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Perspectives économiques Candriam

«Aucune raison de craindre le rebond de l’inflation»



Anton Brender et Florence Pisani se montrent optimistes par rapport à la croissance mondiale. (Photo: Maison Moderne/archives)

Anton Brender et Florence Pisani se montrent optimistes par rapport à la croissance mondiale. (Photo: Maison Moderne/archives)

Les économistes de Candriam se montrent globalement optimistes pour l’économie mondiale. Pour Anton Brender et Florence Pisani, la montée de l’inflation est liée à des phénomènes particuliers d’une époque particulière. Mais pas de quoi s’inquiéter.

La question est sur toutes les lèvres: après un effondrement de l’économie mondiale, le retour aux affaires va-t-il provoquer une hausse trop forte de l’inflation? En présentant leurs perspectives économiques pour Candriam le 16 juin, Anton Brender, chef économiste, et Florence Pisani, directrice de la recherche économique, veulent en tout cas se montrer rassurants.

Scrutant d’abord l’économie américaine, ils observent une forte remontée des ventes de détail, et carrément une explosion des achats de biens durables des ménages. Alors que les services redressent plus lentement la tête.

Un pic de revenus disponibles

Aux États-Unis, les aides directes aux ménages pour les pousser à consommer ont aussi créé un «pic de revenus disponibles qui a dépassé ce que les Américains auraient gagné s’il n’y avait pas eu de pandémie», note Anton Brender.

Il pointe le fait que les revenus les plus bas ont dépensé les sommes distribuées par l’État – pour rembourser des dettes –, alors que les ménages les plus riches ont accumulé de l’épargne, face à l’impossibilité de consommer au niveau qui est généralement le leur.

Il s’agit d’un phénomène temporaire, dont la Fed ne s’inquiète d’ailleurs pas.
Anton Brender

Anton Brender,  chef économiste,  Candriam

«Que vont faire les gens de cet argent?», s’interroge Anton Brender. «De ce comportement dépendra l’évolution de l’inflation aux États-Unis.» Son impression est toutefois que les ménages ne vont pas pouvoir dépenser tout ce qu’ils ont mis de côté. Et que, donc, l’inflation n’atteindra pas des niveaux ingérables.

Selon les calculs des analystes de Candriam, l’inflation pointera à 3,5% cette année, mais redescendra déjà l’an prochain. «Il s’agit d’un phénomène temporaire, dont la Fed ne s’inquiète d’ailleurs pas. Elle est consciente qu’il s’agit là d’une étape particulière de l’histoire des États-Unis, et ne compte pas agir.»

La situation économique a tendance à se redresser moins rapidement en Europe, mais, avec l’accélération de la vaccination, le retour des beaux jours s’amorce sérieusement. «On observe en effet plusieurs bonnes nouvelles», commente Florence Pisani. «Tous les indicateurs se redressent. La reprise est soutenue par un fort rebond de la demande, qui devrait aussi entraîner les investissements des entreprises.»

La reprise est soutenue par un fort rebond de la demande, qui devrait aussi entraîner les investissements des entreprises.
Florence Pisani

Florence Pisani,  directrice de la recherche économique,  Candriam

Les exportations ont également repris, et les soldes budgétaires redeviendront positifs dans les grands pays dès cette année. «Les revenus disponibles des ménages ont été assez préservés pendant la crise, et les indices de confiance connaissent un fort rebond. L’ensemble de ces éléments nous font penser que la consommation va se redresser», analyse Florence Pisani.