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Comptabilité

L’affacturage, un marché de niche au Luxembourg



David Van der Looven a noué un partenariat avec la CLC, ce qui a permis en 2020 de faire progresser les activités d’Edebex au Luxembourg. (Photo: Edebex)

David Van der Looven a noué un partenariat avec la CLC, ce qui a permis en 2020 de faire progresser les activités d’Edebex au Luxembourg. (Photo: Edebex)

La fintech Edebex, spécialisée dans la vente de créances d’entreprises à des investisseurs, a traité 45% de factures en plus en 2020 au Luxembourg, aidée par un partenariat avec la CLC.

Depuis huit ans maintenant, Edebex propose aux entreprises qui peinent à honorer leurs créances de les faire racheter par des investisseurs, avec à la clé un rendement moyen annuel annoncé de plus de 5%.

«En 2020, nous avons débuté un partenariat avec la CLC, qui a fait la promotion d’Edebex auprès de ses membres, cela nous a permis de gagner en notoriété et de marquer une croissance de 45%», explique David Van der Looven, CCMO et cofondateur de la fintech basée à Bruxelles.

Celle-ci est active sur les marchés belge, français, néerlandais, portugais et luxembourgeois. «Nous sommes les seuls à faire de l’affacturage au Luxembourg», souligne le responsable, avant de préciser qu’un acteur financier a cessé cette activité voici deux ans au Grand-Duché. Dans ce contexte particulier, «nous sommes en train de négocier un partenariat avec une banque au Luxembourg».

Le Covid-19, un incitateur au changement

Edebex assure via sa plateforme la rencontre entre les entreprises désireuses de vendre leurs créances de plus de 5.000 euros et les investisseurs en quête d’écouler leurs liquidités et d’éviter d’être pénalisés par le contexte des taux d’intérêt négatifs. Les créances disponibles sont validées et couplées à une garantie de capital de minimum 90%, assurée par Euler Hermes, une filiale d’Allianz.

Mais la crise du Covid-19 l’an dernier a rebattu les cartes: les assureurs-crédits ont diminué leurs positions et Edebex a été confrontée au défi d’obtenir les garanties. «Quand ils avaient l’habitude de se baser sur le bilan de l’entreprise qui date d’un an, voire un an et demi, nous avons dû livrer des chiffres beaucoup plus récents des trois derniers mois», pointe David Van der Looven.

Autre difficulté: la baisse de l’activité économique, et donc du volume de factures émises, et par conséquent du volume d’activité d’Edebex. Active depuis ses débuts auprès des TPE et des petites PME, l’entreprise a vu son volume fondre de 30% sur ce segment. Elle s’est réorientée vers les PME de plus grande taille avec de nouvelles spécificités.

Nous comptons maintenant des clients récurrents qui s’engagent sur 12 mois.
David Van der Looven

David Van der Looven,  CCMO et cofondateur,  Edebex

Deux nouveaux produits

Car tout est proportionnel: «Avec des factures autour des 500.000 euros, nous avons besoin d’investisseurs avec un portefeuille de 3 à 4 millions d’euros», illustre le cofondateur. Le profil des investisseurs a donc évolué, avec par exemple l’arrivée de fonds d’investissement en quête de diversification. «Nous comptons maintenant des clients récurrents qui s’engagent sur 12 mois, par exemple.»

Edebex a lancé deux nouveaux produits, l’un visant les PME de plus grande envergure avec un chiffre d’affaires compris entre 5 et 100 millions d’euros et l’autre ciblé sur les flux de trésorerie liés au Covid-19. Les fournisseurs sont payés directement tandis que les débiteurs peuvent régler leurs factures au-delà de l’échéance.

Globalement, Edebex revendique une croissance de près de 10% l’an dernier et assure qu’à la mi-mai 2021, le total cumulé des factures vendues affichait près de 660 millions d’euros au Luxembourg, contre 5 millions d’euros à ses débuts, en 2013. L’entreprise se dit en quête de nouveaux investisseurs disposés à acheter les factures, dont le volume mensuel a gonflé de 45% au Luxembourg par rapport à 2019.