POLITIQUE & INSTITUTIONS — Economie

Consommation mondiale

La viande fait de moins en moins recette



Les élevages bovins représentent une source importante d’émissions de gaz à effet de serre. Une moindre consommation de viande sera donc aussi bénéfique pour la planète. (Photo: Shutterstock)

Les élevages bovins représentent une source importante d’émissions de gaz à effet de serre. Une moindre consommation de viande sera donc aussi bénéfique pour la planète. (Photo: Shutterstock)

La consommation et la production mondiale de viande est en recul pour la seconde année consécutive, selon la FAO. La pandémie de Covid-19 joue son rôle dans ces statistiques, mais il pourrait aussi s’agir d’une tendance de fond. Au Luxembourg aussi, l’appétit des carnassiers semble diminuer.

Pour la deuxième année consécutive, les habitants de la planète devraient consommer moins de viande en 2020. Selon les prévisions de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), avec une moyenne estimée à 42,4kg par habitant, la consommation baissera de 3%.

La pandémie de Covid-19 n’y est évidemment pas pour rien. Les restaurants ont fermé et subissent toujours des contraintes, les entreprises de transformation et les abattoirs ont également dû prendre des mesures drastiques, de nombreuses fêtes ont été annulées, et le tourisme a fortement ralenti.

Ceci dit, en 2019 déjà, selon les estimations de la FAO, la consommation mondiale a reculé, passant de 44,6kg à 43,6kg. Et la tendance est la même pour la production planétaire. Après des décennies de hausse ininterrompue, on risque d’observer deux années de baisse consécutive, ce qui serait une première.

Ces dernières années, la hausse de la consommation de viande a surtout été tirée par la progression démographique et la montée en puissance d’une classe moyenne dans les économies asiatiques.

Or, le rapport de la FAO explique ce ralentissement par la réduction des élevages porcins en Asie à la suite d’une vaste épidémie de peste porcine africaine. Mais la production de viande de bœuf a aussi reculé, surtout aux États-Unis et en Australie.

Selon les statistiques de la FAO, la production de viande porcine chutera de 8% cette année au niveau mondial et de 20% en Chine. La baisse sera moins significative pour la viande bovine, avec un recul de 0,8%.

Traditionnellement, les Luxembourgeois ont toujours été de grands consommateurs de viande. Mais selon les chiffres du Service d’économie rurale du ministère de l’Agriculture – à jour jusque 2017 –, la tendance est légèrement à la baisse depuis le début de la décennie. En 2017, la consommation par habitant a été de 85,9kg contre 92kg 10 ans auparavant. La moyenne OCDE est, quant à elle, de 70kg par habitant.

Certains voient désormais dans cette tendance à la baisse le franchissement d’un pic de consommation de viande et un recul sur le long terme. Il sera en tout cas bénéfique pour la lutte contre le changement climatique.

L’élevage représente la première source d’émission de gaz à effet de serre avec un total de 15%. Les bestiaux, notamment, sont de grands émetteurs de gaz à effet de serre, notamment de méthane, vingt fois plus nocif que le CO2. Mais il faut aussi faire rentrer dans ces statistiques l’espace nécessaire à cette activité qui contribue fortement à la déforestation.