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Exposition

Découvrir la gravure luxembourgeoise depuis 1945



L’œuvre «Femmes assises 3» (1972), de Carine Kraus, est à découvrir dans l’exposition «Figure in Print». (Photo: Marcel Strainchamps)

L’œuvre «Femmes assises 3» (1972), de Carine Kraus, est à découvrir dans l’exposition «Figure in Print». (Photo: Marcel Strainchamps)

Le MNHA, la BNL et Empreinte – Atelier de gravure organisent conjointement l’exposition «Figure in Print, la représentation humaine dans la gravure au Luxembourg de 1945 à nos jours». L’occasion de découvrir des collections méconnues et de sensibiliser le public à la technique très variée de la gravure.

Le sujet choisi de la représentation humaine est relativement standard et peu attrayant au premier abord, mais que cela ne décourage pas les amateurs d’art d’aller découvrir l’exposition «Figure in Print», car elle vaut le détour. Coorganisée par le Musée national d’histoire et d’art (MNHA), la Bibliothèque nationale du Luxembourg (BNL) et Empreinte – Atelier de gravure, cette exposition, présentée à la fois au MNHA et à la BNL, a le très grand mérite de mettre en lumière des collections peu montrées, et même mal connues jusque-là par les équipes de conservation du MNHA et de la BNL elles-mêmes.

«Ce projet est en réflexion depuis plusieurs années et la collaboration avec la BNL permet de présenter un grand éventail de la création graphique locale», introduit Michel Polfer , directeur du MNHA. «Cette exposition est aussi pour nous l’occasion de montrer que la BNL ne conserve pas que des livres, mais aussi d’autres types de documents imprimés», poursuit Claude D. Conter , directeur de la BNL.

Car s’il semble naturel de trouver des gravures dans la collection du MNHA, il est en effet plus surprenant de constater que la BNL possède également une belle collection d’œuvres sur papier. «La collection a commencé en 1973 et a grandi au fur et à mesure grâce au dépôt légal et est complétée par une politique d’acquisition», explique Claude D. Conter.

Le troisième partenaire, l’atelier de gravure Empreinte, prête également des œuvres et intervient comme expert de cette discipline, étant un acteur incontournable au Luxembourg en ce qui concerne la gravure, sa pratique et la sensibilisation à cette discipline auprès des publics.

 «Hommage to Rembrandt», 2002, de Marc Frising, collection de la Bibliothèque nationale du Luxembourg (Photo: Marcel Strainchamps) 

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«Personnage en fuite», 2010, d’Armand Strainchamps, collection de la Bibliothèque nationale du Luxembourg  (Photo: Marcel Strainchamps)

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«Portrait S», 2019, de Franz Ruf, collection du MNHA  (Photo: Tom Lucas)

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Une diversité de techniques

Il est intéressant de noter que plus de la moitié des œuvres présentées sont réalisées par des artistes vivants. Il s’agit donc de pièces contemporaines, parfois uniques, parfois multiples, montrant toute l’étendue et la diversité technique de ce qui peut être rassemblé simplement sous le mot «gravure». Au fil de l’accrochage, de nombreuses techniques sont représentées, comme la gravure sur bois ou linoléum, l’aquatinte, la lithographie, la sérigraphie, la gravure à la pointe sèche, au burin, sans oublier les techniques digitales… En plus des œuvres, les visiteurs découvrent quelques outils nécessaires à leur réalisation, ainsi que des documents attestant des étapes intermédiaires de fabrication.

Les 170 œuvres sélectionnées par Malgorzata Nowara (MNHA), Michèle Wallenborn et Stefanie Zutter (BnL) sont réparties en cinq thématiques: portraits, abstraction, nu, le corps en action et l’homme dans la société. Si après la Seconde Guerre mondiale, l’art de la gravure se pratique assez peu au Luxembourg, c’est dans les années 1960-70, avec des artistes-graveurs comme Roger Bertemes et Jean Leyder, que la gravure retrouve une place de choix dans la production picturale au Luxembourg. Aujourd’hui, de nombreux artistes pratiquent encore cet art et la gravure contemporaine témoigne d’une grande ouverture d’esprit. Aux côtés des traditionnels portraits, on trouve aussi des œuvres engagées, portant une voix féministe, critiquant la société contemporaine (Berthe Lutgen, Flora Mar, Carine Kraus). Les formats deviennent monumentaux, à l’exemple d’une sérigraphie de Michel Majerus présentée au MNHA, et les techniques évoluent avec leur temps. Plusieurs œuvres sont réalisées de manière digitale et témoignent du fait que la gravure, ou le «printmaking», est loin d’être morte aujourd’hui.

 «Figure in Print», jusqu’au 27 juin au MNHA et 18 avril à la BNL

Un large programme pédagogique et de sensibilisation à cet art est organisé autour de l’exposition. Un catalogue (35€) est également édité à cette occasion.