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Résultats annuels

Une croissance annuelle de 3% pour Deloitte 



Le cabinet d’audit et de conseil Deloitte présente une croissance annuelle depuis près de 10 ans. (Photo: Matic Zorman/archives Maison Moderne)

Le cabinet d’audit et de conseil Deloitte présente une croissance annuelle depuis près de 10 ans. (Photo: Matic Zorman/archives Maison Moderne)

Deloitte Luxembourg a présenté, mercredi matin, ses résultats pour l’exercice 2020. Il met en avant une croissance de 3% et un chiffre d’affaires brut de 360 millions d’euros, ainsi que quelques disparités entre ses branches d’activité.

Deloitte Luxembourg va bien. C’est du moins ce qui ressort des chiffres présentés ce mercredi matin en conférence de presse. Les résultats du plus ancien cabinet d’audit et de conseil des Big Four ont connu une croissance de 3% sur l’exercice 2020, pour un chiffre d’affaires brut de 360 millions d’euros au Luxembourg. À l’échelle mondiale, les revenus globaux plafonnent à 46,7 milliards d’euros.

Dans le détail, deux des trois branches de Deloitte – l’audit et la fiscalité – confirment la dynamique de croissance existante depuis près d’une décennie. La première a vu ses résultats progresser de 8%, et la seconde de 7,5% sur l’année fiscale. «L’audit a été tiré par le développement de l’alternatif, du ‘private equity’ et de l’immobilier. C’est le reflet du développement de l’industrie au Luxembourg», affirme Christiane Chadoeuf , audit partner chez Deloitte.

La fiscalité, entre bons résultats et gros challenges

En termes de fiscalité, plusieurs grands facteurs peuvent expliquer cette tendance haussière, indique Bernard David , responsable de la fiscalité pour Deloitte. À commencer par l’agenda fiscal européen et luxembourgeois chargé, la hausse de l’investissement dans les industries alternatives et le besoin toujours plus important de reporting. Outre ces trois aspects, la conformité fiscale traditionnelle et les changements en matière des prix de transfert ont également pesé dans la balance. «Nous avons connu une forte croissance pendant les trois quarts de l’année, jusque mars et le début de la pandémie», résume-t-il.

Mais si les résultats de Deloitte en matière de fiscalité et d’audit sont encourageants, Bernard David met néanmoins en garde: plusieurs challenges se dessinent à l’horizon. «Il faut une sécurité juridique, avec une législation claire et prévisible. […] La compétitivité est également un point important, et il y a une vraie guerre, entre les blocs mondiaux, mais aussi entre les pays de l’Union européenne pour attirer les investisseurs. Il faut retenir les talents à Luxembourg. Et il faut également un soutien à l’innovation. Des incitants seraient les bienvenus», résume-t-il.

Année mitigée pour l’activité de conseil

Enfin, et c’est la principale ombre au tableau, le secteur Consulting de Deloitte affiche une baisse de 3,5% sur l’année. Pragmatique, Patrick Laurent , qui dirige la division consacrée au conseil et à la consultance, estime que ces mauvais résultats sont largement imputables à la crise sanitaire. «Après 10 années de hausse, cette petite baisse marginale est due au fait qu’il y ait eu beaucoup d’exports de projets et que beaucoup soient également arrivés à terme. Le Covid a stoppé certains projets, et d’autres ne sont pas sur cette année fiscale, mais seront sur la prochaine», explique-t-il, rappelant dans le même temps que la tech et le secteur public et institutionnel ont donné de bons résultats.

Plutôt confiants en l’avenir, les cadres de Deloitte présents en conférence de presse ont unanimement insisté sur la volonté du géant de l’audit d’accélérer leur transformation digitale – et celle de leurs clients –, érigeant la technologie en leitmotiv du futur. «Il faut investir dans le long terme pour s’adapter aux mutations, inclure une approche durable. Nous sommes dans une crise, et cela amène à repenser les manières de faire», conclut le CEO de Deloitte Luxembourg, John Psaila .