ENTREPRISES & STRATÉGIES — Services & Conseils

À partir du 15 janvier

Comment les plus gros employeurs préparent le CovidCheck



À quelques jours de la mise en place du CovidCheck au travail, comment les employeurs s’y préparent-ils? (Photo: Guy Wolff/Maison Moderne)

À quelques jours de la mise en place du CovidCheck au travail, comment les employeurs s’y préparent-ils? (Photo: Guy Wolff/Maison Moderne)

Certificats de vaccination ou de rétablissement reliés aux badges d’entrée, bornes de contrôle, etc. Chaque entreprise s’organise à sa façon pour la mise en place du CovidCheck à partir du 15 janvier. Même si certaines, comme Luxair, craignent un nombre important d’absents.

Depuis le 1er novembre dernier, certaines entreprises se sont déjà mises en mode CovidCheck . À partir de ce samedi 15 janvier, ce dernier devient obligatoire au travail . Comment les plus grandes entreprises du pays s’y préparent-elles? Tour d’horizon.

Post (4.620 salariés)

Post limitait jusqu’à présent le CovidCheck aux cantines, réunions, formations et événements de plus de 10 personnes. À partir du 15 janvier, il s’applique à tous les salariés. Ceux disposant d’un certificat de vaccination ou de rétablissement ont déjà la possibilité de s’inscrire sur une liste, pour éviter de devoir présenter leur certificat tous les jours. Leur part n’a pas été communiquée. Pour les autres, la vérification du QR code se fera par un «chargé de contrôle de l’équipe». Les tests sont aux frais des non-vaccinés. Un salarié refusant de se soumettre au régime devra, comme le prévoit la loi, «soit prendre un jour de congé avec l’accord de son manager et suivant la procédure en vigueur, soit prendre un jour d'absence sans rémunération (tout en gardant le bénéfice de la sécurité sociale et de la pension)».

Le régime CovidCheck s’appliquera aussi aux personnes externes et aux visiteurs, «à l’exception des clients dans les points de vente».

La généralisation du CovidCheck n’a pas d’influence sur la politique de télétravail. «L’alternance entre travail en présentiel et à la maison, pour les fonctions qui le permettent, reste toujours à privilégier. Au vu du rythme de la propagation du virus, il appartient à la hiérarchie de définir des règles précises en fonction des spécificités de leurs services et de prendre eux-mêmes les décisions relatives à l’exigence envers leurs équipes de travailler en présentiel, ou non.»

CFL (4.580 salariés)

Les CFL ont eux aussi attendu le 15 janvier pour généraliser le CovidCheck. Les salariés inscrits sur une «white list», dont le nombre n’est pas donné, échapperont au contrôle quotidien grâce à leur badge. Pour les autres, «les contrôles se feront de différentes manières», en présentiel ou en visio selon l’environnement de travail. «Comme beaucoup de nos collaborateurs travaillent par roulement ou sur trois postes, les contrôles seront réalisés tout au long de la journée. Pour les bâtiments n’ayant pas d’accueil, il y aura des checkpoints qui seront prioritairement assurés par des personnes internes et renforcés par des personnes externes suivant les besoins», précise la Société nationale des chemins de fer luxembourgeois. Les tests sont là aussi aux frais des non-vaccinés ou guéris.

Ceux qui refuseront le CovidCheck seront, «selon les mesures gouvernementales, privés du droit d’accéder à leur lieu de travail, en principe dans une situation d’absence non rémunérée. Un congé non planifié ne peut être accordé que dans des cas exceptionnels.» Ces personnes doivent alors «se présenter chaque jour à leur lieu de travail pour le constat, en bonne et due forme, de leur non-conformité vis-à-vis des règles 3G».

Cactus (4.460 salariés)

L’enseigne de supermarchés n’a pas souhaité communiquer à Paperjam comment elle allait mettre en place le CovidCheck à partir de samedi.

Dussmann (4.390 salariés)

Dussmann n’a pas répondu aux sollicitations de Paperjam.

