ENTREPRISES & STRATÉGIES — Artisanat

Concours du meilleur créateur d’entreprise dans l’artisanat (4/5)

Vincenza Fuzio, l’opticienne qui voit la vie en couleurs



L’opticienne veut mêler art et mode dans son magasin de la rue Aldringen, dans la capitale. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

L’opticienne veut mêler art et mode dans son magasin de la rue Aldringen, dans la capitale. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

La Chambre des métiers récompensera, le 29 septembre, le Meilleur créateur d’entreprise dans l’artisanat 2021. Paperjam dresse le portrait des cinq nominés. Après avoir ouvert sa boutique en 2017, Vincenza Fuzio veut créer ses propres lunettes.

Vincenza Fuzio range quelques paires de lunettes dans sa petite boutique haute en couleur, nichée dans la rue Aldringen, à Luxembourg-ville. Elle porte une large monture bleue, aussi authentique que celles qui l’entourent. «À 10 ans, j’ai reçu mes premières lunettes», raconte-t-elle en s’installant derrière la grande table de bois. «Quand j’ai reçu ma deuxième paire à 12 ans, j’ai vu les opticiens en tablier blanc et j’ai dit à mes parents que je voulais faire la même chose.» Un métier qui lie «mode et santé» et où elle peut laisser parler son esprit artistique.

Après son bac, elle choisit donc de faire un apprentissage dans ce domaine. Et travaillera pour le même employeur de 19 à 47 ans. Tout se renverse quand ce dernier déménage de la Grand-Rue à la rue Aldringen. «Nous avons subi le chantier dans la rue et fermé le local parce que le propriétaire a résilié le bail», se souvient-elle. Sans emploi, en pleine séparation dans le domaine privé, elle décide de se lancer à son compte. L’ouverture d’Ottika Enza, le 1er décembre 2017, marque un nouveau départ. «J’ai eu la chance d’avoir le local juste à côté».

L’effet réseaux sociaux

En trois semaines, elle a transformé, avec son ami et associé, l’ancienne boucherie Emo en ce qu’elle aime appeler un «salon de l’optique». Il a tout de suite eu du succès malgré le chantier dans la rue et l’ouverture avec «un grand trou devant la porte». La fondatrice explique cela par la communication sur les réseaux sociaux et les modèles colorés et originaux qu’elle propose. «Nous sommes en positif depuis le début, chaque année avec un tout petit peu de croissance», dit-elle sans communiquer son chiffre d’affaires. Les résultats lui ont en tout cas permis, l’année dernière, de racheter des parts de son ami et associé, devenant propriétaire à 50% de l’entreprise. Ce qu’elle ne pouvait pas se permettre en 2017.

L’équipe n’a pas grandi: son premier salarié et ex-collègue reste fidèle au poste, et elle vient d’accueillir un nouvel apprenti pour remplacer le précédent.

Vincenza Fuzio compte désormais reprendre les événements pour présenter ses nouvelles collections. Et songe à lancer ses propres lunettes… «Je reviens d’un salon à Florence où j’ai rencontré deux grands créateurs qui m’ont proposé de collaborer avec eux», sourit-elle. Elle a déjà quelques idées de noms et de design. Et espère pouvoir les concrétiser dans le «courant de l’année prochaine».

Être plus grand ne veut pas dire être plus performant.
Vincenza Fuzio

Vincenza Fuzio,  fondatrice,  Ottika Enza

Elle ne quittera pas son local pour autant. «C’est un peu mon bébé, il m’a porté chance dans une très belle rue. Être plus grand ne veut pas dire être plus performant.» Son objectif n’est pas de «devenir riche. Je veux continuer à travailler de ma passion.» Un amour du métier qu’elle souhaite transmettre en participant à ce concours de la Chambre des métiers. Pour que l’artisanat ne soit pas la «poubelle de l’école». Les résultats seront révélés le 29 septembre.