POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Engagement solennel de la commission

La Commission face à d’immenses attentes



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Le collège des commissaires s’est engagé solennellement à servir l’UE et ses citoyens sous les yeux de S.A.R le Grand-Duc Henri, le Premier ministre Xavier Bettel et le président de la Chambre des députés Fernand Etgen. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Ursula von der Leyen et les 26 autres commissaires ont prêté serment lundi devant la Cour de justice de l’UE, dont le président a rappelé la lourde responsabilité qui repose sur leurs épaules.

En tournée des capitales européennes depuis une semaine, la présidente de la Commission a retrouvé lundi ses collègues à Luxembourg pour prononcer leur engagement solennel devant la Cour de justice de l’UE. Un passage obligé même s’il n’est pas prévu par les traités, rappelle son président Koen Lenaerts , évoquant «un moment fort auquel la Cour attache une importance particulière» puisqu’il est «l’un des symboles de l’union de droit que constitue l’UE». Le président néerlandais en a profité pour livrer un discours très politique et riche en recommandations voire en injonctions.

Remarquant les «beaux équilibres» de cette nouvelle Commission composée de 12 femmes – dont la présidente – et de 15 hommes, «associant commissaires sortants et talents nouveaux» ainsi que la diversité des parcours (anciens ministres ou Premiers ministres, députés, personnalités du monde économique…), M. Lenaerts estime que «cette équipe dispose de toutes les compétences nécessaires pour relever efficacement les défis auxquels l’UE est confrontée». À savoir le Brexit, le dérèglement climatique ou encore la gestion de la crise migratoire «qui figure parmi les préoccupations majeures des citoyens et alimente les votes protestataires et le réflexe de repli identitaire dans les États membres».

La plus-value de l’Europe est tellement éclatante qu’elle devrait résister à toute forme de fake news ou aux exploitations mal intentionnées.
Koen Lenaerts

Koen Lenaerts,  président de la Cour de justice de l’UE

Les «inquiétudes liées au respect de l’État de droit, de la démocratie et des libertés et droits fondamentaux ont vu le jour dans plusieurs États membres et ont conduit à une multiplication des affaires notamment préjudicielles devant la Cour», souligne le Néerlandais, faisant allusion à la Pologne et à la Hongrie. «Le défi pour la Commission et pour les autres institutions européennes est de souligner dans leur communication avec les citoyens la plus-value de l’UE en recourant à un langage simple et direct. Cette plus-value est tellement éclatante qu’elle devrait résister à toute forme de fake news ou aux exploitations mal intentionnées.»

M. Lenaerts a également exhorté l’UE, «qui veut être perçue comme juste», à «combattre les cas de fraude fiscale ou sociale qui contribuent à occulter le bienfait indéniable du grand marché européen» qui doit «allier objectif de prospérité, équité fiscale et justice sociale».

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Il a encore évoqué la transition numérique de la société comme autre défi ainsi que les relations de l’UE avec les pays tiers, sans oublier la lutte contre les inégalités, le crime organisé et les régimes perpétrant des crimes contre l’humanité et des violations des droits de l’Homme «par des réponses appropriées adéquates avec l’objectif du projet européen et la sauvegarde des valeurs fondamentales qui le sous-tendent».

Les 27 commissaires ont ensuite défilé devant les juges de la Cour, lisant dans leur langue natale – sauf le Luxembourgeois Nicolas Schmit et le Catalan Josep Borrell – leur engagement solennel à exercer leur mission dans le respect des droits fondamentaux et en toute indépendance.

La Commission se conformera à un code de conduite plus exigeant que jamais.

Ursula von der Leyen,  présidente de la Commission européenne

«Il ne nous est pas demandé, comme dans d’autres démocraties, de placer notre main sur la Constitution, mais j’ai imaginé que je le faisais sur la Charte des droits fondamentaux», confie Mme von der Leyen dans son discours. «Nous avons la grande responsabilité d’être les gardiens des traités et de leur donner vie», poursuit-elle, rappelant «la sagesse ancienne et l’incroyable modernité» de ces textes. «Nous faisons le serment d’œuvrer pour chaque citoyen européen, qu’il soit originaire d’un petit ou d’un grand pays, de l’Est ou de l’Ouest, du Nord ou du Sud. Parce que l’Europe n’avance que si nous avançons tous, si les intérêts nationaux sont conciliés au sein de l’intérêt européen. Unis, nous sommes tous plus forts sur la scène internationale, contre le changement climatique et pour protéger l’intérêt de nos citoyens.»

En réponse aux polémiques qui entourent régulièrement l’institution phare de l’UE, sur fond de soupçons de proximité avec certains lobbies, Mme von der Leyen poursuit: «La Commission se conformera à un code de conduite plus exigeant que jamais, destiné à garantir que nous servons l’intérêt général des citoyens. Nous voulons être plus transparents et plus responsables pour gagner chaque jour davantage la confiance des citoyens. C’est à eux qu’appartient l’Europe.»

La présidente de la Commission a terminé sa profession de foi européenne par un hommage à l’Hymne ou Ode à la joie, poème de Friedrich von Schiller choisi en 1972 comme hymne de ce qui allait devenir l’UE. «Une main sur les traités et une autre sur le cœur, nous ne promettons pas seulement de donner le meilleur pour servir l’Europe, mais aussi de le faire avec une grande joie! Vive l’Europe!»