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oui, chef!

Finir la saison en beauté avec Cyril Molard



À la fois enthousiaste et conscient de son succès, le chef Cyril Molard ne prend cependant rien pour acquis et mise sur la constance et la maîtrise de son savoir-faire pour ravir sa clientèle post-confinement.  (Photo: Maison Moderne)

À la fois enthousiaste et conscient de son succès, le chef Cyril Molard ne prend cependant rien pour acquis et mise sur la constance et la maîtrise de son savoir-faire pour ravir sa clientèle post-confinement.  (Photo: Maison Moderne)

Pour ce dernier «Oui, chef!» de la saison, le chef doublement étoilé Cyril Molard fait le point sur la reprise de Ma Langue Sourit et ses envies en cuisine, avec l’enthousiasme presque enfantin qui le caractérise.

Pouvez-vous nous rappeler votre parcours, chef?

Cyril Molard. – «Je suis originaire des Vosges et charcutier-traiteur de formation. J’ai commencé mon métier aux côtés de mon père, avant de faire quelques très belles maisons de traiteurs au col bleu-blanc-rouge. Puis, je suis passé en cuisine, sous la houlette de plusieurs grands chefs avant d’arriver au Luxembourg où j’ai intégré l’Hôtel Le Royal comme sous-chef. J’en suis devenu assez rapidement le chef exécutif, un poste que j’ai occupé pendant huit ans, jusqu’en 2008. C’est cette année-là que j’ai acheté mon fonds de commerce et j’ai ouvert Ma Langue Sourit le 2 avril. J’y ai décroché ma première étoile un an et demi plus tard, puis la seconde en 2017!

Quel est votre ressenti sur votre activité et la reprise du secteur, quelques semaines après la réouverture des restaurants?

« Le confinement a été un moment angoissant pour tout le monde, mais nous avions eu la chance de vraiment très bien travailler les mois précédents. La demande était forte, et on s’est dit que ces mêmes personnes auraient toujours envie de revenir après la crise. Et c’est le cas, nous en sommes vraiment ravis. On continue à se poser des millions de questions car c’est notre nature, mais ça nous permet d’avancer sereinement. Je sais que c’est plus difficile en ville par exemple, où les restaurants sont plus tributaires de la clientèle business, toujours absente. C’est ce que je vois chez les amis Arnaud Magnier au Clairefontaine ou Ilario Mosconi . Ici, à Moutfort, nous avons une clientèle différente: des familles, des couples amoureux, des gens de la région en télétravail qui ont envie d’une belle sortie gastronomique... Et nous avons aussi vu l’arrivée très enthousiasmante de nouveaux clients, qui n’avaient jamais passé le pas de notre porte jusque-là! Maintenant, on se dit: ‘Pourvu que ça dure…’

La crise du Covid-19 a-t-elle changé des choses à Ma Langue Sourit?

«On a surtout voulu montrer à notre clientèle qu’on serait là et bien prêts pour la réouverture, et on a joint la parole aux actes: installation d’une nouvelle entrée du restaurant, pose de chanvre au plafond... Je ne me voyais pas rester inactif, et je souhaite toujours améliorer l’expérience qu’ont nos clients chez nous.

Quelles sont vos inspirations et vos envies en cuisine?

«Pour la réouverture, j’ai souhaité me recentrer sur des plats que l’on connaissait bien, jouer sur la prudence et la constance. À la sortie du confinement, les gens étaient déjà contents de pouvoir se retrouver au restaurant, et ce n’était pas le moment de prendre trop de risques. Le but étant une ‘double cerise sur le gâteau’, avec un menu parfaitement maîtrisé et dont on sait qu’il marche bien, ainsi qu’avec un service impeccable. J’ai donc misé sur le bar ikejime au jus de cresson, sur le foie gras aux fruits rouges luxembourgeois, sur le travail de la carotte et de la viande fumée, et bien sûr sur mon dessert du jardin avec sa glace à l’épinette qui fait toujours mouche. Vous me croirez ou non, une cliente a eu la larme à l’œil il y a peu! Je n’en croyais pas les miens, je voulais juste lui dire: ‘Mais Madame, il ne faut pas pleurer… c’est juste de la glace!’ Mais il est temps de remettre la machine créative en route: notre nouvelle carte arrive la semaine prochaine.

Quelle serait la collaboration de rêve de Cyril Molard?

«Si je devais donner un nom, ce serait celui d’Alain Passard. J’admire évidemment son travail, mais aussi sa constance et sa modernité. Évidemment, on peut dire de lui qu’il a un côté grande gueule, et on prend tous des risques, mais ce qu’il a fait avec du tout-légume avant tout le monde, franchement, chapeau.»

Ma Langue Sourit

1, rue de Remich, Moutfort

T. 26 35 20 31

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