BGL BNP Paribas (4.050 salariés)

«BGL respectera ses obligations et appliquera la loi sans s’en écarter», résume la personne en charge de la responsabilité sociale des ressources humaines de la banque, Fabienne Dasnoy . Dans la pratique, deux possibilités: le «one check & go» pour les salariés qui s’autodéclarent vaccinés ou guéris. «Leur badge d’accès est réactivé pour accéder aux locaux.» La banque ne communique pas combien se sont inscrits pour le moment. Les autres doivent scanner leur QR code chaque jour devant une borne pour entrer. Ceux qui refuseraient de se voir appliquer le CovidCheck pourront, «comme la loi le prévoit, prendre congé ou congé sans solde avec maintien des cotisations sociales les jours où ils devraient être au bureau».

ArcelorMittal (3.660 salariés)

Fin décembre, l’entreprise sidérurgique a communiqué une première fois à ses salariés sur la nouvelle organisation CovidCheck à partir du 15 janvier, proposant aux personnes vaccinées ou guéries de s’inscrire sur une liste auprès de la médecine du travail pour leur éviter un contrôle journalier. Ils ont été relancés cette semaine. ArcelorMittal n’a pas calculé combien sont déjà inscrits sur l’ensemble des sites, mais estime qu’ils sont «beaucoup».

Le badge des personnes de cette liste leur permettra d’entrer dans le bâtiment, alors que pour les autres, il sera désactivé. «Lorsqu’ils arriveront, ils seront guidés par des flèches vers une tente où se feront les vérifications» des QR codes par du personnel interne ou des prestataires selon les sites. Les tests sont aux frais des non-vaccinés, mais l’entreprise compte communiquer sur la possibilité pour les primo-vaccinés de se faire tester gratuitement.

Pour les prestataires, «ce sont à eux de vérifier que leurs salariés sont sous CovidCheck».

En cas de refus du CovidCheck, les salariés peuvent demander des congés au préalable, sinon, ce sera une «absence non rémunérée».

Goodyear (3.570 salariés)

En octobre dernier, l’entreprise de pneumatiques ne s’était pas encore décidée sur la mise en place ou non du CovidCheck au travail. Recontactée, elle n’a pas souhaité nous donner plus d’informations.

Amazon (3.280 salariés)

Le géant de l’e-commerce, dont le siège européen se situe au Grand-Duché, n’a pas répondu aux sollicitations de Paperjam.

PwC (2.980 salariés)

PwC n’a pas souhaité répondre à Paperjam. Début novembre, plusieurs sources avaient indiqué que le CovidCheck au travail devait y être mis en place à partir du 15 novembre . L’entreprise d’audit ne nous a toujours pas confirmé ces informations et n’a pas souhaité répondre à nos questions. Selon des sources internes, elle serait bien passée au CovidCheck mi-novembre avec prise en charge des tests pour les non-vaccinés, alors qu’à partir du 15 janvier, ils ne seront plus remboursés. L’entreprise recommanderait toujours un jour de présentiel par semaine, le télétravail restant largement privilégié. Les grosses réunions, comme la cantine, passeraient sous le dispositif 2G+.

Luxair (2.840 salariés)

Le CEO de Luxair, Gilles Feith , a toujours été clair sur sa volonté de mettre en place le CovidCheck au travail. Seulement, les discussions avec la délégation du personnel ne l’ont pas permis . Il ne s’appliquera donc qu’à partir de ce samedi.

«Nous nous faisons beaucoup de souci pour le 15 janvier», confie Gilles Feith. En date du mercredi 12 janvier, après plusieurs relances, 65% des salariés s’étaient inscrits volontairement sur une liste pour déclarer qu’ils étaient vaccinés ou guéris. La semaine dernière, ils n’étaient que 41%. Ce qui veut dire, d’une part, que tous les autres devront être contrôlés à l’entrée. Mais surtout, qu’il y a des risques qu’une partie refuse de se soumettre au CovidCheck et ne vienne pas. «Ils peuvent demander un congé sans solde et il n’est pas possible de le refuser», rappelle Gilles Feith. Si le nombre d’absents est trop important, l’entreprise craint de ne pouvoir assurer tous les services. Notamment au centre cargo, où le taux d’autodéclarations de vaccination ou de guérison est le plus bas, à 53%. Luxair a instauré une cellule de gestion de crise interne. «Le matin, je serai à partir de 5h au Cargo Center et on verra bien comment cela se passe», prévoit Gilles Feith.

Là aussi, les tests sont à la charge des non-vaccinés.

