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Accès à l’A13

17 ans après la fin des travaux, la bretelle de Frisange va enfin ouvrir



Un état des lieux et un toilettage après les derniers gels seront nécessaires avant l’ouverture de la bretelle. (Photo: Christophe Lemaire/Maison Moderne/Archives)

Un état des lieux et un toilettage après les derniers gels seront nécessaires avant l’ouverture de la bretelle. (Photo: Christophe Lemaire/Maison Moderne/Archives)

Une décision de la Cour d’appel doit permettre à l’Administration des ponts et chaussées d’entamer des travaux pour l’ouverture de la bretelle de Frisange. Inutilisée et non entretenue depuis plus de 17 ans, elle se trouve désormais en friche.

Le 24 juillet 2003, l’ancienne ministre des Travaux publics, Erna Hennicot-Schoepges (CSV), inaugurait avec l’Allemagne la nouvelle autoroute reliant le Luxembourg à la Sarre. Une infrastructure ayant coûté plus de 292 millions d’euros. Un an plus tard sont terminés les travaux de la bretelle de Frisange, avec l’ensemble du tronçon de l’A1 reliant la Croix de Bettembourg à Perl. Pourtant, ce n’est que 17 ans et demi plus tard qu’elle s’apprête (enfin) à ouvrir. Le budget précis lui étant alloué n’a pas été précisé.

La fin d’une bataille judiciaire?

La bataille judiciaire semble en effet avoir pris fin. Elle oppose depuis des années l’État à l’agriculteur Fernand Friederich, qui estimait être propriétaire du terrain sur lequel a été construite la bretelle. Au terme de deux conventions jamais exécutées, il s’était vu proposer un échange de terrains et environ 1.000 euros en 1996, avant un autre deal portant sur l’acquisition d’autres terrains pour lesquels l’agriculteur était prêt à débourser près de 80.000 euros. Malgré les différentes propositions de l’État, l’agriculteur et son fils Georges campaient sur leurs positions.

La justice avait déjà donné raison au gouvernement en première instance en validant les deux conventions et en excluant différentes requêtes de l’agriculteur . Qui avait alors fait appel. Sa demande n’a pas abouti, selon le ministère des Travaux publics, qui cite l’arrêt du 16 décembre dernier de la Cour d’appel. Ce dernier ajoute que les intérêts légaux sur les 79.587,46 euros que l’agriculteur a été condamné à verser courent à partir du 28 février 2017, jusqu’à solde. Et refuse de lui accorder des indemnités de procédure pour l’instance d’appel.

Pas de bretelle avant le printemps

«Pour nous, la décision est définitive», analyse le ministère. Si bien que l’Administration des Ponts et chaussées doit maintenant s’atteler à un «état des lieux» de la bretelle pour «évaluer les éventuels travaux d’entretien, tels que le renouvellement de la couche de roulement, les réparations à faire ou les plantes à enlever».

Car depuis 2003, elle n’a pas été empruntée et donc, pas non plus entretenue. Il faudra encore patienter pour l’ouverture de la bretelle, puisque cette analyse commencera «au printemps, après les derniers gels». Un calendrier précis «ne peut être défini à ce jour». En attendant, les automobilistes de Frisange et d’Évrange doivent continuer de prendre une déviation pour rejoindre l’A13 vers Mondorf-les-Bains, Schengen ou Perl.

Contacté, l’avocat de l’agriculteur, Me Gaston Vogel, refuse de répondre, mettant en avant le «secret professionnel». Celui de son fils, Me Marc Theisen, n’avait pas encore répondu à Paperjam lors de la publication de l’article.