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réhabilitation

Graace Hotel, un charme à part au cœur de Bonnevoie



C’est au cœur du quartier de Bonnevoie, à Luxembourg, que Steve Krack a choisi d’installer son nouveau projet, le Graace Hotel, implanté dans un ancien atelier de métallurgie, aujourd’hui transformé en «boutique hotel» à l’identité unique.

Le chemin a été long avant de parvenir à l’ouverture. Initialement, Steve Krack acquiert un ancien atelier de métallurgie, l’atelier Graas, situé depuis les années 1950 en deuxième ligne d’un îlot résidentiel dans le quartier cosmopolite et vivant de Bonnevoie, à Luxembourg. «L’atelier a été vendu par les deux frères Graas en 2007 à l’un de leurs collaborateurs. Mais l’entreprise a fait faillite en 2012 et j’ai racheté les locaux en 2013», explique Steve Krack.

Plutôt que de démolir, l’entrepreneur et grand amateur d’architecture choisit de réhabiliter cet ancien espace artisanal, de conserver une partie des éléments architecturaux et de les intégrer dans le nouveau projet. Une démarche qui n’est pas isolée pour Steve Krack, mais plutôt le point d’orgue d’un parcours riche d’expériences, jalonné par d’autres rénovations réussies, à l’image de  la Résidence des Célibataires , du restaurant Brigitte, ou de ces maisons de ville historiques dans le Pfaffenthal ou le Grund.

Avant cela, et en attendant la maturation du projet et la procédure d’autorisation, il a fait vivre le site autrement: en décembre 2014, il met sur pied « l’Amicale des amis », une exposition collective d’architecture, et ouvre ponctuellement le lieu pour y permettre l’organisation d’événements privés.

Avec l’aide du bureau Christian Bauer et Associés Architectes  et de Goblet Lavandier et Associés pour le génie technique, un concept d’accueil hôtelier est élaboré. La structure de la halle industrielle est conservée, mais des «boîtes» supplémentaires accueillant 28 chambres sont construites à l’intérieur. La spécificité du site est maintenue, l’histoire et l’identité de cette parcelle, préservées.

Initialement, Steve Krack ne voulait utiliser que des matériaux recyclés. Une démarche encore trop pionnière pour la législation luxembourgeoise, et qui n’a pas pu aboutir pour des questions d’incompatibilité avec les normes thermiques et acoustiques. Au final, il aura fallu quatre ans pour obtenir les autorisations adéquates et pouvoir ouvrir les portes de son nouvel établissement en juin 2020.

Des extérieurs de caractère

Alors que le quartier est animé, l’hôtel présente un havre de paix, en partie grâce à sa position en seconde ligne, mais aussi parce que les murs de l’ancien atelier le protègent et abritent une cour intérieure arborée.

Les briques, une partie des anciennes tôles, la structure métallique et quelques autres éléments déjà présents sur le site sont conservés et réutilisés dans la nouvelle composition.

Les chambres, accessibles par des coursives extérieures, sont réparties sur deux niveaux autour de la cour. Toutes les fonctions autres que les chambres sont disposées dans des bâtiments annexes: l’accueil, un espace pour le petit-déjeuner qui sert de cafétéria le reste de la journée, et un bar à vins avec petite terrasse. Des terrasses extérieures au caractère incomparable et aux vues croisées sur le site complètent l’offre dans les étages. Un jardin sur le toit est également prévu. Les clients profitent ainsi pleinement de l’espace, de l’architecture, et circulent dans ce lieu empreint de charme et de personnalité.

