ENTREPRISES & STRATÉGIES — Industrie

Retour de vacances à Lux-Airport

20% des voyageurs se font tester au Findel



À l’arrivée au Findel, distribution de vouchers pour se faire tester au Covid-19. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

À l’arrivée au Findel, distribution de vouchers pour se faire tester au Covid-19. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

Tests Covid-19 à l’arrivée, neuf compagnies opérationnelles sur 15, 70% de passagers en moins… Le bilan d’un été pas comme les autres à l’aéroport de Luxembourg.

Une cinquantaine de personnes masquées se ruent hors de leur avion respectif pour rejoindre le hall des bagages en ce vendredi après-midi de septembre. Des autocollants partout au sol leur rappellent la nécessité de garder leurs distances et de porter un masque. Un pas de plus vers le retour à la réalité pour les vacanciers. À la porte, un homme distribue des vouchers pour se faire tester au Covid-19. Ensuite, les clients peuvent suivre l’une des deux flèches au choix: le test ou la sortie.

«Nous n’allons pas le faire, les enfants vont de toute façon se faire tester pour la rentrée, et moi sûrement au travail», explique Yves Weber, qui revient de cinq semaines en Bulgarie avec ses deux filles, Ina et Anastasia. À quelques mètres, Karine Maiaux et Patrice Briançon, du même vol, se posent la question, mais décident de sécher le test. «Nous le ferons plus tard, si besoin», justifient-ils. Le Covid-19 n’a pas empêché leurs plans de vacances: «Il faut continuer de vivre».

Masqués et entourés d’autocollants leur rappelant de respecter les distances de sécurité, les passagers débarquent au Findel. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

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Un voucher est distribué à chaque passager qui revient de voyage. Même si tous ne l’acceptent pas, certains le confondant même avec une pub, selon l’employé de Lux-Airport. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

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Masqués et à distance, les passagers attendent leurs bagages. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

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Deux options: être testé ou sortir. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

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La queue se remplit à la station de tests. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

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Priscilla Ochido et sa fille Juliana ont fait un test au Brésil avant de prendre l’avion, négatif. Par précaution, elles en ont fait un second à leur arrivée au Findel. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

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Tom Couval a lui aussi préféré se faire tester à son retour de Bulgarie. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

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L’aéroport a pensé à tout avec son distributeur de masques à l’entrée. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

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Plus loin, devant le tapis roulant, Nathalie et Guillaume débriefent sur leur semaine à Lisbonne. Voucher à la main, ils témoignent: «S’il n’y a pas trop de monde, nous allons faire le test aujourd’hui. Sinon, on ira un autre jour, dans un laboratoire». Prendre l’avion les inquiétait un peu au départ. «Surtout que les avions sont souvent pleins», regrette Nathalie. Si au retour ils ont eu la chance d’être à côté d’une place libre, ils ont dû s’asseoir à côté d’inconnus à l’aller.

Un été à 30%

Au total, seulement un voyageur sur cinq se fait tester à son arrivée au Findel, à la station Covid mise en place par le ministère des Transports et le ministère de la Santé. Elle est exploitée par Bionext Lab. «Plus de 30.000 tests ont été effectués» depuis son ouverture fin mai, selon René Steinhaus , CEO de Lux-Airport. Les voyageurs peuvent aussi utiliser leur bon ailleurs, mais l’aéroport ne dispose pas de données à ce sujet. Ils peuvent aussi décider de revenir un autre jour à l’aéroport juste pour se faire tester, s’ils estiment qu’il y a trop de monde par exemple. L’employé en charge de la distribution note d’ailleurs que certains ne prennent pas le voucher, ou le confondent avec une publicité.

Tom Couval fait partie de ces 20% de voyageurs précautionneux. Ses vacances en Thaïlande annulées, il s’est rabattu sur un séjour en Bulgarie. Maintenant, plus qu’à attendre ses résultats…

Priscilla Ochido et sa fille Juliana, elles, ont fait un test au Brésil avant de prendre l’avion, négatif. Par précaution, elles en ont fait un second à leur arrivée au Findel.

Vols annulés, peur de partir… Malgré ce semblant de normalité en cette fin d’été au Findel, on est loin d’une saison comme les autres. «En juillet 2020, nous avons eu 30% de passagers par rapport au même mois de l’année dernière», révèle René Steinhaus. Juillet 2019 avait vu passer 397.000 passagers. «Nous n’avons pas encore les chiffres pour août, mais ce sera un petit peu mieux grâce aux congés collectifs», estime-t-il. Les destinations les plus populaires restent les plus proches: Portugal, Espagne…

Neuf compagnies sur 15

Il n’y a pas que les passagers qui hésitent à revenir, les compagnies aériennes aussi. Aujourd’hui, seules neuf sur les 15 ont repris les vols luxembourgeois: Volotea, Aegean, Easyjet, KLM, Lufthansa, Luxair, Ryanair, Tap Air Portugal et Turkish Airlines. L’incertitude plane pour les six autres. «Elles décalent leur reprise en fonction de la demande. British Airways prévoit peut-être un retour en septembre, mais je ne peux rien confirmer. La situation change chaque semaine.»

Pas de télétravail pour René Steinhaus, qui assure venir tous les jours à l’aéroport en cette période de crise. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

Pas de télétravail pour René Steinhaus, qui assure venir tous les jours à l’aéroport en cette période de crise. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

S’il ne calcule pas encore l’impact du Covid-19 sur le chiffre d’affaires de l’aéroport, René Steinhaus admet: «Il faut oublier 2020. On ne retrouvera pas le niveau de 2019 avant 2023-2024». Car 70% de passagers en moins, cela signifie aussi un même niveau d’activité manquée pour le parking, les magasins… L’aéroport a quand même pu compter sur ses liaisons directes pour assurer une bonne reprise, une «chance» selon René Steinhaus.

Le Covid-19 n’a d’ailleurs pas raison de ses projets. La rénovation de la piste de l’aéroport devrait ainsi débuter au printemps 2021, pour se terminer fin 2023.