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Stratégie d’investissement

Déi Lénk veut un Fonds de compensation «responsable»



Nathalie Oberweis et Marc Baum (député), Déi Lénk. (Photo: Capture d'écran / Vidéo Déi Lénk)

Nathalie Oberweis et Marc Baum (député), Déi Lénk. (Photo: Capture d'écran / Vidéo Déi Lénk)

Déi Lénk a fait ses comptes. Selon le parti, 545 millions d’euros ont été investis en 2018 dans les énergies fossiles par le Fonds de compensation de la Sécurité sociale. Une stratégie d’investissement jugée «irresponsable» après le manque de transparence souligné lundi par Greenpeace.

L’approche du Fonds de compensation (FDC) à l’égard de ses investissements «responsables» ne semble pas suffire à Déi Lénk.

Par l’intermédiaire de deux de ses représentants, Nathalie Oberweis et Marc Baum (député), le parti a tenu à alerter l’opinion publique sur des investissements réalisés dans des secteurs peu respectueux de l’environnement.

Selon les calculs de Déi Lénk présentés mercredi et basés  sur le rapport annuel 2018  de sa sicav-Fis, le Fonds aurait investi au moins 545 millions d’euros dans l’industrie des énergies fossiles. Contre 21 millions d’euros seulement dans les énergies renouvelables, précise Déi Lénk.

Dénonçant un manque de cohérence complet de la part du gouvernement, le parti demande que le FDC avance une véritable politique d’investissement «responsable».

«La politique d’investissement responsable du FDC reste largement symbolique», précise le communiqué du parti . «La liste d’exclusion du FDC, introduite en 2011 après des révélations de Déi Lénk, ne contient actuellement que 54 entreprises. Si ces sociétés méritent bien évidemment d’être exclues, le FDC continue d’investir dans de nombreuses entreprises responsables de violations des droits humains ou de conventions internationales.»

Et Déi Lénk de pointer les cas interpellant d’EDF (producteur de nucléaire en France), de Philip Morris ou British American Tobacco, dans lesquels le FDC détient directement ou indirectement des actifs.

Le ministre tempère

Pour rappel, selon le site du ministère de la Sécurité sociale , «le Fonds de compensation est un établissement public qui a pour mission de gérer la réserve de compensation du régime général de pension. Cette réserve est alimentée par l’excédent des recettes sur les dépenses de la Caisse nationale d’assurance pension. Elle est placée par l’intermédiaire d’un ou plusieurs organismes de placement collectif à créer par le Fonds de compensation.»

Lundi, Greenpeace avait déjà annoncé introduire un recours auprès du tribunal administratif  pour obtenir des informations de la part du ministre de la Sécurité sociale, Romain Schneider , sur la gestion des investissements du Fonds de compensation.

Le ministre de la Sécurité sociale, Romain Schneider (LSAP) avait réagi dans la journée via un communiqué , réfutant «ces accusations à son encontre et désapprouvant une telle approche communicative».

Et de mentionner que les explications sur les investissements se trouvent sur le site du FDC et que les exemples d’une stratégie responsable ne manquent pas, selon le ministre: «Citons, à titre d’exemple, la création de deux nouveaux compartiments spécifiquement dédiés à générer un impact positif au niveau environnemental – le premier est exclusivement composé d’actions vertes (green bonds), et le second investira purement dans des sociétés cotées qui ont l’intention de générer un impact social ou environnemental, en plus d’un rendement financier – ou l’obligation pour chaque société soumissionnaire répondant aux appels d’offres de mettre en œuvre une stratégie d’investissement basée sur les critères dits ‘ESG’.»

Prônant le dialogue, le ministre s’est dit ouvert à la discussion avec toutes les parties prenantes. Le dialogue, sinon le débat, se poursuivra sans doute sur ces sujets impérieux à plusieurs égards.