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Environnement

Déchets nucléaires: le LSAP dit non



La Belgique doit se positionner rapidement quant au principe d’enfouir des déchets nucléaires. (Photo: Shutterstock)

La Belgique doit se positionner rapidement quant au principe d’enfouir des déchets nucléaires. (Photo: Shutterstock)

Le LSAP s’oppose au projet belge d’enfouir des déchets nucléaires près de la frontière avec le Luxembourg. Et souhaite être associé à la prise de position officielle qui sera élaborée par le ministère de l’Environnement.

L’enquête publique menée actuellement en Belgique, afin d’aider le gouvernement à se positionner quant à l’enfouissement ou non de déchets nucléaires, continue à susciter son lot de réactions. La dernière en date vient du LSAP, qui dit «partager les inquiétudes et préoccupations des nombreux citoyens» à ce sujet.

La Belgique doit se positionner

Pour rappel, l’Europe presse la Belgique de prendre attitude quant au devenir de ses déchets nucléaires, et ceux du Luxembourg qu’elle gère par ailleurs depuis 2016. Le travail est en cours depuis 40 ans de la part de l’Ondraf (Organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies). Une enquête a par ailleurs déjà eu lieu en 2010, sans avoir eu de suite. Elle doit donc être remise à jour. C’est ce qui se passe en ce moment.

Malgré que Marie-Christine Marghem, ministre fédérale belge de l’Énergie, de l’Environnement et du Développement durable, ait expliqué qu’il ne s’agit ici que de dire oui ou non au principe de l’enfouissement , que celui-ci est recommandé par les experts internationaux, que le premier déchet ne sera enterré au mieux que dans 20 ans après de nombreuses études environnementales et d’incidence, qu’il est nécessaire que l’enquête porte actuellement sur tout le territoire belge même si le site potentiel le plus favorable est situé près de Boom et est connu depuis longtemps…, la tempête a soufflé fort. Carole Dieschbourg (Déi Gréng), ministre de l’Environnement, du Climat et du Développement durable, a en effet peu goûté au fait de ne pas avoir été avertie . De même dans le chef des nombreux bourgmestres de la province de Luxembourg.

Le LSAP n’imagine pas lui non plus qu’un enfouissement des déchets nucléaires puisse avoir lieu près de la frontière. «Les risques sont importants, notamment pour l’eau: 40% de notre eau potable vient du lac de la Haute-Sûre, à côté de la frontière», s’insurge Tina Koch, présidente de la circonscription Nord du parti. «Il est évident qu’on doit avant tout protéger la nature et travailler en collaboration en ce sens. Un tel projet est inimaginable.»

Un manque d’informations

Elle regrette par ailleurs «le manque d’informations sur cette étude, lancée en plein confinement. Ce qui en soi est déjà incroyable. On lit des choses ici et là, des déclarations, mais rien d’officiel, ni de la Belgique ni du Luxembourg d’ailleurs.»

Dès lors, la demande est forte «d’être associé à la prise de position officielle qui sera celle du Luxembourg sur ce projet». En attendent, chaque citoyen peut aller faire part de ses remarques sur le site de l’Ondraf, et cela jusqu’au 13 juin. Même si le LSAP trouve paradoxal qu’on propose de le faire «en ayant peu de données scientifiques», conclut Tina Koch.