ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Mutations du monde du travail

Pour Cisco, on ne reviendra jamais à 100% en présentiel



Le directeur de Cisco Belgique-Luxembourg, Arnaud Spirlet, a le sourire: Cisco Luxembourg est le pays qui a obtenu les meilleurs résultats pour Cisco dans la zone EMEA. (Photo: Cisco)

Le directeur de Cisco Belgique-Luxembourg, Arnaud Spirlet, a le sourire: Cisco Luxembourg est le pays qui a obtenu les meilleurs résultats pour Cisco dans la zone EMEA. (Photo: Cisco)

Pour le directeur Belgique-Luxembourg de Cisco, Arnaud Spirlet, à la recherche d’un country manager luxembourgeois pour remplacer Romain Siebenaler, le monde ne reviendra jamais à 100% de travail en «présentiel». Ce qui n’est pas forcément pour déplaire au fournisseur de solutions digitales.

Cisco a failli reprendre le travail à 20% en présentiel, mais la société américaine a fait machine arrière et restera pour l’instant à 10% du temps au maximum, notamment pour ses 24 employés luxembourgeois. «Nous regardons tous les lundis l’évolution des statistiques de vaccination, d’hospitalisation et autres liées au Covid. Et nous resterons sur la politique du moindre risque pour nos employés. Mais de toute façon, nous ne reviendrons plus à 100%!», assure le directeur de Cisco pour la Belgique et le Luxembourg, Arnaud Spirlet… via Webex.

«La productivité est meilleure, à condition que le management soit à la hauteur», explique-t-il. «Forcément, il faut s’adapter à ce nouveau contexte dans les entreprises, même si la tentation est de revenir à la situation précédente et d’avoir les employés sous la main. Certains ont perdu leurs repères et on sent une poussée de conservatisme. La question centrale est de savoir si le boulot que vous demandez à vos employés est fait, et correctement. En réalité, nous devrions faire confiance aux gens que nous avons recrutés pour travailler pour nous.»

Les périodes de confinement ont dopé l’adoption de solutions technologiques comme celles que Cisco vend, au point de doubler son chiffre d’affaires au Luxembourg – le pays où la société a le mieux réussi en 2020 dans la zone EMEA de Cisco Group. «Tous les pans de notre activité ont connu une forte croissance, du réseau aux collaborations avec Microsoft, en passant par la sécurité pour répondre aux exigences de la CSSF ou par les data centers», dit M. Spirlet.

Réduction du bruit et «raise hand», deux fonctions adoptées

«Le mode hybride doit s’accompagner de formation et d’inclusion. Le management doit être très attentif au temps de parole de chacun, y compris celui de ceux qui sont chez eux. Nous avons constaté différents phénomènes: un phénomène générationnel – les plus de 45 ans ne supportaient pas de devoir allumer leur caméra alors que les générations X, Y, Z n’ont aucun problème avec cette question; et un phénomène technologique – dans toutes les sociétés où l’on n’était pas bien équipé, il a fallu s’équiper comme tout le monde et, vu la demande, se tourner vers des fournisseurs de produits de moins bonne qualité.» Forcément, la qualité du travail en ligne s’en est ressentie.

L’intégration de Slido dans Webex a permis aux meetings d’être plus interactifs que jamais. Un des outils qui ont été adoptés en 2020 à la «faveur» des confinements. (Photo: Cisco)

L’intégration de Slido dans Webex a permis aux meetings d’être plus interactifs que jamais. Un des outils qui ont été adoptés en 2020 à la «faveur» des confinements. (Photo: Cisco)

Cisco, elle, «a visé la Lune» en souhaitant améliorer les outils qu’elle commercialise «pour que leur utilisation procure une meilleure expérience que la réalité et a intégré le pooling grâce à l’intégration de Slido, les médias sociaux ou encore la reconnaissance faciale. «Et surtout le ‘raise hand’!», ce petit picto sur lequel un interlocuteur peut cliquer pour dire qu’il voudrait parler et qui permet au manager d’éviter les interruptions intempestives. Mais ce qui a été accueilli le plus favorablement est la réduction du bruit. «Quand vous vous retrouvez à la maison avec le bruit des enfants, des animaux, du voisin qui tond sa pelouse ou du lave-vaisselle, ça peut se comprendre.» Sans oublier les exigences des clients par rapport à la sécurité des données, qui a provoqué de nombreuses réactions épidermiques chez un des concurrents, Zoom, avec le «zoombombing», quand des inconnus débarquaient en pleine classe virtuelle pour perturber le prof…

«Nous voyons aussi des demandes de clients pour des devices touchless. Si tout le monde doit taper son code sur le même appareil, forcément, ça n’aide pas dans le contexte de la pandémie», explique M. Spirlet. Surtout que des technologies liées à la voix ou à la reconnaissance faciale existent. «Nous cherchons l’accès le plus facile à nos technologies. En un clic.»

Et aussi un nouveau directeur pour le site luxembourgeois, après que Romain Siebenaler a lui-même annoncé son départ, connu en interne depuis des mois, pour raisons personnelles. Une perle rare et difficile à remplacer, commente le directeur Belgique-Luxembourg.