POLITIQUE & INSTITUTIONS — Justice

Bilan annuel

La Cellule de renseignement financier en plein boom



La Cellule de renseignement financier a engrangé plus de 55.000 déclarations d’opérations suspectes en 2018. Elle a aussi bloqué des transactions pour un total de plus de 80 millions.

Le rapport 2018 de la Cellule de renseignement financier récemment publié montre une forte augmentation des déclarations reçues concernant des opérations financières suspectes.

Sur ce dernier exercice, 55.948 déclarations ont été reçues de la part des acteurs financiers, ce qui représente une augmentation de 44,4% en un an. Un chiffre qui montre avant tout une grande vigilance plutôt qu’une hausse des opérations frauduleuses.

Les déclarations liées au financement du terrorisme sont toujours en hausse. Elles sont au nombre de 483 en 2018, contre 377 un an plus tôt et 6 seulement en 2016. Les acteurs financiers ont pris l’habitude de renseigner certains clients dès qu’ils les voient sur des listes de sanction, ce qui fait grimper les chiffres.

Mais la toute grande majorité des déclarations (55.465) porte toujours sur des soupçons liés au blanchiment d’argent.

Le poids du commerce électronique

Le rapport 2018 explique à nouveau que si le nombre global de déclarations est en forte hausse, c’est avant tout parce que le Luxembourg abrite le siège central d’acteurs du commerce électronique. Ceux-ci rentrent toutes les déclarations à la CRF grand-ducale, même si elles concernent des opérations sur d’autres marchés. À charge alors de la CRF de transférer le dossier à l’autorité nationale compétente.

Or, on voit justement que ce sont ces activités qui font grimper les chiffres. Le secteur des services monétaires est ainsi passé en un an de 32.138 à 48.232 déclarations. La grande majorité de ces documents concernent un ou plusieurs autres États membres de l’Union européenne, précise le rapport.

Le secteur bancaire en légère hausse

Les déclarations du secteur bancaire ont aussi légèrement augmenté, de 5.740 à 6.063. Ces hausses sont avant tout liées au financement du terrorisme (230 à 388) et aux infractions fiscales pénales (438 à 679).

Mais le chiffre global des déclarations dans le secteur bancaire est fortement influencé par la présence d’un acteur du commerce électronique, réglementé en tant que banque de détail et commerciale. À lui seul, il engrange 3.939 déclarations.

87 millions bloqués

En cas de doute sur la transaction, la Cellule de renseignement financier peut procéder à son blocage. Selon les chiffres du rapport, cette pratique aussi a fortement augmenté, en lien essentiellement avec des activités de corruption dans des États étrangers.

En 2018, les mesures de blocage ont concerné un montant total de 87,4 millions d’euros, contre seulement 12,5 millions en 2017. Ce qui représente une augmentation de 699,2%.