ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

RegTech

Fin de l’aventure pour Stampify



Guillaume de Vergnies (Stampify) (Photo: Jan Hanrion/Archives Maison Moderne)

Guillaume de Vergnies (Stampify) (Photo: Jan Hanrion/Archives Maison Moderne)

Stampify avait profité de la crise du Covid-19 et du soutien de l’État pour accélérer son développement en 2020. Malgré l’arrivée de trois nouveaux actionnaires en fin d’année, la regtech de la Lhoft a (provisoirement) mis fin à ses activités fin mars.

«Là où les sauts technologiques précédents n’ont pas réussi à mettre à jour les habitudes gravées dans la pierre dans la gouvernance d’entreprise, les registres distribués peuvent être la tentative gagnante. La blockchain, discrètement laissée sur notre table par un avenir non identifié, tient la promesse de sauter dans le monde de la prochaine génération avec une vitesse sans précédent. Cela va en fait plus vite que l’intelligence humaine, et nous avons besoin de temps pour nous adapter, en tant qu’êtres humains finis – nous ne sommes pas encore un robot.»

Nous sommes le 23 septembre 2017. Laurent Kinet s’apprête à lancer Stampify, en Estonie, avec Olivier Beaujean. Les deux anciens «vétérans» des réseaux sociaux sont devenus e-citoyens estoniens et jurent que le petit pays, en avance sur le reste du monde, est le terreau idéal pour le lancement de leur solution de gouvernance d’entreprise dopée à la blockchain.

Moins d’un an plus tard, les deux Belges, déjà plus préoccupés par leur nouvelle idée, Novable , ramènent leur start-up au Luxembourg, où les fintech et les regtech sont reines. Le tandem est accompagné par Bernard Legros et Guillaume de Vergnies. Et quelques mois plus tard, en juillet 2019, les deux initiateurs laissent le bébé aux mains des deux derniers.

La prometteuse start-up a déclaré faillite

Stampify a un joli potentiel pour régler toutes les questions auxquelles la technologie ne s’était jamais intéressée auparavant: réunion d’un conseil d’administration, votes des décisions, etc. 80% des actions d’une entreprise peuvent être automatisées, assure leur pitch, toujours disponible.

Sur la rampe de lancement, la fusée? Décembre 2019, Stampify montre un prototype lors du dernier Fintech Friday de l’année à la Lhoft. Mars 2020. En même temps que le Covid-19, M. de Vergnies annonce une accélération du lancement officiel prévu en octobre , alors même que la start-up a fini l’année précédente avec une perte de 220.000 euros. La start-up est sélectionnée par le ministère de l’Économie et Luxinnovation, dans le cadre de son opération StartupVsCovid19, comme 14 autres projets, pour un soutien de l’État de plus de 2,2 millions d’euros .

Le CEO, qui devait lever de l’argent, n’a visiblement pas réussi à attirer un investisseur pour lui permettre de poursuivre son développement. «Visiblement», parce que la seule chose que M. de Vergnies concède est que la start-up a été mise en faillite fin mars.

Non sans avoir au préalable embarqué, au dernier jour de 2020, un trio chevronné pour 55.000 euros. 1.250 actions pour Michael Pechner, l’ex-CEO de Payconiq Digicash, parti en mai. 1.000 actions pour Patrick-Charles Drogné, l’ex-directeur Marchés financiers et infrastructures de Febelfin (une fédération d’institutions financières belge). Et 500 actions pour Alain Dejalle, l’ex-directeur technique de Panalpina.

Un trio bientôt de retour? M. Pechner laisse planer le suspense.