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Les trois «ingrédients» de la confiance en soi



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Pour son 13e livre, le philosophe Charles Pépin se penche sur les ressorts de la confiance en soi. (Photo: Allary Éditions)

La confiance en soi n’est pas la seule maîtrise de compétences très ciblées. Trois niveaux se superposent, que décrit très bien le philosophe Charles Pépin dans «La confiance en soi», à partir des écrits des philosophes et de témoignages. Un ouvrage à méditer.

Il vendrait des chauffages dans le désert. Des frigidaires au Pôle Nord. Des glaces aux Esquimaux. Des averses aux Bretons. Les exemples vantant les charmes de ceux qui semblent avoir une inébranlable confiance en eux ne prennent que quelques pages dans le dernier ouvrage de Charles Pépin.

La confiance en soi, ce n’est pas ça, explique-t-il en substance. Mais d’abord la confiance en l’autre, puis la confiance en ses capacités, et enfin la confiance en la vie.

«Tout part peut-être de là, d’ailleurs: il faut y aller avec la fraîcheur d’un enfant, faire confiance sans même savoir à quoi», assure le Français dans son préambule.

Il rappelle que la confiance dans l’autre est presque innée. L’enfant naît avec. Il a confiance – par défaut – en ceux qui vont le nourrir et prendre soin de lui avant de pouvoir être autonome.

Le cap des 10.000 heures de son art

S’il y rappelle les théories d’Anders Ericsson selon lesquelles il faut 10.000 heures de pratique de sa compétence de base, le tennis pour Serena Williams ou la danse pour Madonna, mieux vaut se souvenir que cela ne suffit pas à gagner la finale d’un tournoi du Grand Chelem ou le cœur des fans au stade de France...

L’autre élément déterminant est la capacité non pas à choisir, mais à décider. Choisir implique de comparer de manière rationnelle plusieurs options avant d’en retenir une. Décider implique de s’engager, même dans une option en apparence moins bonne, avec le sentiment instinctif que cela peut amener à un avenir meilleur.

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«La confiance en soi» est disponible aux éditions Allary Éditions. (Photo: Allary Éditions)

Se faire confiance d’abord.

Certains passages résonnent étonnamment dans la société de services luxembourgeoise. Comme ce rappel de l’Américain Matthew Crawford. «La génération actuelle de révolutionnaires du management s’emploie à inculquer de force la flexibilité aux salariés et considère l’écho artisanal comme un obstacle à éliminer. On lui préfère de loin l’exemple du consultant en gestion, vibrionnaire d’une tâche à l’autre et fier de ne posséder aucune expertise spécifique.»

«Tout comme le consommateur idéal, le consultant en gestion projette une image de liberté triomphante au regard de laquelle les métiers manuels passent volontiers pour misérables et étriqués.» Pourtant, cela ne fabrique que des salariés qui vivent avec une réalité qu’ils ne connaissent pas...

Ce livre conçu comme le chemin d’un pèlerin vers le Saint-Jacques-de-Compostelle de la confiance en soi parle forcément à chacun d’entre nous, dans son envie naturelle d’être meilleur tout en se fiant à son instinct.

Une piqûre de rappel saine à l’heure où les «soft skills» deviennent de plus en plus prioritaires, au détriment des lignes de diplômes et de certificats des CV.

«La confiance en soi», par Charles Pépin, aux éditions Allary Éditions , 240 pages. Prix moyen: 18,90 euros.