Centre hospitalier de Luxembourg (2.600 salariés)

Le CovidCheck était déjà en place au CHL, pour tous les salariés. En novembre dernier, l’hôpital indiquait que le contrôle se faisait «dans les services». Sans dire si les tests des non-vaccinés étaient pris en charge ou non. Contacté en ce début d’année, il ne donne pas plus d’informations.

Fondation Hôpitaux Robert Schuman (2.310 salariés)

Le CovidCheck s’applique au sein des Hôpitaux Robert Schuman depuis mi-juin, où le taux de vaccination «dépasse les 90%». Les tests pour les salariés qui ne sont ni vaccinés ni guéris «sont pris en charge par l’hôpital et le resteront après le 15 janvier», assure-t-il. L’établissement a permis aux vaccinés ou guéris de s’inscrire sur une liste, les autres étant contrôlés tous les jours entre 5h et 21h à l’entrée par le service de sécurité pour les personnes externes. Un premier cas de refus du CovidCheck, depuis le mois de juin , avait déjà touché l’établissement hospitalier. «La procédure suit son cours» et «aucun» nouveau refus n’est à signaler depuis, affirme-t-il. Si cela devait arriver, «nous appliquerions à la lettre la loi Covid. La direction prévoit aussi un entretien avec la personne concernée afin de comprendre ses motivations.»

Deloitte (2.180 salariés)

Le cabinet d’audit avait prévu tout un système CovidCheck  dès le 8 novembre, uniquement au siège. Permettant ainsi aux salariés qui ne souhaitent pas s’y soumettre de travailler dans un «hub office» à Esch-Belval, sans CovidCheck. Des autotests étaient fournis aux salariés. Comment l’entreprise s’adapte-t-elle aux nouvelles mesures, qui rendent le CovidCheck obligatoire sur tous les sites et demandent des tests PCR ou antigéniques certifiés uniquement? Elle n’a pas souhaité répondre à Paperjam.

Servior (2.150 salariés)

Le gestionnaire de maisons de soins était déjà sous CovidCheck. Le contrôle se fait à l’entrée des bâtiments «soit sur une borne électronique, soit avec du personnel interne». La «grande majorité» du personnel est vaccinée et a pu s’inscrire, volontairement, sur une liste. «Ils pourront demander à voir retirer leur nom de la liste à tout moment sans justification à donner», précise Servior. L’entreprise continue de fournir des tests antigéniques rapides aux non-vaccinés, qui «restent applicables pour notre secteur (la loi du 16 décembre 2021 modifiant notamment la loi Covid)». Cette loi prévoit en effet, à l’arrivée sur le lieu de travail, «soit de présenter un test TAAN et dont le résultat est négatif, soit de réaliser sur place un test autodiagnostic servant au dépistage du Sars-CoV-2, et dont le résultat est négatif.» Interrogé pour confirmation, le ministère de la Santé n’avait pas encore répondu à Paperjam lors de la publication de l’article.

Servior assure n’avoir encore jamais rencontré de cas de refus de se soumettre au CovidCheck, sans préciser les mesures si cela devait arriver.

Sodexo (2.150 salariés)

La grande majorité des salariés travaillent avec des personnes âgées, dans des cantines, ou sur différents sites sous CovidCheck, et étaient déjà concernés par le CovidCheck. Il s’étendra au personnel du siège dès le 15 janvier. Les certificats seront vérifiés «à l’arrivée des collaborateurs chaque jour» par un titulaire et son back-up. De même pour «toute personne, fournisseur ou visiteur, même si elle a déjà été contrôlée par son propre employeur». Les salariés volontaires peuvent s’inscrire sur une liste pour être exemptés de contrôle quotidien. Les personnes devant se faire tester le feront à leurs frais. En cas de refus, elles devront «suivre les règles définies dans le projet de loi. Nous examinerons au cas par cas les exceptions le cas échéant. Depuis mi-novembre où ce système est déjà en application dans la restauration, nos collaborateurs jouent le jeu et nous n’avons enregistré aucun refus de contrôle ou de respect des obligations légales.»

Centre hospitalier Emile Mayrisch (2.020 salariés)

Comme dans les autres établissements hospitaliers, le CovidCheck s’appliquait déjà au CHEM. Pas de changement à partir du 15 janvier. Les certificats de vaccination/guérison ont été associés aux badges des personnes s’étant inscrites par le service informatique, leur permettant d’entrer dans l’établissement sans avoir à fournir de test. Les autres doivent montrer un certificat à l’entrée ou effectuer un test. «Des tests antigéniques rapides sont mis à disposition» puisque l’établissement est aussi concerné par le régime spécifique au secteur hospitalier. Le CHEM sensibilise également les salariés vaccinés à en effectuer deux fois par semaine. L’hôpital d’Esch-sur-Alzette ne donne pas de taux de vaccination et n’a pas rencontré de cas de refus de CovidCheck pour le moment. Il ne précise pas quelles seraient les mesures si cela arrivait.

