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Interview

Bettel ne veut plus entendre parler de LuxLeaks



Xavier Bettel: «Qu’on arrête de parler de LuxLeaks, j’en ai marre.» (Photo: Marion Dessard / archives)

Xavier Bettel: «Qu’on arrête de parler de LuxLeaks, j’en ai marre.» (Photo: Marion Dessard / archives)

Xavier Bettel ne veut plus entendre parler de LuxLeaks. Dans une interview publiée ce week-end par le journal belge L’Écho, il observe que chaque pays joue avec la fiscalité, pas uniquement le Luxembourg.

Avant sa participation au sommet de l’Otan à Bruxelles, Xavier Bettel a accordé une longue interview au quotidien belge L’Écho. «Le Luxembourg  n’est pas une île», a insisté le Premier ministre grand-ducal, estimant par exemple, au lendemain de l’attentat de Manchester, qu’aucun pays n’était à l’abri d’un acte terroriste. «Nous ne sommes pas un havre de paix.»

Dans le même entretien, Xavier Bettel réaffirme sa croyance dans une Europe unie - «Nous pensons encore et toujours que l’Europe est la solution» - mais insiste sur la possibilité de créer une Union à deux vitesses. «Je ne veux pas être pris en otage par un pays qui traîne les pieds, on doit avancer», a martelé le chef de l’exécutif.

Sur les dossiers fiscaux internationaux au sujet desquels le Luxembourg reste souvent pointé du doigt, Xavier Bettel a manifesté un ras-le-bol: «Qu’on arrête de parler de LuxLeaks, j’en ai marre», a lancé le Premier ministre, pointant des dossiers à Malte ou en France. Il estime d’ailleurs qu’avec les révélations à épisodes concernant ces dossiers fiscaux, «on a découvert, avec cette affaire, que chacun jouait avec la fiscalité».

Je ne suis pas le vautour qui a été tourner autour de Londres.

Xavier Bettel, Premier ministre

Dans le même esprit, il refuse une uniformisation des taux appliquée à l’ensemble des pays de l’Union et de devoir faire monter les taux de TVA parce qu’ils sont plus élevés dans d’autres pays. «Je me suis fait élire sur un programme et l’harmonisation fiscale n’en fait pas partie.»

Sur le Brexit, Bettel reste dans la position «soft» adoptée depuis le début par le Luxembourg. Il se réjouit de voir des sociétés s’installer dans le pays, mais continue à affirmer que le mieux est que Londres reste une place financière forte. «J’ai un grand nombre de sociétés qui prennent contact avec moi et qui viennent s’installer ici et je m’en réjouis. Mais je vous assure que je n’ai pas été le vautour qui a été tourner autour de Londres juste après le référendum», a encore précisé le Premier ministre.