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Dialogue social

Vives tensions autour du 26e jour de congé



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Le texte de loi est sujet à des interprétations très différentes. (Photo: Shutterstock)

Les deux réunions entre les syndicats, d’un côté l’ABBL, de l’autre l’Aca, ont tourné court. Les deux camps ont une lecture diamétralement opposée de la loi octroyant un 26e jour de congé aux salariés. Pour l’Aleba, il y a rupture de confiance.

Une commission paritaire s’est tenue mardi soir entre les syndicats et l’Association des banques et banquiers, Luxembourg (ABBL) au sujet de l’octroi du 26e jour de congé légal, voté par la Chambre à la fin du mois de mars. Sans parvenir à un accord.

Les deux camps sont même aux antipodes l’un de l’autre. À tel point que Laurent Mertz , secrétaire général de l’Association luxembourgeoise des employés de banque et assurance (Aleba), estime «qu’il y a rupture de confiance entre partenaires sociaux. Nous sommes occupés à analyser les recours légaux contre la position de l’ABBL et allons communiquer à ce sujet à nos membres.»

Tous ont droit à ce jour de plus, sans discrimination en raison de leur âge.

Laurent Mertz,  secrétaire général de l’Aleba

Le texte de loi, largement commenté en amont et voté à l’unanimité, semble sujet à des interprétations très différentes. D’un côté, les syndicats estiment que le jour de congé supplémentaire doit s’appliquer à tous les employés du secteur bancaire et des assurances.

De l’autre, l’ABBL estime que ceux de plus de 50 ans qui bénéficient de deux voire trois jours de plus (ceux de plus de 55 ans) ne sont pas concernés par ce jour supplémentaire décidé par le gouvernement.

«Nous, ce que nous disons, c’est que ces employés ont en réalité 25 jours de congé de base, plus quelques jours en fonction de leur âge. Tous ont droit à ce jour de plus, sans discrimination selon leur âge! Il est déplorable que l’ABBL ait recommandé à ses membres une autre interprétation», commente encore Laurent Mertz.

Le «ministère des Congés»

Lors d’une conférence de presse le 29 avril , Serge de Cillia , directeur de l’ABBL, avait déjà sèchement taclé le «ministère des Congés» et recommandait de n’octroyer en effet ce 26e jour qu’aux salariés de moins de 50 ans.

Une commission paritaire s’est également réunie à l’Association des compagnies d’assurance et de réassurance (ACA) ce mercredi matin, à la demande des syndicats et sur le même sujet. Laurent Mertz ne se faisait aucune illusion quant à son issue «qui sera évidemment la même que celle de l’ABBL». C’est bien ce qui a été le cas.

Trop de jours de congé pour l’Aca et l’ABBL

«Nous avons confronté le texte de loi à la convention collective du secteur de l’assurance, dans laquelle les salariés qui ont 25 jours de congés légaux sont ceux qui ont moins de 50 ans», a déclaré Marc Hengen , administrateur délégué de l’Aca, à Paperjam à l’issue de cette réunion.

En intégrant les nouveaux jours votés en 2019, le nombre total de jours de congé annuels dans les secteurs bancaire et assurantiel (congés légaux, jours de repos, jours fériés particuliers) s’élève entre 36 et 38,5 jours par an.

Trop, beaucoup trop pour les deux fédérations professionnelles, qui avaient déjà dit regretter «qu’une mesure sociale censée régler les situations moins avantageuses soit ainsi élargie selon le principe de l’arrosoir à tous les secteurs économiques. Il est également décevant qu’aucune consultation préalable n’ait précédé le projet de loi. En outre, les propositions de clarifications constructives proposées par la Chambre de commerce n’ont pas été reprises.»

Aussi dans le secteur de la santé

Mais il n’y a pas que dans le domaine des banques et des assurances que cela coince. Selon les informations de Paperjam, les dirigeants d’entreprise d’autres secteurs, notamment celui de la santé, renâclent à accorder à tous un 26e jour de congé.

Mais les négociations seraient toujours en cours, avec l’exigence de la part des syndicats d’une issue favorable en faveur de tous.