POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

À l’initiative du Meco et de Luxinnovation

Comment l’État et les banques rassurent les start-up



Les start-up avaient un premier rendez-vous, virtuel, avec le ministère de l’Économie, la SNCI et les banques, pour qu’elles s’approprient les aides le plus rapidement possible. (Photo: Shutterstock)

Les start-up avaient un premier rendez-vous, virtuel, avec le ministère de l’Économie, la SNCI et les banques, pour qu’elles s’approprient les aides le plus rapidement possible. (Photo: Shutterstock)

Près de 200 personnes du monde des start-up ont participé, mercredi matin, au premier webinar organisé par le ministère de l’Économie et Luxinnovation avec le Technoport pour expliquer comment se saisir des aides mises en place par l’État. Une nouvelle aide attendue va arriver.

Le ministre de l’Économie, Franz Fayot (LSAP), est apparu sur un fond blanc. Un court message enregistré pour inviter les entrepreneurs des start-up à comprendre la première salve de mesures plus spécifiques, officialisées en partie samedi.

Son émissaire, Frédéric Becker, commence son large tour d’horizon… par la non-double imposition des frontaliers, la prolongation des visas et le report des assemblées générales, signe d’une bonne connaissance d’un milieu, la tech, où les forces vives viennent des pays frontaliers et souvent de beaucoup plus loin, faute d’informaticiens, de programmeurs et autres data scientists en nombre suffisant pour alimenter l’écosystème.

Devenu instructeur des dossiers de recherche et développement en innovation dans les fintech, l’ancien conseiller de Luxinnovation revient vers ces aides dont on a beaucoup parlé ces derniers jours:

- le chômage partiel, qui prendra en charge 80% des salaires des employés des start-up et dont il vante «la procédure électronique, plus rapide et plus efficace» grâce à MyGuichet.lu, jusqu’à 2,5 fois le salaire social minimum;

- le congé pour raisons familiales extraordinaire pour s’occuper d’un enfant de moins de 13 ans;

- la prise en charge des congés de maladie par la Caisse nationale de santé à 100%;

- le report des taxes et des cotisations sociales;

- l’avance en capital jusqu’à 500.000 euros, «accessible y compris aux auto-entrepreneurs, qui ne nécessite pas de garantie particulière, dont le taux d’intérêt est faible à 0,5% et dont le remboursement sera aussi flexible que possible à la sortie de la crise». «Il n’y aura pas de la part de l’État de demande de remboursement du jour au lendemain.» Le critère de la bonne santé financière a aussi été retiré pour les sociétés de moins de trois ans.

- l’aide en recherche et développement aux entreprises innovantes: jusqu’ici plutôt pour des entreprises qui voulaient lever davantage d’argent grâce à leur technologie innovante, le plafond était de 700.000 euros à condition de trouver 50% du total soi-même; cette aide peut aller jusqu’à 800.000 euros et représenter 70% du total, de tous les coûts éligibles (y compris une partie des salaires et des loyers). Il n’y a pas de nécessité de passer par une augmentation de capital, a assuré M. Becker, et les dossiers seront examinés au cas par cas.

- le Startups vs. Covid-19: l’appel à projets sera officiellement lancé jeudi. Le ministre de l’Économie s’est dit prêt à apporter jusqu’à 150.000 euros aux 20 projets qui seront retenus d’ici la fin du mois. Ils auront six mois pour lancer leur solution contre la crise que nous connaissons. Du secteur de la santé à celui du travail à distance en passant par l’aide aux plus démunis ou isolés, les champs de ce concours inédit seront précisés jeudi.

Une nouvelle aide à venir pour les auto-entrepreneurs

Après lui, le directeur du département Industrie et Innovation de la Société nationale de crédit et d’investissement, Guy Wollwert, a insisté sur le moratoire de remboursement de six mois sur tous les outils de financement déjà accordés par la banque publique. Il a aussi évoqué la garantie de 60% que la SNCI apportera et de 40% pour les banques concernant les financements de crise, de 12.500 à 10 millions d’euros. La SNCI a prévu une enveloppe de 400 millions d’euros pour ces financements, à saisir par l’intermédiaire des banques commerciales.

Sous la double casquette de la Bil et de l’ABBL, Jeffrey Dentzer, head of corporate and institutional banking, a d’abord évoqué des négociations avec les six banques commerciales de la Place autour d’un moratoire des remboursements d’intérêts ou de capital, avant d’évoquer des crédits pour faire le pont entre les demandes de chômage partiel et le versement des sommes par l’État et, surtout, la possibilité d’avoir accès à un crédit bancaire sans aucun revenu. Autrement dit, une start-up de moins de trois ans pourrait obtenir l’équivalent de ses coûts de salaires de deux ans, soutenu par une garantie de l’État. Il a aussi parlé de la flexibilité donnée à ceux qui sont inscrits dans le cadre du produit spécifique de Bil, InnovFin, avec le Fonds européen d’investissement.

De nouvelles mesures devraient arriver pour soutenir les entrepreneurs et les auto-entrepreneurs pour ce qui concerne leur propre situation, puisque pour l’instant, ils ne sont pas éligibles au chômage partiel. Là, il faudra attendre que le ministre de l’Économie dévoile les détails de cette nouvelle aide en gestation.

Le replay de ce premier webinar est à retrouver ici .

Une deuxième session aura lieu le 15 avril .