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Offensive russe en Ukraine

Ukraine: Yuriko Backes appelle à une «réaction forte»



La ministre des Finances luxembourgeoise demande une réaction déterminée de l’UE après les massacres de Boutcha. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne/Archives)

La ministre des Finances luxembourgeoise demande une réaction déterminée de l’UE après les massacres de Boutcha. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne/Archives)

Le massacre de Boutcha reste au centre des inquiétudes sur la scène internationale. À la réunion de l’Ecofin, Yuriko Backes a demandé une réaction forte de l’UE. Sur le terrain, l’Ukraine s’attend à une offensive russe dans le Donbass.

«Il n’y a pas de mots assez forts pour condamner les atrocités commises par l’armée russe à Boutcha». La ministre des Finances luxembourgeoise, Yuriko Backes (DP), s’est indignée des massacres à Boutcha lors des réunions de l’Eurogroupe et du Conseil Ecofin qui se sont tenues à Luxembourg lundi et mardi. Des discussions dominées par la guerre en Ukraine et ses répercussions économiques. Elle demande une «réaction forte et déterminée de l’Union européenne (UE)».

Justement, la Commission a proposé mardi une cinquième salve de sanctions contre Moscou . Parmi les mesures, l’arrêt des achats de charbon russe, qui représentent 4 milliards d’euros par an, la fermeture des ports européens aux bateaux russes ou encore l’interdiction d’importer certains produits dans des secteurs où la Russie est vulnérable comme les semi-conducteurs. Ce nouveau paquet doit maintenant être validé par les 27 pays membres.

Selon plusieurs médias, qui citent une source proche du dossier, une discussion entre les États-Unis, l’UE et le G7 est d’ailleurs prévue ce mercredi pour se coordonner sur des sanctions supplémentaires. Les États-Unis souhaitant interdire tout nouvel investissement en Russie. Ils ont également annoncé mardi débloquer une aide sécuritaire à l’Ukraine jusqu’à 100 millions de dollars.

À la suite des massacres de Boutcha, plusieurs pays (Italie, Espagne et Slovénie) ont suivi la France et l’Allemagne, qui avaient été les premiers à expulser en masse des diplomates russes. 200 ont ainsi dû quitter l’Europe en 48 heures.

Des craintes pour le Donbass

En attendant, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, demande à l’Onu d’agir «immédiatement» contre la Russie au regard de ses «crimes de guerre». Ce sont les termes qu’il a employés devant le Conseil de sécurité de l’institution, mardi. Il a dénoncé l’inaction de l’Onu et réclame l’exclusion de Moscou du Conseil de sécurité.

Depuis que les troupes russes se sont retirées de Kiev et de ses environs, des corps de civils continuent d’être découverts. À Borodianka, à 60 kilomètres à l’ouest de Kiev, le bilan humain pourrait être pire qu’à Boutcha.

Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, pointe du doigt une «campagne délibérée pour tuer, torturer, violer» à Boutcha. Ce que les Russes nient toujours, assurant qu’il s’agit d’une manipulation.

Après avoir quitté Kiev, la Russie se prépare à prendre le contrôle de l’ensemble du Donbass selon le secrétaire général de l’Otan. Afin de réaliser un «pont terrestre avec la Crimée», annexée en 2014 par Moscou. Mardi, la principale ligne de front de la région était stable selon la presse internationale, mais dans l’attente d’une offensive russe imminente.

La guerre, qui a commencé il y a maintenant 42 jours, a fait fuir plus de 4,2 millions d’Ukrainiens de leur pays. Et tué 1.480 civils selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme.