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Coaching parental

Comment parler aux enfants du déconfinement?



Avec la rentrée du fondamental le 25 mai, il est nécessaire d’échanger sur la notion de distanciation avec les enfants.  (Photo: Shutterstock)

Avec la rentrée du fondamental le 25 mai, il est nécessaire d’échanger sur la notion de distanciation avec les enfants. (Photo: Shutterstock)

Pour les parents comme pour les enfants, le retour à l’école peut être source de stress et d’interrogations. Les coachs parentaux livrent leurs recommandations pour bien préparer cette rentrée si spéciale.

Est-ce que mes amis auront changé? Est-ce que je serai puni si je m’approche trop de ma copine? Est-ce que je vais tomber malade si je vais à l’école?

Les craintes et les frustrations se mêlent à l’excitation et à la joie du retour à l’école. Les cours ont en effet repris pour les étudiants et les terminales le 4 mai, tandis que  la rentrée scolaire du niveau fondamental aura lieu le 25 mai , tout comme la réouverture des crèches et des maisons relais.

Avec de nombreuses règles de distanciation et d’hygiène à respecter. Et autant d’interrogations et d’émotions à gérer en famille avant le jour J de la reprise.

À commencer par le nouveau fonctionnement de l’école: «Il faut écouter les craintes et les doutes des enfants sans jugement, et normaliser leurs émotions», explique Valérie Théveniaut, coach indépendant et pédagogue au Luxembourg.

Pour ce faire, cette dernière estime qu’il est important de savoir identifier les émotions pour les nommer et surtout pour trouver à quel besoin de l’enfant elles correspondent.

«De manière générale, il faut faire en sorte que l’enfant ne subisse pas cette rentrée, et donc s’y préparer dans la joie, s’entraîner en famille pour l’application des gestes barrières et du port du masque», recommande Valérie Théveniaut. Sans oublier d’installer une routine du soir et du matin quelques jours avant la reprise.

Besoin de réponses

Il est également nécessaire d’échanger sur la notion de distanciation avec les enfants. «Expliquez-leur que la distanciation est physique et non pas sociale. La différence est subtile, mais, lorsqu’on y réfléchit bien, elle est énorme. La distance physique ne doit pas nous empêcher d’aimer notre prochain, d’apprécier la compagnie de nos amis et de nos proches, de dire bonjour aux inconnus, de parler et de sourire, car malgré le masque, nos yeux peuvent toujours continuer à sourire. Apprenez-leur à ne pas avoir peur des autres», suggère Elena Goutard, coach parental en région parisienne, qui a publié de nombreux posts sur son blog à propos de la gestion de l’épidémie en famille

Quant aux peurs des adultes, elles doivent être exprimées entre adultes...

En somme, les enfants ont besoin de réponse et d’informations claires. Et il convient dès lors de leur expliquer ce qui les attend et comment l’école va fonctionner concrètement, en essayant autant que possible d’en tirer les points positifs et de leur en faire constater les avantages.

Se rassurer

En essayant d’être à l’écoute et de ne pas transmettre ses propres angoisses: «L’adulte doit être très conscient de ses propres réactions et émotions pour ne pas accueillir celles des enfants de manière trop réactive. Il saura ainsi mieux écouter, montrer à l’enfant qu’il est compris et le rassurer avec des termes crédibles», souligne Valérie Théveniaut, qui conseille d’avoir des références solides, mais pas rigides.

Elena Goutard confirme: «Si vous vous sentez stressé par cette épidémie, cela se ressentira. Ainsi, cherchez à vous rassurer vous-même avant de chercher à rassurer votre enfant.»

Avant de préciser: «Pour être certain d’apporter à votre enfant des informations fiables, renseignez-vous bien en amont. Choisissez des sources sûres et dignes de confiance. Anticipez les éventuelles questions et préparez les réponses. Si votre enfant vous pose une question qui vous met mal à l’aise ou dont vous ignorez la réponse, dites à l’enfant que pour l’instant vous ignorez la réponse, mais que vous allez vous renseigner. Plus vous serez vous-même convaincu de votre message, plus votre enfant se sentira apaisé et rassuré». 

Conscience citoyenne

L’approche est plus complexe avec les ados, en général plus connectés: «Ils ont davantage conscience de ce qui se passe, et ont tendance à intérioriser. D’autant plus que le parent est alors plus souvent perçu comme un ‘empêcheur’ que comme un référent», ajoute Valérie Théveniaut.

Quant à un enfant plus jeune, il traduira plutôt les messages de ses parents et reflètera l’état d’esprit instauré dans la famille. «Si la période a été vécue de manière plutôt joyeuse, il la vit généralement bien. Au final, peu d’enfants la vivent comme un traumatisme, mais cela dépend évidemment de l’expérience intrafamiliale du virus. Et nous ne pourrons savoir qu’avec un peu de recul si la pandémie est vécue comme un traumatisme», affirme Valérie Théveniaut.

Pour les enfants comme pour les ados, cette période est aussi un bon moyen d’éveiller leur conscience citoyenne et de leur transmettre des valeurs de solidarité et d’entraide.

«On ne vainc pas les virus seul. Et il est important de faire comprendre aux enfants que l’Homme n’est jamais seul face à l’épidémie, que c’est l’affaire de tous. Il est essentiel, pour en venir à bout, que chacun se sente impliqué et responsable», conclut Elena Goutard.