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Clinique du travail

Akenis veut réunir les experts du bien-être au travail



Stress, burn-out… La clinique du travail, qui vient de voir le jour à Steinfort, vise à soulager les salariés en souffrance au travail. Ici, celle de Libramont. (Photo: Akenis)

Stress, burn-out… La clinique du travail, qui vient de voir le jour à Steinfort, vise à soulager les salariés en souffrance au travail. Ici, celle de Libramont. (Photo: Akenis)

Réunir plusieurs experts sur un même site pour offrir un accompagnement complet en cas de souffrance au travail: tel est l’objectif de la clinique du travail Akenis, née fin mars entre Steinfort et Libramont. Elle démarre avec 11 professionnels, pour grandir au fil des années, avec une clientèle de particuliers et d’entreprises.

Au 6A de la rue Ermesinde, à Steinfort, se trouve un cabinet médical d’environ 18m2. À plusieurs kilomètres, de l’autre côté de la frontière, se trouve son faux jumeau belge de 20m2, à Libramont. Deux locaux en apparence anodins qui cachent un projet de taille: celui d’une clinique du travail, lancé par Isabelle Douny, clinicienne du travail, avec son conjoint Philippe Lecler. Le but final: réunir sur deux sites uniques, l’un en Belgique et l’autre au Luxembourg, différents professionnels pour un accompagnement complet en cas de souffrance au travail. «Nous sommes déjà en train de réfléchir pour initier quelque chose en 2022-2023» afin d’augmenter les capacités, précise Isabelle Douny.

Psychologues, sophrologues, kinésithérapeutes 

En attendant, la clinique compte déjà 11 professionnels au total, qui assurent une présence par alternance, à côté de leur activité habituelle. Un chiffre amené à évoluer en fonction de la demande. Parmi eux, des cliniciens du travail, sophrologues, psychologues, kinésithérapeutes, neuropsychologues, conseillers d’orientation, experts en nutrition… En tant que clinicienne du travail, Isabelle Douny avait l’habitude de recevoir beaucoup de frontaliers en consultation, d’où l’idée d’ouvrir un des deux sites à Steinfort.

Ils s’adressent aussi bien aux particuliers qu’aux entreprises. Pour atteindre la première cible, «nous avons fait parvenir des courriers datés du 23 mars à 800 médecins généralistes», dont 300 au Grand-Duché. Ce qui lui a déjà permis d’attirer, en plus du bouche à oreille, une dizaine de clients, dont six à Steinfort.

L’accompagnement démarre par un bilan, pour «identifier les problèmes rencontrés par le patient et voir comment nous pouvons répondre à ses besoins». Il est ensuite redirigé vers l’un ou l’autre spécialiste pour un suivi plus ou moins long, selon la demande. «Typiquement, pour le burn-out, cela se fait à long terme. La multidisciplinarité prend vraiment sens, car on ne va pas travailler que sur la tête, mais aussi sur le corps, pour une remise en condition physique.» Alors que le module de reconversion professionnelle prend en moyenne cinq à six séances.

Il s’agit de prestations payantes, sauf en cas de remboursement par la Caisse nationale de santé (CNS), ce qui n’est pour l’instant pas le cas pour la consultation de psychologues. Comptez environ 90 euros par séance. «Pour le moment, nous avons pris le parti de ne pas proposer de package. Nous voulons pouvoir faire du sur-mesure, nous n’allons pas traiter le burn-out de la même façon chez une personne que chez l’autre», explique Isabelle Douny. Mais elle n’exclut pas de faire évoluer le modèle pour certains cas, comme la reconversion.

Phase 2: les entreprises

Akenis compte aussi se faire une place au sein des entreprises, au travers d’audits pour évaluer ce qui peut nuire au bien-être des salariés, et de formations pour y remédier. Elle devrait lancer une seconde phase de communication spécifique avant le mois de juin. Elle vise «le secteur financier: je ne peux que constater dans la pratique qu’un grand nombre de patients en sont issus. De même en ce qui concerne l’informatique ou le secteur hospitalier.»

Les prix pour les entreprises dépendront également des situations (taille, moyens utilisés entre questionnaires, entretiens individuels, etc.). Mais, à titre indicatif, Isabelle Douny estime que, «pour un audit d’une entreprise d’une cinquantaine de personnes, ce sera plusieurs milliers d’euros».

Elle ne donne pas de détails sur le partage de l’activité attendu entre particuliers et entreprises, ou le chiffre d’affaires visé pour rentabiliser les investissements. Qui tournent autour de 10 à 12.000 euros pour le marketing et la communication, auxquels viennent s’ajouter les loyers des deux cabinets. Un modèle entre soins et formation, qui entre en concurrence avec les services de santé au travail comme ceux de coaching en entreprise. Le capital est détenu à 100% par le couple fondateur.

Le projet remonte à il y a un an et demi, mais se développe en pleine pandémie de Covid-19, dont l’impact se fait ressentir au niveau du bien-être des salariés . «Les choses sont encore plus difficiles maintenant, avec les nouvelles formes de travail. Cela nous a confirmé que notre démarche avait du sens.»