Elisabeth (1.970 salariés)

L’entreprise de services ne se mettra au CovidCheck qu’à partir du samedi 15 janvier. Il n’y aura «pas de changement» pour le personnel non vacciné des structures d’hébergement pour personnes âgées ou en situation de handicap. Elles doivent déjà réaliser tous les jours un test antigénique rapide, mis à disposition par l’employeur, à leur arrivée sur le lieu de travail. Il est aussi recommandé deux fois par semaine au personnel vacciné ou rétabli.

En revanche, le personnel du secteur de la jeunesse et de l’enfance, de l’école privée Marie-Consolatrice, des ateliers d’inclusion pour personnes en situation de handicap et des services administratifs passe sous le CovidCheck 3G «classique». Et devra donc réaliser, s’il n’est ni vacciné ni guéri, un test antigénique rapide certifié par un professionnel de santé ou PCR et «supporter les frais y relatifs», détaille Danielle Minn, secrétaire générale à la direction. Ceux guéris ou vaccinés peuvent s’inscrire sur une liste pour éviter le contrôle qui sera effectué «par notre personnel interne sur des créneaux horaires variant d’une institution à l’autre». Le taux de vaccination est estimé à environ 85%. En cas de refus du CovidCheck, «nous n’avons pas prévu de mesures spécifiques. La direction se concertera le cas échéant avec le salarié concerné pour tenter de trouver d’un commun accord la meilleure solution possible, tant pour le salarié que pour l’institution.»

Stëftung Hëllef Doheem (1.960 salariés)

Les soignants du service d’aide à domicile étaient déjà, eux aussi, soumis au régime CovidCheck «spécifique aux professionnels de santé» et le restent. Il s’étendra maintenant au personnel administratif, pour qui «le télétravail reste la règle». En cas de présence au bureau, «le responsable hiérarchique du collaborateur non vacciné veille à l’application des mesures légales, qui se matérialise par un contrôle du test certifié avant accès aux bureaux». L’entreprise assure que les tests sont «fournis sur place et sont gratuits. Pour le non-vacciné, le temps nécessaire pour la réalisation et la certification du test n’est pas compté comme temps de travail.» Le service d’aide à domicile estime le taux de vaccination du personnel à 85%. En cas de refus de CovidCheck, la situation sera «examinée par le département des ressources humaines, qui appliquera les mesures prévues par la loi».

Banque internationale à Luxembourg (1.890 salariés)

Réservé à certains espaces depuis le 1er novembre, le CovidCheck se généralise seulement à partir du 15 janvier à la BIL. Face à la vague d’Omicron, le masque restera obligatoire lors des déplacements dans les bâtiments et le télétravail continue d’être la règle. Pour les salariés se rendant au bureau, pas de liste de vaccinés ou de guéris, «des bornes sont installées aux différents points d’entrée du siège de la banque, route d’Esch», explique Olivier Kormann, responsable des personnes, des avantages et des solutions. Un registre sera seulement mis en place dans les agences et filiales «quand c’est possible». Sinon, le contrôle se fera à l’entrée «par un agent de sécurité ou un collègue habilité».

Selon un sondage «anonyme et sur base du volontariat, une grande majorité de nos collaborateurs est vaccinée», ajoute Olivier Kormann. Il ne prévoit pas de financer le coût des tests pour ceux qui en auraient besoin. En cas de refus, «la question ne se pose pas aujourd’hui car en raison de la situation sanitaire, nous incitons nos collaborateurs à télétravailler», rappelle-t-il. «Quand nous pourrons revenir à un mode de travail hybride, la règle sera la même pour tous sans exception. Si un collaborateur ne respecte pas la loi et qu’il ne peut, de ce fait, revenir au bureau, il devra prendre congé ou demander une journée sans solde.»

Banque et caisse d’épargne de l’État (1.840 salariés)

La banque n’a pas répondu aux sollicitations de Paperjam.