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Les grands argentiers



L’auteur a sélectionné 21 figures de la banque, de Côme de Médicis à Satoshi Nakamoto, le théoricien visionnaire du bitcoin, en passant par John Pierpont Morgan, fondateur de la banque éponyme.  (Photo: éditions Tallandier)

L’auteur a sélectionné 21 figures de la banque, de Côme de Médicis à Satoshi Nakamoto, le théoricien visionnaire du bitcoin, en passant par John Pierpont Morgan, fondateur de la banque éponyme. (Photo: éditions Tallandier)

L’été est la période propice à la lecture. Paperjam.lu vous propose une sélection d’ouvrages récents liés à l’économie et à la finance. Cette semaine, «Les Seigneurs de l’argent», de Guillaume Maujean.

Aujourd’hui consultant chez Brunswick, Guillaume Maujean a notamment été rédacteur en chef du service Finance des Échos. Avec «Les Seigneurs de l’argent», il dresse une fresque de l’histoire de la finance en revenant sur la vie des hommes qui l’ont façonnée pendant cinq siècles.

L’auteur a ainsi sélectionné 21 figures de la banque, de Côme de Médicis à Satoshi Nakamoto, le théoricien visionnaire du bitcoin, en passant par John Pierpont Morgan, fondateur de la banque éponyme.

Avec ces portraits qui fourmillent d’anecdotes, la finance, monstre froid, devient plus humaine, car personnifiée. «Un voyage à hauteur d’homme, pour aller au-delà des représentations caricaturales, restituer une réalité plus nuancée, et, peut-être, encore plus fascinante», écrit l’auteur en préambule.

La succession de ces grands argentiers dessine en filigrane l’évolution de la finance. Les mécènes florentins et leur sens des affaires et de la politique voient l’émergence des titres de créances. Tandis qu’au temps des grandes découvertes, Jacob Fugger devient l’homme le plus riche du monde: «Des milliers de commerçants lui ont confié leurs dépôts, fait escompter leurs papiers ou réclamé des crédits. Il fut le banquier des rois, des papes et des explorateurs», écrit l’auteur.

Ce dernier avance dans le temps en incluant à sa liste Hjalmar Schacht, le banquier d’Adolf Hitler, qui a imaginé «un nouveau système de financement pour démultiplier la force de frappe du régime». Ce après avoir été considéré comme «le magicien de la finance» pour avoir été l’artisan de la stabilisation du mark pendant la République de Weimar.

Guillaume Maujean n’oublie pas non plus les banquiers «mythiques»: Joseph Süss Oppenheimer, James de Rothschild, Francis Baring ou encore Sidney Weinberg.

Sans compter ceux qui «ont fait sauter la banque», comme Dick Fuld, PDG de Lehman Brothers, qui a dû déclarer la banque en faillite. «Un magazine raconte qu’il se présente parfois dans les dîners mondains en disant: ‘Bonjour, je suis Dick Fuld, l’homme le plus détesté d’Amérique’», relève l’auteur.

L’ouvrage se termine en posant la question d’une banque... sans banquiers. «La monnaie change de nature, les banquiers s’effacent.»

Auteur: Guillaume Maujean

Éditeur: Tallandier

Date de publication: février 2020

Prix: 19,90 euros