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Charles Michel défend la campagne vaccinale



Charles Michel est convaincu que l’Europe deviendra dans les prochains mois le premier producteur mondial de vaccins. (Photo: Shutterstock)

Charles Michel est convaincu que l’Europe deviendra dans les prochains mois le premier producteur mondial de vaccins. (Photo: Shutterstock)

Le président du Conseil européen Charles Michel monte au front pour défendre la campagne de vaccination contre le Covid-19 en cours en Europe. Et ne se montre pas tendre envers la Chine et la Russie.

C’est par le biais de sa sixième newsletter, mardi 9 mars, que le président du Conseil européen Charles Michel a décidé de voler au secours de la campagne de vaccination en cours, ou plutôt de répondre aux attaques dont elle est la cible. Par la même occasion, il en profite pour remettre en avant le rôle-clé joué par l’Europe dans l’élaboration de ces vaccins.

Logiquement, Charles Michel reconnaît «des difficultés au démarrage de cette gigantesque opération, qui ont suscité auprès des citoyens européens de la frustration, même de la colère». Il faudra évidemment en tirer des leçons. Mais face à des jugements «très forts» portés envers les gouvernants nationaux et de l’Union européenne, au vu des retards dans la production, la distribution et l’administration, il réplique en cinq points.

1. Il n’y aurait pas eu de vaccin sans l’Europe. «L’UE a été motrice et première pourvoyeuse de la levée internationale de fonds qui ont permis d’en financer la recherche. Dont ceux basés sur la technique novatrice de l’ARN messager, découverte par des chercheurs européens. Et plusieurs de ces vaccins ont été mis au point ou sont en train de l’être par des entreprises européennes», écrit Charles Michel.

2. Sans l’Europe, beaucoup de pays n’auraient pas encore eu leur première dose. «Les 27 États de l’UE ont décidé de confier à la Commission européenne leur achat groupé de vaccins auprès des différentes firmes pharmaceutiques. Objectifs: éviter la compétition et la surenchère entre pays, puis permettre que tous les pays obtiennent ces doses en même temps. Sans cela, les États membres plus grands ou plus riches auraient été les premiers et les mieux servis.»

Ne nous laissons dès lors pas leurrer par la Chine et la Russie, des régimes aux valeurs moins enviables que les nôtres. 
Charles Michel

Charles Michel,  président du Conseil européen

3. L’Europe est la puissance mondiale la plus solidaire. «Je suis stupéfait lorsque j’entends l’Europe accusée de manquer de solidarité. Et triste lorsque je la vois critiquée pour vouloir partager les doses avant d’avoir vacciné tous ses citoyens», fait valoir Charles Michel. Qui souligne qu’«aucune région de la planète ne sera à l’abri si toutes les régions ne le sont pas également». De là, l’initiative Covax pour approvisionner les pays les plus pauvres, la précommande de plus de 2 milliards de doses, soit plus qu’il n’en faut pour vacciner tous les Européens… Il est en tout cas hors de question que l’Europe ne défende pas ses valeurs en posant «des actes concrets et forts, en particulier dans les régions avec lesquelles nous sommes stratégiquement liés. Comme, par exemple, les pays du partenariat oriental, dont la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine, où je me suis rendu la semaine passée. Ou comme l’Amérique latine, ou encore l’Afrique.»

Dès lors, le président demande de ne pas se laisser «leurrer par la Chine et la Russie, des régimes aux valeurs moins enviables que les nôtres, lorsqu’elles distillent des opérations très limitées, mais largement médiatisées, d’approvisionnement de vaccins à d’autres. Ces pays auraient administré, d’après les chiffres disponibles, deux fois moins de doses par 100 habitants que l’Union européenne.»

4. L’Europe exportatrice. «Je suis aussi choqué quand j’entends l’accusation de «nationalisme vaccinal» à l’encontre de l’UE. Là encore, les faits ne mentent pas. Le Royaume-Uni et les États-Unis ont décrété l’interdiction pure et simple d’exportation de vaccins ou de composants produits sur leurs sols. L’Union européenne, la région qui abrite les plus importantes capacités de production de vaccins au monde, vient de mettre en place un système de contrôle d’exportation de doses produites sur son territoire», avance encore Charles Michel.

5. L’Europe, premier producteur de vaccins avant la fin de l’année. «La production de vaccins est un processus industriel complexe. Il nécessite un laps de temps incompressible: ce n’est pas une chaîne où les composants entrent à un bout et en sortent à l’autre sous forme de produit fini 15 minutes plus tard», conclut le président du Conseil européen. Mais «je vous le dis: nous deviendrons, dans les prochains mois, le premier producteur de vaccins. C’est aussi l’Europe qui est la mieux équipée pour pouvoir adapter rapidement la production des vaccins aux mutations du virus.»

Dès lors, avec les USA, l’Europe formera «sans aucun doute la principale puissance productrice de vaccins au service de la planète. (…) Et en joignant nos forces, nous démontrerons que ce sont les démocraties libérales, appuyées sur la science, l’intelligence collective et la coopération internationale basée sur des valeurs, qui sont les plus efficaces pour vaincre une crise gigantesque telle que la pandémie actuelle.»