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Statec

Une grande prudence quant aux perspectives de conjoncture



La hausse significative des produits pétroliers a largement contribué au taux global d’inflation. (Photo: Shutterstock)

La hausse significative des produits pétroliers a largement contribué au taux global d’inflation. (Photo: Shutterstock)

Dans son dernier Conjoncture Flash, le Statec estime que l’économie luxembourgeoise a bien traversé le second semestre 2021. Mais la reprise de la crise sanitaire et d’autres difficultés invitent à la prudence. Un nouvel index pourrait être enclenché en 2022, au second semestre 2023 au plus tard.

Le contexte économique luxembourgeois a évolué de manière assez favorable au cours du second semestre de 2021, analyse le Statec dans son dernier Conjoncture Flash. Dont le titre – «Du bon et du mauvais» – résume cependant bien la grande prudence qui est de mise quant à l’évolution des choses au cours des mois à venir.

Le bon, tout d’abord. Jusqu’en novembre, le niveau de confiance des ménages et des entreprises est resté élevé. Tandis que l’orientation des marchés a été très favorable au secteur financier. Le PIB national devrait donc croître au second semestre 2021: 5,7% pour le semestre en cours, plus de 6% pour l’ensemble de l’année.

Autre satisfecit: le taux de chômage est en baisse (5,4% de la population active), rejoignant son niveau d’avant-crise. De même, le nombre de faillites reste stable, à un niveau identique à avant la crise sanitaire. En ce qui concerne les créations d’entreprise, les immatriculations sont en hausse au cours des 10 premiers mois de 2021: +29% par rapport à 2019.

Le Statec, enfin, pointe le fait que les demandes de crédits des entreprises sont en baisse. Ce qui peut s’expliquer par le resserrement des critères imposés par les banques et par la reprise économique. Les crédits à la consommation sont, eux, en hausse.

Le mauvais, ensuite. Par exemple, le Statec relève que les chômeurs de longue durée deviennent majoritaires. Ils représentent 50,5% des inscrits au cours des 10 derniers mois, contre 44% en 2019. Plus inquiétant encore: la part des personnes de 35 à 40 ans au chômage depuis plus d’un an passe de 34,3% en 2019 à 45,6% en 2021.

De plus, l’Institut national de la statistique et des études économiques identifie plusieurs éléments susceptibles d’infléchir la dynamique à la fin de 2021 et au début de 2022. Les goulets d’étranglement affectant l’industrie mondiale semblent notamment impacter le Luxembourg, où la production tend à stagner cette année. Ce qui met aussi une pression sur les prix à la production. Les difficultés de recrutement inquiètent aussi, d’autant que cela pourrait déteindre sur les salaires. La nouvelle vague épidémique et les renforcements en cours des mesures sanitaires suscitent, enfin, des craintes.

Un nouvel index en 2022, 2023 au plus tard

La hausse des prix de l’énergie est un autre élément de tension suivi de près.

D’ailleurs, l’augmentation des prix des produits pétroliers relance «significativement l’inflation au Luxembourg», contribuant à presque 2 points de pourcentage au taux global de 3,6% sur un an en octobre.

Du coup, le Statec a revu ses prévisions d’inflation vers le haut et table désormais sur 2,5% en moyenne pour 2021 et 2022. Les trois scénarios évoqués débouchent sur une fourchette pour l’inflation générale comprise entre 2 et 3% en 2022. Le prochain index pourrait donc être déclenché au cours du second semestre de 2022, ou du premier de 2023.