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pandémie

La CCDH aimerait des mesures Covid plus étayées



Le Premier ministre Xavier Bettel a annoncé lundi de nouvelles mesures pour faire face à la crise sanitaire. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

Le Premier ministre Xavier Bettel a annoncé lundi de nouvelles mesures pour faire face à la crise sanitaire. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

La Commission consultative des droits de l’Homme du Grand-Duché de Luxembourg a rendu son avis sur les mesures sanitaires qui seront votées mercredi. Elle pointe, dans sa note, un manque de cohérence dans le chef de certaines et demande des précisions au gouvernement. 

Alors que les nouvelles mesures de lutte contre la pandémie ont été confirmées ce lundi par le gouvernement, la Commission consultative des droits de l’Homme du Grand-Duché de Luxembourg (CCDH) s’inquiète. Dans un avis publié voici quelques jours, la CCDH déplore notamment le fait qu’un délai «raisonnable» n’ait pas été accordé pour l’élaboration de la loi, ne permettant pas aux acteurs des secteurs concernés d’alimenter le débat.

Outre cette rapidité, la CCDH – concédant la nécessité de nouvelles mesures –, regrette que le gouvernement n’ait fourni, par exemple en ce qui concerne l’horeca, aucune explication «qui permettrait de conclure que les lieux et activités visés sont effectivement à l’origine des nombreuses infections et que les mesures envisagées pourraient éventuellement améliorer la situation».

Pas de restaurants mais des cantines

Par ailleurs, si cafés et restaurants doivent fermer leurs portes dès jeudi , la Commission consultative appelle à la cohérence des propositions, les cantines scolaires et universitaires ayant la possibilité de rester ouvertes. «La CCDH ne voit pas en quoi les cantines scolaires et universitaires, qui ne sont pas visées par cette fermeture, ne répondraient pas à la description ci-dessus» (des établissements comme les cafés et restaurants, ndlr) et comment le «respect des règles d’hygiène et de distanciation» pourrait y être organisé sans difficulté alors que ceci ne serait par contre pas possible pour les restaurants et débits de boissons», résume-t-elle dans sa note.

Le gouvernement a expliqué ce lundi que la distance de 2m pouvait bel et bien être organisée dans les cantines. Et «si la cantine n’est pas ouverte, les élèves vont tous se retrouver à midi dans la cour, sans masque et sans distance».

Une approche ressentie comme discriminatoire

«Cette approche risque d’être ressentie comme discriminatoire par les personnes concernées, étant donné que certaines activités sont ciblées et interdites, tandis que d’autres ne le sont pas – même si le gouvernement affirme que la propagation du virus est diffuse et ne se limite pas à un seul secteur», évoque encore la Commission consultative. Ce qui pousse d’ailleurs cette dernière, par la même occasion, à interroger le gouvernement sur d’autres mesures, telles que l’introduction d’une obligation générale du port du masque sur la voie publique, ainsi que des mesures additionnelles dans le milieu scolaire, le monde du travail et les moyens de transport public.

Du sport, mais pas pour tous

Concernant la pratique sportive, la CCDH demande également quelques précisions au gouvernement. En effet, si la Commission salue l’introduction d’une exception en la matière pour les personnes disposant d’une prescription médicale, elle se questionne toutefois sur l’accessibilité des infrastructures sportives et autres centres aquatiques aux écoliers, alors qu’ils sont fermés au public.

«La CCDH regrette que les auteurs du projet de loi ne fournissent pas d’explications en quoi ces lieux et activités ne seraient pas susceptibles de favoriser la propagation du virus pour cette partie spécifique de la population (les plus jeunes, ndlr) alors qu’ils le seraient pour le reste de la population», conclut-elle.