PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Marchés financiers

Les prévisions d’Yves Nosbusch (BGL BNP Paribas)

La hausse de l’inflation s’estompera dans quelques mois



Yves Nosbusch, chef économiste de BGL BNP Paribas, se montre optimiste par rapport à l’évolution de l’inflation. (Photo: Anthony Dehez/archives)

Yves Nosbusch, chef économiste de BGL BNP Paribas, se montre optimiste par rapport à l’évolution de l’inflation. (Photo: Anthony Dehez/archives)

Yves Nosbusch, le chef économiste de BGL BNP Paribas, ne s’attend pas à une poussée durable de l’inflation. Celle-ci est due à des dérèglements momentanés liés à la crise sanitaire. Mais l’euphorie de la demande comme la pénurie de l’offre devraient progressivement s’atténuer.

Après le choc économique lié à la crise sanitaire, l’économie mondiale se retrouve aujourd’hui dans une situation quasi euphorique. «L’indicateur de la confiance des consommateurs s’est redressé de manière spectaculaire. À un niveau de 117,9 pour le mois de juin 2021, il est proche d’un record historique», observe Yves Nosbusch , chef économiste chez BGL BNP Paribas.

Dans un séminaire centré sur le risque d’inflation, il observe un rattrapage de la demande au niveau du commerce mondial qui a notamment dopé les prix des matières premières, dont le pétrole. «Une situation qui devrait encore durer quelques mois, le temps que les goulets d’étranglement se desserrent», estime-t-il.

La faute du pétrole

De quoi faire grimper le taux d’inflation? Oui, même si le facteur essentiel est avant tout lié à l’évolution du prix du pétrole, note l’économiste. Avant la crise, le baril flottait autour des 70 dollars. Il a ensuite chuté à 20USD avec l’arrêt mondial de l’activité, mais est désormais repassé à plus de 70USD.

«Si l’inflation totale atteint 1,9% actuellement, 0,87% est lié aux dépenses de carburant pour les véhicules», confirme Yves Nosbusch. «La deuxième grande composante de l’inflation actuelle est le prix de l’électricité, du gaz et des autres combustibles qui intervient pour 0,43%.»

Un facteur favorable est que l’on ne voit pas de tension sur les salaires en zone euro actuellement.

Yves Nosbusch,  chef économiste,  BGL BNP Paribas

Mais toutes les autres composantes restent stables. Ce qui pousse l’économiste de BGL BNP Paribas à relativiser une hausse durable de l’inflation.

«Un facteur favorable est que l’on ne voit pas de tension sur les salaires en zone euro actuellement», poursuit-il. «Le secteur de la construction connaît actuellement des problèmes de recrutement, mais il semble être le seul. Il n’y a pas d’indicateurs actuellement comme quoi les entreprises ont du mal à trouver de la main-d’œuvre.»

Autre preuve, à 7,9% en juin en zone euro, le taux de chômage reste toujours plus important qu’avant la crise, même si la décrue a commencé.

Les hausses de salaire sous contrôle

Sans grandes tensions sur l’emploi, les hausses de salaire devraient donc rester très faibles. Même si, au Luxembourg, on s’attend à une nouvelle indexation salariale de 2,5% d’ici la fin de l’année. Une hausse qui sera donc liée essentiellement à la hausse des prix de l’énergie.

Au niveau des prévisions, BGL BNP Paribas table sur une croissance de 4,8% pour 2021 en zone euro et de 5,2% l’an prochain. L’inflation devrait légèrement dépasser la barre des 2% (2,1%), mais revenir à un niveau de 1,8% en 2022.

«L’accélération de la demande devrait s’estomper et l’offre devrait se normaliser», conclut Yves Nosbusch. «La situation devrait donc se normaliser dans les mois à venir.»