Quelques ajouts contemporains participent à la création d’une identité nouvelle pour les lieux. (Photo: Patty Neu)

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Depuis les terrasses de l’étage, on profite de vue croisées. (Photo: Patty Neu)

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Une nouvelle structure métallique crée des vues cadrées. (Photo: Patty Neu)

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Les éléments industriels sont utilisés en filigrane dans tout le projet.  (Photo: Patty Neu)

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L’espace des petits-déjeuners est chaleureux et accueillant. (Photo: Patty Neu)

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Du bois, un mur de briques, un grand îlot central… tout est fait pour se sentir à l’aise dans cet espace. (Photo: Patty Neu)

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Des chambres confortables, tout en étant minimalistes

Les chambres répondent à une démarche de recherche de minimalisme. Avec 17m² pour chaque unité, l’espace est optimisé au maximum, étudié pour être le plus compact possible. «Je ne voulais pas qu’en entrant, le visiteur tombe tout de suite sur le lit. Aussi, un espace séjour a été imaginé à l’entrée. Il se compose d’une banquette et d’une table qui peut coulisser pour laisser plus de place pour manipuler sa valise, par exemple. La table présente une fente sur le plateau, pour y glisser la tablette qui a été remise à l’accueil et la consulter confortablement.» Chaque client dispose d’un accès wifi personnel, offrant un haut débit et une utilisation en toute sécurité.

La salle de douche sépare l’espace salon de l’espace nuit. Par un astucieux jeu de parois, l’espace de circulation se transforme en espace de douche et isole également la partie salon de la chambre. Ainsi, pendant qu’un des deux occupants dort, l’autre peut être actif dans la partie séjour sans déranger l’autre. Un mur de briques en verre offre une communication avec l’extérieur sans empiéter sur l’intimité.

Le premier espace de la chambre est un espace de séjour équipé d’une table coulissante. (Photo: Patty Neu)

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Le bois est omniprésent dans la chambre, un matériau reconnu pour sa chaleur et ses qualités acoustiques. (Photo: Patty Neu)

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Dans l’espace nuit, on trouve le minimum pour un maximum de confort. (Photo: Patty Neu)

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L’espace de douche prend place entre l’espace de séjour et l’espace nuit. (Photo: Patty Neu)

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L’espace de douche est réduit à son minimum par un astucieux jeu de parois pivotantes. (Photo: Patty Neu)

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La chambre est sobrement équipée d’un lit double, de quelques patères pour les vêtements, et s’ouvre sur une petite terrasse privative et verdurisée à l’arrière.

Du côté des matériaux, on trouve beaucoup de bois des Vosges. Au sol, des briques rappellent l’esprit industriel des lieux. «On habite ici comme dans une cabane moderne», explique Steve Krack. «Quand on entre dans la chambre, c’est un peu comme si on rentrait chez soi. La porte épaisse isole parfaitement des bruits extérieurs, les matériaux sont choisis avec soin, ainsi que les quelques objets qui s’y trouvent. J’ai vraiment voulu donner une qualité d’espace à ce lieu. J’ai été marqué par la lecture du livre de Fumio Sasaki, ‘Goodbye, things: On minimalist living’, qui prône un mode de vie pour lequel on possède peu et qui libère l’espace et notre capacité à faire. Les clients peuvent d’ailleurs en trouver un exemplaire dans leur chambre, ainsi que d’autres livres d’architecture», détaille le fondateur de l’hôtel.

L’esprit est simple et chic, avec beaucoup de services et d’attention accordée au client. «Les clients que nous voulons toucher ne viennent pas ici uniquement pour la qualité du lit, mais pour l’esprit unique qui règne dans ces lieux atypiques et notre service. Nous visons une clientèle d’affaires, de voyageurs urbains, d’amateurs d’architecture et de design, pour des séjours allant d’une nuit à plusieurs semaines, voire plusieurs mois.» Mais une chose est sûre, c’est que peu d’établissements hôteliers au Luxembourg offrent ce caractère architectural soigné et respectueux de son histoire, très loin des standards internationaux aseptisés, ce qui fait de Graace Hotel une perle rare et précieuse.

8-10, rue Sigismond, à Luxembourg (Bonnevoie), www.graacehotel.com . Ouverture prévue le 10 juin 2020.