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Pandémie

Covid-19: la situation se détériore chez nos voisins



En Moselle française, les infections sont reparties à la hausse… (Photo: Maison Moderne)

En Moselle française, les infections sont reparties à la hausse… (Photo: Maison Moderne)

Cela fait quelques jours que l’on évoque du côté de l’Allemagne des inquiétudes concernant une troisième vague. Pourtant, les indicateurs allemands sont bien meilleurs que ceux au Luxembourg, en Moselle ou en province de Luxembourg belge.

Allemagne: en Rhénanie-Palatinat et Sarre

La situation générale. L’Allemagne est confrontée à une augmentation «très clairement exponentielle des infections au Covid-19», dixit Lars Schaade, le vice-président de l’institut de veille sanitaire Robert Koch (RKI). Celle-ci serait due au variant britannique, désormais majoritaire, qui serait responsable des trois quarts des nouvelles infections.

«Il est tout à fait possible que nous ayons à Pâques une situation similaire à celle que nous avons connue avant Noël, avec un nombre très élevé de cas, de nombreux cas graves et décès, et des hôpitaux débordés», a-t-il ajouté ce vendredi.  

Les chiffres. En Rhénanie-Palatinat, le district de Trèves, voisin direct du Luxembourg, n’affichait, en  milieu de semaine dernière, «que» 54 nouveaux cas pour 100.000 habitants (sur sept jours). La Sarre, elle, près de 65. À titre de comparaison, mercredi, le Luxembourg était, lui, monté à 216 (pour la période allant du 11 au 17 mars). Vu d’ici, il n’y a donc pas vraiment péril en la demeure. Mais ce qui inquiète surtout nos voisins, c’est la dynamique observée ces derniers jours. Si on prend l’ensemble de la Rhénanie-Palatinat, cet indicateur a, en effet, pris 20 points en une semaine…

Dans les hôpitaux, la situation n’est pas (encore) inquiétante. En Rhénanie-Palatinat, on indiquait jeudi que 85 lits étaient occupés en soins intensifs, dont 39 personnes sous respirateur. Mais près de 270 lits restaient, eux, encore disponibles.

La vaccination. En Rhénanie-Palatinat, plus de 367.000 personnes ont reçu au moins une dose, près de 150.000 ont eu deux injections. En Sarre, on va franchir la barre des 100.000 vaccinés (35.451 personnes ont reçu les deux doses). 

France: en Moselle et Meurthe-et-Moselle

La situation générale. «On ne poursuit pas l’amélioration constatée ces dernières semaines.» C’est par ces mots que Laurent Touvet, préfet de la Moselle, a résumé la situation sanitaire dans son département la semaine passée. Après avoir été l’objet de toutes les attentions dans l’Hexagone au début du mois de février, la Moselle allait (un peu) mieux au vu des chiffres avancés depuis. Mais voilà que, désormais, tous les indicateurs repartent à la hausse. Pas suffisamment, cependant, pour que le gouvernement français décide de reconfiner, à l’image de ce qui a été décidé pour les régions d’Île-de-France et des Hauts-de-France .

Les chiffres. Le taux d’incidence est remonté en Moselle à 268 nouveaux cas pour 100.000 habitants (du 9 au 15 mars), alors que la Meurthe-et-Moselle voisine affichait, elle, 237 cas. Des chiffres donc bien plus élevés que ceux de la Rhénanie-Palatinat, de la Sarre et du Luxembourg (voir ci-dessus). Notons aussi que c’est bien le variant sud-africain qui est majoritaire dans cette partie de la France. Ce qui peut s’avérer problématique quand on sait qu’il se montre plus résistant aux vaccins que la souche britannique…

Nombre hebdomadaire de nouveaux cas de Covid-19 et taux d’incidence en Moselle.  (Illustration: Santé publique France. Données au 18 mars 2021.)

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Nombre hebdomadaire de nouveaux cas de Covid-19 et taux d’incidence en Meurthe-et-Moselle. (Illustration: Santé publique France. Données au 18 mars 2021.)

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Ce qui ennuie aussi beaucoup, c’est la situation qui se tend de plus en plus dans les hôpitaux. Et ce dans tout le Grand Est. Même si elle est moins importante qu’en Île-de-France, la pression s’accentue au niveau des réanimations. C’est bien simple,  le pic qui avait été atteint en octobre dernier, au moment du deuxième confinement, est aujourd’hui dépassé.

La vaccination. En milieu de semaine passée, un peu plus de 126.000 Mosellans avaient reçu au moins une dose de vaccin, soit près de 10% de la population. En Meurthe-et-Moselle, on approchait des 70.000 (12%).

Belgique: en province de Luxembourg

La situation générale. Là aussi, elle inquiète beaucoup. La Belgique retrouve des chiffres qu’elle n’avait plus vus depuis plusieurs mois. Avec plus de 3.000 contaminations et 175 admissions à l’hôpital en moyenne par jour actuellement, le comité de concertation prévu ce vendredi a annoncé un durcissement là où il était normalement censé assouplir les choses.

Les chiffres. Si l’on se fie aux chiffres publiés ce vendredi matin, la semaine allant du 9 au 15 mars a vu une forte augmentation de nouveaux cas sur le territoire belge: 22.861, soit 5.831 (34%) de plus qu’une semaine plus tôt. Une dynamique que l’on retrouve dans la province de Luxembourg voisine du Luxembourg. On y a ainsi recensé 637 nouveaux cas, soit 222 de plus que sept jours plus tôt. Du coup, le taux d’incidence y a, lui aussi, bondi de 145 à 222.

Yves Bernard, le directeur de Vivalia, indiquait ce vendredi, à nos confrères belges de Sudpresse, que 54% des «lits Covid» étaient occupés en province de Luxembourg, soit 45 patients. Ils sont 15 aux soins intensifs. «Il est clair que cela a augmenté ces deux dernières semaines», confiait Yves Bernard, qui ajoutait cependant  qu’«il n’y a pas lieu, aujourd’hui, d’être alarmiste. Attendons de voir les prochains jours…».

Signalons que, comme au Luxembourg ou en Allemagne, le variant britannique domine aujourd’hui sur le territoire belge.

La vaccination. Depuis mardi dernier, on vaccine en Belgique dans les différents centres locaux mis en place. Cependant, les chiffres de la vaccination ne sont pas disponibles par province.

Au niveau de la Wallonie, au 17 mars, 254.997 personnes avaient reçu au moins une dose de vaccin, soit 7,15% de la population. Sur le plan national, le chiffre monte à 864.841 (7,53%).