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Nouveau rebondissement

Carlos Ghosn crie au complot à travers une vidéo



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Carlos Ghosn se dit victime d’un complot de la part des dirigeants japonais de Nissan. (Photos: Shutterstock)

À nouveau arrêté jeudi dernier, l’ancien patron de Renault et Nissan, Carlos Ghosn, a fait publier, ce mardi, par l’intermédiaire d’un de ses avocats, une vidéo dans laquelle il clame son innocence et s’estime victime d’un complot.

Alors que Carlos Ghosn, ancien patron de Nissan et Renault, a été à nouveau arrêté jeudi dernier à Tokyo, il vient de faire publier, par un de ses avocats, une vidéo dans laquelle il s’estime victime d’un complot. Il y répète inlassablement qu’il est innocent.

Pour rappel, il est soupçonné d’abus de biens sociaux et de fraude fiscale. Il a déjà été arrêté une première fois à Tokyo en novembre dernier. Libéré sous caution le 6 mars, il est à nouveau en détention depuis le 4 avril.

Une vidéo bien préparée

L’ex-grand patron avait annoncé la semaine passée qu’il tiendrait une conférence de presse ce jeudi. Impossible puisque les autorités japonaises ont décidé de son maintien jusqu’au 14 avril au minimum. Qu’à cela ne tienne, il semble que Carlos Ghosn avait prévu cette possibilité en préparant une vidéo dans laquelle il accuse notamment les patrons de Nissan d’avoir fomenté ce complot contre lui. Il a même été jusqu'à créer un compte Twitter la veille de son arrestation, afin de partager la vidéo au moment opportun.

«Rien n’est fait au Japon pour lui laisser une grande liberté de parole», estime son avocat, Me Le Borgne, au micro de BFM. Ce dernier voit en effet un lien de cause à effet entre cette nouvelle arrestation et l’imminence de la conférence de presse prévue par Carlos Ghosn.

La vidéo aurait été enregistrée la veille de son arrestation. S’exprimant en anglais avec un sous-titrage en japonais, le magnat de l’automobile se dit innocent de toutes les charges à son encontre, rappelant que durant ses 108 jours passés en prison, il n’a pas changé de discours.

Il désigne plusieurs coupables

Carlos Ghosn revient également sur son arrivée au Japon en 1999, expliquant que ce n’était pas par calcul, mais bien car il était fasciné par ce pays qu’il a choisi d’y travailler durant 20 ans. «Ce n’est pas une histoire de cupidité, de dictature d’un homme. C’est une histoire de complot, de conspiration, de trahison», lance-t-il avant d’égrainer les noms des responsables désignés.

Des noms qui ont toutefois été coupés au montage, sur demande de ses avocats. Quant au complot, il l’explique par la peur des responsables japonais de voir réduire leur autonomie au sein de Nissan suite aux «performances médiocres» constatées chez le constructeur automobile.

Une demande de libération

Dans le même temps, son épouse, Carole Ghosn, a pu quitter le Japon, malgré la confiscation de son passeport libanais, grâce au soutien de l’Ambassade de France. Elle craignait une garde à vue, après avoir été entendue par le procureur, qui, au Japon, peut durer 23 jours. 

L’avocat de Carlos Ghosn sur place, Junichiro Hironaka, a déjà annoncé son intention de déposer, ce mercredi, un recours devant la Cour suprême pour obtenir la remise en liberté de son client.