POLITIQUE & INSTITUTIONS — Justice

FinCEN, nouvelle enquête de l’ICIJ

2.000 milliards d’argent sale continuent à tourner



Les 2.100 fichiers de la cellule de renseignement financière américaine montrent comment des banques ont fait fi des règles antiblanchiment. (Photo: Shutterstock)

Les 2.100 fichiers de la cellule de renseignement financière américaine montrent comment des banques ont fait fi des règles antiblanchiment. (Photo: Shutterstock)

Plus de 2.000 milliards de dollars d’argent sale ont continué à être transférés d’une banque à l’autre malgré les interdictions et les contrôles, dit le Consortium international des journalistes d’investigation, dans sa nouvelle enquête parue ce lundi matin.

Les banques étaient prévenues. Cela ne les a pas empêchées de continuer à transférer des montants colossaux. C’est ce que dit la nouvelle enquête du Consortium international des journalistes d’investigation, ce lundi matin.

«Les documents divulgués, connus sous le nom de fichiers FinCEN, comprennent plus de 2.100 rapports d’activités suspectes déposés par des banques et d’autres sociétés financières auprès du Financial Crimes Enforcement Network du Département américain du Trésor. L’agence, connue sous le nom de FinCEN, est une cellule de renseignement au cœur du système mondial de lutte contre le blanchiment d’argent.»

Ces 2.100 rapports ne représentent que 0,02% des 12 millions de signalements reçus par le FinCEN, ce qui sous-entend que les montants sont potentiellement astronomiques.

Selon une analyse de l’ICIJ, les documents identifient plus de 2.000 milliards de dollars de transactions entre 1999 et 2017 qui ont été signalées par les responsables de la conformité interne des institutions financières comme un blanchiment d’argent ou une autre activité criminelle possible – dont 514 milliards de dollars chez JP Morgan et 1,3 billion de dollars chez Deutsche Bank», dit l’ICIJ.

Ces rapports «montrent des banques qui déplacent aveuglément de l’argent sur leurs comptes pour des personnes qu’elles ne peuvent identifier, ne signalant les transactions présentant toutes les caractéristiques du blanchiment d’argent que des années après les faits, faisant même des affaires avec des clients impliqués dans des fraudes financières et des scandales de corruption publique».

Le rapport pointe 85 opérations depuis ou vers le Luxembourg , en expliquant qu’il ne s’agissait que d’une sélection des 400 journalistes qui ont participé à cette enquête pendant 16 mois, pour 765 millions de dollars reçus et 640 millions de dollars renvoyés.

26 banques sont pointées pour la partie luxembourgeoise, dont Bank of China, qui a reçu le montant le plus spectaculaire des 85 transactions pointées (500 millions de dollars) ou Ubi Banca International (38 transactions sur 85). Ces transferts ne concernent pas que des banques «exotiques», puisqu’on y retrouve ING, la Spuerkeess ou la Banque de Luxembourg.

La plus grosse partie des transactions qui concernent le Luxembourg passait par la banque américaine The Bank of New York Mellon (558,4 millions reçus et 658,3 envoyés).