POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Lettre ouverte

«La culture doit absolument rester dans les conversations»



Le milieu de la culture cosigne une lettre ouverte pour agir de manière solidaire après la crise du coronavirus. (Photo: Eric Chenal-Mudam Luxembourg)

Le milieu de la culture cosigne une lettre ouverte pour agir de manière solidaire après la crise du coronavirus. (Photo: Eric Chenal-Mudam Luxembourg)

Plusieurs directeurs d’institutions culturelles ont adressé une lettre ouverte à la ministre de la Culture, Sam Tanson, pour l’interpeller sur la nécessité de la culture dans ce contexte de crise inédite. Un appel solidaire, afin d’agir de manière concertée dans les mois à venir.

La démarche est inédite. Plusieurs institutions culturelles, de différents domaines, ont choisi d’adresser une lettre ouverte à Sam Tanson (Déi Gréng), ministre de la Culture, pour l’interpeller sur les défis que le secteur culturel est appelé à rencontrer dans les mois à venir.

«La démarche est avant tout solidaire», explique Suzanne Cotter, directrice du Mudam, co-signataire de la lettre, aux côtés d’ Ainhoa Achutegui (neimënster), Stephan Gehmacher (Philharmonie), Frank Hoffmann (Théâtre National du Luxembourg), Steph Meyers (Rotondes), Kevin Muhlen (Casino Luxembourg – Forum d’art contemporain) et Olivier Toth (Rockhal).

«À l’initiative de la ministre de la Culture, nous formons depuis quelques mois un groupe de travail qui rassemble tous les établissements publics culturels et apparentés pour promouvoir le dialogue entre nous et avec le ministère de la Culture. C’est dans ce cadre que nous avons eu l’idée de rédiger cette lettre ouverte. Tout l’écosystème de la culture souffre actuellement de la situation. Personne n’est épargné et nous souhaitons que la culture puisse, au même titre que d’autres secteurs, être dans la discussion de l’élaboration du plan de l’après-crise. La culture doit absolument rester dans les conversations.»

Un rôle de premier ordre

Leur désir est simple: que la culture soit considérée comme les autres sujets et qu’elle puisse continuer à avoir sa place aux yeux du public. «Chacun sait qu’en temps de crise, la culture est souvent le premier budget qu’on a envie de diminuer», souligne Suzanne Cotter. «Au Luxembourg, il a fallu lutter pour que la culture ait une valeur reconnue, se professionnalise. Il ne faut pas qu’à cause de cette crise que nous traversons, tout cela s’effondre. La culture n’est pas moins importante que le reste, au contraire. La Commission européenne l’a encore récemment rappelé: la culture doit jouer un rôle de premier ordre dans le monde de demain. Pour notre bien-être mental, psychologique, émotionnel, mais aussi pour l’inclusion sociale et parce qu’il s’agit aussi d’une véritable économie. Nous souhaitons que la culture soit reconnue comme indispensable par le gouvernement, et c’est pour cela que nous avons adressé cette lettre à Madame la Ministre.»

Suite aux interdictions de rassemblement introduites par le gouvernement face à la pandémie de coronavirus, le ministère de la Culture informait le 22 avril que la troisième édition des Assises culturelles , initialement prévue pour le 29 juin 2020, était annulée et reportée à une date ultérieure.