceptable», a-t-il insisté. Et le débat qui a suivi son intervention a prouvé le consensus des députés de tous les partis – l’ADR mis à part – sur ce sujet précis. Tous ont dénoncé l’attitude de Roy Reding, certains comme Gilles Baum (DP), Georges Engel (LSAP) ou encore Josée Lorsché (déi Gréng) demandant sa démission.

L’ADR veut des tests gratuits

De manière plus générale, les députés ont unanimement dénoncé la violence de certains des manifestants. «On ne peut pas tolérer et accepter ce genre d’agissements, la démocratie entraîne des droits, mais ça, c’est une démonstration de violence, cela dépasse le droit de manifester. La radicalisation ne peut pas être tolérée», a notamment expliqué à la tribune la cheffe de la fraction du CSV Martine Hansen .

Fernand Kartheiser (ADR) – qui, comme ses collègues Roy Reding et Fred Keup , ne portait pas de masque dans les gradins de la Chambre des députés – a quant à lui indiqué: «Les non-vaccinés sont stigmatisés et discriminés, nous demandons des tests gratuits de manière massive.» Concernant les incidents de samedi, il explique notamment qu’il n’est «pas normal qu’une minorité fasse cette démonstration de violence dans une démocratie, mais globalement, le gouvernement est discrédité».