PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Marchés financiers

CARTE BLANCHE

«Une classe d’actifs devenue incontournable!»


Retour au dossier

Le Private Equity fait une percée assez remarquable dans les portefeuilles des banques privées depuis les années 2000. La principale raison est liée au rendement supérieur que cette classe d’actifs permet de dégager. Le contexte actuel y est-il toujours favorable? Quelle stratégie adopter ?

Le Private Equity (PE), de sa traduction «fonds propres privés» ou encore plus communément appelé «le capital-investissement», a pour vocation de financer le développement ou le rachat d’entreprises. Il participe activement au moteur de nos économies de marché. Le PE va réellement se développer à la fin des années 1950 lorsque le législateur américain crée un cadre légal et fiscal qui va favoriser l’émergence de sociétés d’investissement aux USA. Elles vont collecter du capital et apporter de nouvelles sources de financement pour les sociétés en croissance.

Certaines sociétés se spécialisent dans le rachat de participations minoritaires ou majoritaires, financées par des investisseurs privés, comme Warren Buffet avec Berkshire Hathaway – entretemps cotée en bourse, donc devenue publique! D’autres acteurs du capital-risque se spécialisent dans l’accompagnement de sociétés de haute technologie, ce qui favorisera d’ailleurs l’émergence de tout un secteur économique dans la Silicon Valley via le fonds Sequoia.

Les années 1980-1990 verront la prolifération des sociétés d’investissement tant aux USA qu’en Europe. Les rachats d’entreprises explosent. En 2007-2008, la crise des subprimes et le resserrement des conditions de crédit vont ralentir son expansion durant quelques années, mais elle subsistera. L’industrie va davantage se spécialiser, et de nouveaux acteurs apparaîtront, venus notamment d’Asie.

La chute des taux de dépôt et des coupons obligataires que nous connaissons depuis plusieurs années amène de plus en plus d’investisseurs à s’y intéresser. En effet, il est communément admis qu’un portefeuille diversifié en PE peut amener sur le long terme un excess return de 4 à 5% sur un portefeuille d’actions cotées. Il faut voir ce surplus de rendement comme une prime due aux contraintes propres à cette classe d’actifs.

L’activité s’est fortement développée au Luxembourg ces 20 dernières années, la plupart des acteurs mondiaux utilisent des véhicules luxembourgeois pour leur levée de fonds. Aujourd’hui, le monde du PE totalise plus de 8.000 fonds avec une taille de marché qui dépasse les 4.000 milliards d’USD. La clé réside donc dans le conseil et l’accompagnement d’un professionnel qui dispose tant de l’expertise technique que de l’accès aux meilleurs fonds, pour la grande majorité tous fermés au public.

Ce type d’investissement est en effet réservé à une clientèle qualifiée qui dispose des connaissances nécessaires ainsi que d’une surface financière adéquate. Les rendements sont souvent négatifs durant les premières années, pour s’accélérer ensuite, c’est la fameuse courbe en J. Un investisseur en PE est aussi contraint à une longue période de détention, la liquidité est donc moindre. L’investissement est rarement cessible à un tiers. Nous sommes dans le «buy and hold».

En tant qu’investisseur, il faut veiller à une bonne diversification des différentes stratégies qui existent en PE, à une répartition équilibrée de ses investissements sur plusieurs années via différents vintages, et à la qualité des performances des équipes sélectionnées. Les stratégies sont multiples: le venture capital, le capital-développement, le buy-out, le secondaire, le co-investissement, les stratégies sectorielles, les fonds de fonds.

La crise économique que nous vivons actuellement a ralenti les opérations de fusion/acquisition et il est encore trop tôt pour tirer les leçons du Covid-19 dans le monde du PE. La surperformance observée sur les dernières décennies de statistiques dont nous disposons pourrait toutefois perdurer. La consolidation de certains secteurs économiques en proie à des difficultés nourrit aussi des opportunités pour des fonds gorgés de cash. Certains fonds sectoriels connaissent des rendements remarquables dans les secteurs de la technologie ou de la digitalisation. Les General Partners s’adaptent, veillent à investir dans des entreprises plus résilientes, soutiennent financièrement leurs participations, ce qui crée des avantages comparatifs. Ils en profitent pour mettre en place des principes de durabilité en matière de gouvernance. Les entreprises évoluent plus vite, deviennent plus agiles.

Enfin, le challenge le plus important reste certainement l’accès aux meilleurs fonds. Certains General Partners ne se déplaceront pas pour moins de 100 millions d’euros de capitaux potentiels à lever. Il faut donc être capable de monter un véhicule, souvent appelé «Feeder Fund», qui viendra collecter les engagements d’un groupe d’investisseurs, dans un laps de temps limité et dans le strict respect des règles spécifiques liées à ce type d’investissement alternatif. Ce qui exige une capacité de placement, mais aussi une expertise technique et juridique importante. Le business model de Degroof Petercam est fondé sur cette expertise multiple qui réunit dans une même maison les activités de banque privée et d’administration de fonds. Ainsi que celle de la banque d’affaires, elle-même au carrefour de la vie des entreprises à travers son activité de fusion-acquisition, donc de leur développement.

Le segment du Private Equity  surperforme les marchés financiers cotés de façon régulière depuis des années . Certaines stratégies affichent des performances supérieures au segment dans son ensemble. Source Data: PREQIN

Le segment du Private Equity surperforme les marchés financiers cotés de façon régulière depuis des années . Certaines stratégies affichent des performances supérieures au segment dans son ensemble. Source Data: PREQIN