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Bilan

Ce que Neistart Lëtzebuerg a apporté à la culture



La ministre de la Culture Sam Tanson a dressé le bilan des aides Neistart Lëtzebuerg initiées dans le cadre de la crise du Covid-19. (Photo: Antoine Seite/archives Paperjam)

La ministre de la Culture Sam Tanson a dressé le bilan des aides Neistart Lëtzebuerg initiées dans le cadre de la crise du Covid-19. (Photo: Antoine Seite/archives Paperjam)

Un an après avoir été lancé, l’heure est au bilan pour le programme Neistart Lëtzebuerg, proposé par le ministère de la Culture pour soutenir le secteur dans les difficultés rencontrées à cause de la crise sanitaire.

Cinq millions ont été débloqués par le ministère de la Culture le 27 mai 2020 pour répondre aux difficultés qui sont apparues suite à la pandémie de Covid-19. L’objectif de ce budget exceptionnel d’aides était à la fois de jouer un rôle de stabilisateur au moment le plus fort de la crise, et également de soutenir et relancer l’ensemble du secteur, fortement impacté et qui emploie tout de même des milliers de personnes au Luxembourg, sans oublier les artistes eux-mêmes et les intermittents du spectacle. «Cette année a été une année intensive pour le ministère et nous avons essayé de trouver des solutions pour soutenir le secteur avec des aides ponctuelles pour répondre à l’urgence, mais aussi de voir à long terme avec des mesures qui se développent dans le temps», a précisé Sam Tanson  (déi Gréng), ministre de la Culture.

12 mesures pour le court et long terme

On peut ainsi résumer en trois catégories l’ensemble des 12 mesures qui ont été déployées au profit de 220 bénéficiaires:

- les mesures compensatoires pour les structures et associations conventionnées, qui représentent près de 1,5 million d’euros et ont permis de combler les pertes financières liées aux annulations, aux reports de manifestations ou aux fermetures entre le 14 mars et le 1er juin 2020;

- des aides en faveur de la relance de la culture et de la créativité artistique (2,2 millions d’euros), qui se concrétisent au travers de résidences d’artistes (aux annexes du château de Bourglinster, dans 13 établissements culturels conventionnés ou – de manière ingénieuse – à domicile), des commandes d’œuvres musicales et dramatiques, 54 nouvelles acquisitions d’œuvres pour la collection du ministère de la Culture – qui s’est doté d’un nouveau comité d’acquisition et veille à ne pas réaliser de doublons avec le Mudam ou les musées de la Ville de Luxembourg – réalisées auprès des galeries et des artistes eux-mêmes, une aide pour les nouveaux formats de spectacles ainsi que pour les captations audiovisuelles;

- des investissements en faveur des musées régionaux et des sites patrimoniaux à vocation touristique (près de 1,3 million d’euros).

Une période propice à l’amélioration

Il est également à souligner que cette période a mis en exergue le besoin d’une déontologie claire et partagée pour le secteur culturel. C’est pourquoi le ministère propose de réfléchir, avec les acteurs du secteur, dès le 15 juin prochain, lors d’un webinar, à l’élaboration d’une charte de déontologie.

Il est aussi envisagé que des expériences menées dans le cadre du programme Neistart soient pérennisées, comme la bourse de «résidence à domicile», car «le processus de création doit être plus soutenu et il faut aider les artistes à pouvoir travailler librement», a souligné Sam Tanson.

Aussi, quelques aménagements sont apportés dans le système des bourses d’aide à la création. Cette période de crise a permis de constater plus clairement les lourdeurs administratives, dont l’ampleur du contenu demandé, l’absence d’une soumission par voie électronique ainsi qu’un manque de précision quant aux délais et dates limites. Il conviendra également de mieux préciser les objectifs attendus dans le cadre de l’attribution de bourse et de mieux les différencier des objectifs des autres types d’aides. C’est pourquoi, à l’avenir, les bourses d’aide à la création mettront davantage l’accent sur l’acte créatif et que l’environnement administratif sera simplifié.

Tout ceci se fait sans oublier la réforme de la loi du 19 décembre 2014 qui concerne les mesures sociales attribuées aux artistes et intermittents du spectacle, ainsi que la promotion de la création artistique avec une réforme des commandes publiques dans le cadre du 1%.