ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

3 questions à Elodie Trojanowski (Luxfactory)

«Les femmes sont encore trop peu à des postes de direction»



Elodie Trojanowski: «Pour moi, trop d’entreprises cherchent à mettre des femmes à des postes ‘visibles’ pour ‘montrer’ que la diversité est appliquée chez elles.» (Photo: NB Studio)

Elodie Trojanowski: «Pour moi, trop d’entreprises cherchent à mettre des femmes à des postes ‘visibles’ pour ‘montrer’ que la diversité est appliquée chez elles.» (Photo: NB Studio)

En vue de l’événement «10x6 Women: 100 femmes pour diriger» organisé par le Paperjam + Delano Club le 25 février 2021, Elodie Trojanowski (Luxfactory) nous expose sa vision de la diversité dans les entreprises.

La diversité est un réel objectif au Luxembourg. Qu’est-ce qui a changé depuis 5 ans au sein des entreprises du Grand-Duché?

Elodie Trojanowski . – «Depuis la loi mise en place en 2016 au Luxembourg et le fait qu’une entreprise qui rémunère moins une femme qu’un homme à travail égal est une infraction, les choses auraient dû évoluer. Je pense que trop peu de femmes ont connaissance de cette loi. Il n’empêche que le Luxembourg est plutôt bon élève avec une différence salariale entre hommes et femmes de 5% environ, mais nous pouvons faire mieux. La Roumanie, par exemple, est meilleure que nous à ce niveau-là. Selon la Commission européenne, nous devrions arriver à une égalité parfaite en 2027. Ce n’est pas si mal. Néanmoins, nous parlons ici de salaires pour des postes égaux, mais les femmes sont encore trop peu à des postes de direction. J’ai rarement été dans des réunions face à des chefs d’entreprise où nous étions autant de femmes que d’hommes. Par contre, cela m’arrive régulièrement d’être la seule femme de la table.

Aujourd’hui, qu’est-ce qu’une femme qui dirige?

«Je n’aime pas trop cette question, car elle pousse forcément à stéréotyper nos réponses. Je pense quand même que les femmes, en règle générale, en cherchant à se légitimer, ont tendance à être plus investies dans leur rôle. Le désavantage de cette recherche de légitimation est peut-être qu’elles ont tendance à être plus dures, laisser passer moins de choses.

La diversité est-elle mise en place en amont dans les entreprises ou alors dans les différents départements en aval?

«Pour moi, trop d’entreprises cherchent à mettre des femmes à des postes ‘visibles’ pour ‘montrer’ que la diversité est appliquée chez elles. Je ne sais pas si c’est parce que les femmes sont meilleures communicantes ou si c’est leur arrivée à des postes de direction qui est plus médiatisée. Dans les départements, je constate que, par exemple, notre équipe IT est constituée d’hommes à 95%. Au management, chez nous, les femmes représentent 70%. Mais nous avons décidé de privilégier cette année la diversité en embauchant quelques hommes ;-).»

Vous pouvez vous inscrire à l’événement «10x6 Women: 100 femmes pour diriger» directement sur le site du Paperjam + Delano Club.  Cet événement en livestream bénéficiera d’une traduction simultanée français-anglais.