PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Fonds

Bonne gestion de l’héritage

La Fondation Nobel a cédé ses actions dans le pétrole



La Fondation Nobel doit aussi gérer l’héritage humain d’Alfred Nobel et montrer l’exemple aux générations futures (Photo: Shutterstock)

La Fondation Nobel doit aussi gérer l’héritage humain d’Alfred Nobel et montrer l’exemple aux générations futures (Photo: Shutterstock)

La Fondation Nobel, qui gère l’héritage de l’inventeur de la dynamite, a décidé de se retirer de tous ses investissements dans les énergies fossiles. Elle doit se poser en exemple au niveau mondial.

Difficile de ne pas montrer l’exemple lorsque l’on porte le prestigieux nom de Nobel. La Fondation Nobel, qui gère le patrimoine laissé en héritage au tout début du 20e siècle par l’inventeur de la dynamite, vient ainsi d’annoncer cette semaine qu’elle avait cédé l’ensemble de ses investissements liés au pétrole.

Vidar Helgesen, le patron de la fondation basée à Stockholm, a expliqué à la radio suédoise que, jusque-là, 35 millions d’euros étaient placés dans des fonds qui ne bénéficiaient pas de «restrictions assez fortes sur le pétrole», explique l’Agence France-Presse. Il a également précisé que la fondation s’était déjà débarrassée de ses participations dans le secteur du charbon.

Pour faire fructifier l’héritage d’Alfred Nobel, le gouvernement suédois a autorisé la Fondation Nobel à investir dans des marchés d’actions à partir de 1953. Aujourd’hui, elle gère un patrimoine qui tourne autour de 500 millions d’euros. Ce qui lui permet, année après année, de récompenser les lauréats des cinq prix attribués (physique, chimie, médecine, littérature et paix) de près d’un million d’euros.

Une responsabilité morale

Mais cette politique d’investissement via des fonds d’investissement a déjà valu quelques sérieuses critiques à l’institution, notamment pour avoir investi dans les armes ou le tabac.

En octobre 2017, quelques jours après avoir décerné le prix Nobel de la paix à Ican, la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires, la fondation a été accusée par une ONG suédoise d’avoir fait des placements dans des fonds détenant des participations dans des entreprises liées à la fabrication d’armes nucléaires.

La fondation avait, à l’époque, expliqué que ses règles éthiques avaient été durcies en mars de la même année, mais qu’elle s’était donné 12 mois pour sortir définitivement de ce secteur.