PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Assurances

Résultats annuels

Le Brexit fausse l’année 2018 de l’assurance



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Les résultats du secteur baissent de 16,1% (à 647 millions d’euros), soit le niveau le plus bas enregistré depuis 2009. (Photo: Mike Zenari)

Les résultats annuels du Commissariat aux assurances, présentés le 15 juillet, font état d’une année 2018 particulière. Les chiffres sont fortement marqués par les conséquences du Brexit, en baisse pour l’assurance-vie et en hausse pour l’assurance non-vie.

«2018 se présente comme une année de transition, en attendant que les chiffres 2019 mettent en évidence l’envergure complète des retombées du Brexit pour la Place», lit-on dans  le rapport annuel du Commissariat aux assurances  (CAA), présenté le 15 juillet.

Les résultats du secteur baissent de 16,1% (à 647 millions d’euros), soit le niveau le plus bas enregistré depuis 2009, en grande partie en raison de l’assurance-vie, qui a accusé un recul de 29,6%. Une baisse largement imputable au Brexit.

«Cette évolution est impactée par une compagnie nouvellement installée, qui a dû comptabiliser des pertes importantes. C’est un phénomène transitoire, car cette compagnie a dû s’adapter au système comptable luxembourgeois, différent du système de normes IFRS», affirme Claude Wirion , directeur du CAA. Sans cet effet, les résultats de l’assurance-vie n’auraient baissé que de moitié.

Primes gonflées

Le nombre d’agréments délivrés est tout aussi exceptionnel. En 2018 et en 2019, 12 assureurs non-vie et un assureur-vie ont choisi de s’établir au Grand-Duché. 

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12 assureurs non-vie et un assureur-vie ont choisi de s’établir au Grand-Duché. (Photo: rapport annuel CAA/capture d’écran)

Les premières souscriptions réalisées ont ainsi gonflé le montant des primes encaissées par rapport à 2017: elles ont augmenté de 22,3% en non-vie.

Étant donné le caractère transfrontalier des activités des nouveaux acteurs, les opérations de souscription réalisées à l’étranger via la libre prestation de services enregistrent également une progression importante de 27,39% (4,13% en 2017).

«Abstraction faite de cet événement exogène, les assureurs non-vie opérant au ou à partir du Grand-Duché de Luxembourg auraient réalisé une progression de leur encaissement de près de 4,5%, supérieure à celle connue en 2017 (4,14%)», note le rapport annuel.

Activités transfrontalières

Le Brexit a également frappé concernant le nombre de succursales établies à l’étranger de la part d’entreprises agréées au Luxembourg: «Il s’est poursuivi à un rythme jamais atteint par le passé: c’est ainsi que 74 nouvelles succursales d’assurance non-vie et deux succursales d’assurance-vie ont été établies à l’étranger entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2019. Ces créations sont presque exclusivement le fait des 12 entreprises luxembourgeoises agréées suite aux Brexit», détaille le rapport annuel.

Globalement, la part des activités transfrontalières du secteur de l’assurance et de la réassurance progresse de 0,30% par rapport à 2017, pour constituer 91,4% de l’activité totale.

Compagnies prudentes

Outre le Brexit, la directive sur la distribution d’assurance (IDD) a aussi chamboulé le secteur en 2018.

Une évolution «spectaculaire» selon Claude Wirion , réside dans le boom des demandes d’agréments de la part des agents d’assurances.

En 2018, le nombre d’agents d’assurances nouvellement agréés a plus que doublé et s’élève à 301, sans compter 259 agréments au premier semestre 2019.

«Jusque-là, les compagnies n’avaient pas besoin de disposer d’un agrément pour les salariés qui n’étaient pas en contact direct avec le client. Aujourd’hui, dès lors qu’un employé est susceptible de délivrer un conseil à un client, il lui faut un agrément, même s’il est dans un bureau au siège social. Et les compagnies ont été très prudentes en la matière», remarque Claude Wirion.

Au final, la hausse des demandes d’agréments de sociétés et de personnes physiques met l’activité du CAA sous pression , celui-ci devant effectuer les contrôles correspondant à l’avenir.