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Environnement

Grosbusch bannit le plastique de ses produits



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Grosbusch a lancé ses emballages écologiques en carton à la place des plastiques.  (Photo: Grosbusch)

Alors que le pays se dote d’une politique engagée à l’encontre des plastiques à usage unique, Grosbusch a pris les devants et décidé de supprimer de ses emballages ce matériau qui va à l’encontre de l’écologie. L'entreprise n'a pas hésité à investir massivement pour l'écologie.

Créée en 1917, l’entreprise Grosbusch , spécialiste des fruits et légumes, a compris depuis longtemps qu’il était important de défendre l’environnement. Représentant la nouvelle génération de l'entreprise familiale,  Goy Grosbusch n’a pas attendu les directives gouvernementales en la matière pour agir au sein de sa société. Cela fait six mois qu’il planche activement sur la suppression des plastiques de ses produits. C’est aujourd’hui chose faite. 

Du moins, en grande partie. Si l’ensemble des fruits et légumes «entiers» sont désormais emballés dans des cartons écologiques, les fruits découpés restent entourés de plastique. «On repense ça actuellement. La fourchette est faite à base de plastique, mais on vient de signer un contrat avec une entreprise anglaise pour des produits compostables. On va aussi avoir des gobelets (pour les salades de fruits) totalement recyclables. C’est une solution intermédiaire pour nous améliorer», se défend Goy Grosbusch .

L’industrie ne suit pas

«L’industrie n’est pas encore prête à nous proposer quelque chose pour protéger le fruit découpé et supprimer totalement le plastique. Il existe des gobelets en carton, mais ils disposent d’un film plastique qu’il faut enlever pour le recycler, et on sait que le client ne fait pas toujours ce geste-là.» Le directeur préfère donc attendre d’avoir trouvé le contenant idéal pour remplacer définitivement le plastique.

L’entreprise familiale a choisi de miser sur le plastique recyclable, plutôt que le compostable, qui doit être transformé de façon industrielle. «Mais pour l’instant, rien n’est prévu pour composter cela en Europe. On espère que l’industrie nous apportera des solutions dans un futur proche», appelle Goy Grosbusch.

Cette imprimante est un investissement de plus de 100.000 euros! Nous sommes un des premiers en Europe à en disposer.
Goy Grosbusch

Goy Grosbusch,  directeur d’exploitation,  Grosbusch

Pourtant, l’entreprise maraîchère a concédé de lourds investissements pour se doter des dernières technologies vertes. «On a acheté une imprimante à encre d’eau pour écrire directement sur les cartons et supprimer les étiquettes et la colle. C’est un investissement de plus de 100.000 euros! Nous sommes un des premiers en Europe à en disposer», se félicite Goy Grosbusch, qui tient à préserver la nature, fournisseur principal de sa société.

En tout, la société a dépensé plus de 200.000 euros pour l'achat de nouvelles machines adaptées à l'emballage en carton. Cela concerne tout de même environ 30.000 tonnes de fruits et légumes chaque année. 

Du carton même en entreprise

Autre service qui a dû s'adapter: la livraison de box de fruits aux entreprises. Les 80.000 boites préparées chaque année sont dorénavant exclusivement en carton. «Nous les récupérons et les réutilisons si nos clients le souhaitent», précise Goy Grobusch. 

Un changement radical qui porte ses fruits, puisqu’entre mai et décembre l’an dernier, l’entreprise a réduit sa consommation de plastique de plus de 20 tonnes. Cela correspond à plus de 70% de leur consommation. Une belle récompense qui devrait peser à l'avenir sur le chiffre d'affaires, qui était de 55 millions euros en 2018.