POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Lutte contre le changement climatique

La BEI amorce un virage climatique



Le président de la BEI, Werner Hoyer (au centre), annonce des objectifs extrêmement ambitieux en matière d’investissements durables et de lutte contre le changement climatique. (Photo: BEI)

Le président de la BEI, Werner Hoyer (au centre), annonce des objectifs extrêmement ambitieux en matière d’investissements durables et de lutte contre le changement climatique. (Photo: BEI)

La Banque européenne d’investissement passe la vitesse supérieure en matière de prêt dans le secteur de l’énergie, annonçant des investissements durables et en faveur du climat de plus de 1.000 milliards de dollars dans la décennie 2020-2030.

L’institution financière siégeant au Kirchberg a présenté son engagement climatique lors d’un événement organisé par les médias Project Syndicate et Barron’s à New York, en marge du sommet sur le climat de l’Onu.

«La BEI a été aux avant-postes dans la lutte contre l’urgence climatique à l’aune du rôle de leader de l’UE», a rappelé Werner Hoyer , président de la BEI. «Notre expérience nous donne la confiance que nous pouvons faire encore plus. Nous savons que nous pouvons nous fixer des objectifs de plus en plus ambitieux et les remplir.» Un écho au discours de Donald Tusk, président du Conseil européen, à la tribune des Nations unies, qui enjoignait la BEI d’accroître ses ambitions en matière d’action pour le climat et de soutenabilité environnementale.

Nous ciblons le déblocage de plus de 1.100 milliards de dollars d’investissements d’ici 2030.
Werner Hoyer

Werner Hoyer,  président ,  BEI

«En premier lieu, nous augmenterons nos propres financements», détaille M. Hoyer. «L’an dernier, près de 30% de nos nouveaux engagements à travers le monde étaient dédiés à ces objectifs. Je veux que nous soyons plus audacieux et que nous visions 50% d’action pour le climat et la soutenabilité environnementale d’ici 2025.»

La BEI va également «faire une réelle différence» en multipliant le volume des investissements. «Nous ciblons le déblocage de plus de 1.100 milliards de dollars d’investissements d’ici 2030 en travaillant avec nos partenaires publics et privés», chiffre M. Hoyer. «Ceci inclura un accroissement marqué du soutien pour l’adaptation au changement climatique et pour la résilience climatique.»

Nous allons positionner la BEI comme un incubateur pour la finance et l’expertise climatique.
Werner Hoyer

Werner Hoyer,  président,  BEI

La BEI clame donc un virage net de sa politique d’investissement, détaillé dans le projet de politique énergétique dévoilé cet été à l’issue d’une large consultation publique. «Nous visons à aligner toutes nos activités de financement sur les principes et objectifs de l’accord de Paris d’ici fin 2020. Notre premier pas important consiste à délaisser progressivement les projets de production d’énergie reposant sur les seuls combustibles fossiles.»

Régulièrement bousculée par les ONG environnementales, la BEI avait déjà annoncé plusieurs projets en faveur de l’investissement dans la lutte contre le réchauffement climatique, comme une plate-forme du financement climatique ou des prêts pour des entreprises désirant s’engager dans des investissements durables .

Elle change de braquet et ne cache pas ses ambitions: «Nous allons positionner la BEI comme un incubateur pour la finance et l’expertise climatique afin de mobiliser les autres en aidant nos sociétés et économies à se transformer pour un avenir sans carbone». Elle a lancé avec Project Syndicate la plate-forme Sustainability Now , afin de mettre en avant les acteurs de la lutte contre le changement climatique.