POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

ÉLECTIONS SOCIALES

Plusieurs syndicats, une même satisfaction



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Patrick Dury, le président du LCGB, évoque un scrutin historique pour son syndicat. (Photo: Matic Zorman)

Les élections des délégations du personnel n’auront pas apporté de grands changements au niveau du paysage social. L’OGBL reste globalement le premier syndicat du pays, même s’il ne domine pas toutes les catégories. Mais le LCGB a aussi obtenu de bons résultats, et même réussi un petit exploit.

La soirée électorale de ce mardi a été longue. Souvent tendue aussi dans les QG des syndicats alors que les résultats des élections des délégations du personnel tombaient , source de satisfaction ou de déception. Et ce n'est pas fini, puisque les opérations de comptage ne sont pas terminées.

Mercredi en fin d'après-midi,  le site internet officiel de l’Inspection du travail et des mines  indiquait qu’un peu plus de 2.183 entreprises avaient encodé les résultats, sur environ 3.800 de plus de 15 employés où un vote devait avoir lieu. Encore insuffisant pour tirer des conclusions définitives, d’autant que les urnes de quelques entreprises de grande taille étaient encore en souffrance, mais assez pour deviner quelques grandes tendances.

52% d’élus non syndiqués

La majorité des délégués du personnel qui siégeront au cours des cinq années à venir ne font pas partie des syndicats les plus connus (OGBL, LCGB, Aleba, CLSC, SEA, NVGL…). Dans leur immense majorité, ils sont vierges de toute affiliation, mais ont été élus, car soutenus et présentés par un groupement de salariés, au moins 5 dans les entreprises qui ont de 15 à 99 salariés.

Ils représentaient déjà un peu plus de 52% des élus. En ne tenant compte que des élus effectifs affiliés à une organisation syndicale, ce sont ceux de l’OGBL qui sont en tête (26,17%), suivis du LCGB (16,09%). Les autres syndicats sont soit sectoriels, soit de très petite taille.

André Roeltgen , président de l’OGBL, n’a cessé de répéter au cours de la campagne que son syndicat «était le premier du pays, comptait bien le rester et espérait même renforcer sa position». L’objectif est atteint. En effet, l’OGBL domine la plupart des secteurs. Et connaît même de belles progressions, notamment dans la santé, où il dépasse les 54% (pour 11,29% au LCGB).

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L'OGBL, en nombre de délégués, restera le premier syndicat du pays. (Photo: Nader Ghavami)

Il garde aussi assez nettement la main dans le secteur de l’industrie, une de ses baronnies, et de l’action sociale. Alors que les chiffres étaient encore partiels, l’OGBL comptait déjà 1.661 candidats effectifs et 1.477 suppléants élus, alors que 5.200 étaient inscrits sur les listes.

Le LCGB prend ArcelorMittal Dudelange

De son côté, le LCGB alignait 3.750 candidats. 984 effectifs et 884 suppléants avaient été élus alors que le dépouillement restait partiel. Le syndicat de  Patrick Dury  était en tête dans le secteur du transport avec 26,38% des élus effectifs pour 20,44% à l’OGBL. Tandis que le secteur du commerce était le lieu d’un combat assez équilibré: 23,03% d’élus effectifs pour l’OGBL et 17,93% pour le LCGB.

C’est tout simplement historique: le LCGB est le premier syndicat du pays dans le domaine de la sidérurgie.

Patrick Dury,  Président,  LCGB

On notera une prise de guerre de taille: la majorité au sein d’ArcelorMittal Dudelange. Les 6 délégués étaient jusque-là répartis équitablement avec l’OGBL (3-3). Mais cette fois, le LCGB s’est emparé d’un poste de plus. «C’est tout simplement historique», relève Patrick Dury. «Nous sommes aussi majoritaires au niveau d’ArcelorMittal Administration et ArcelorMittal Differdange. Le LCGB est le plus grand syndicat sidérurgique du pays. En tant qu’ancien sidérurgiste moi-même, j’en suis très fier.»

Autre motif de satisfaction: la percée au sein de l’entreprise Félix Giorgetti (3 sièges sur 12) et le bon comportement dans le secteur garage, «notamment avec la majorité chez Rodenbourg, où on présentait une liste pour la première fois». Sans oublier que «le LCGB est majoritaire dans les quatre départements de chez Dussmann». Enfin, satisfaction aussi dans les banques, «où nous avons pour le moment 132 mandats contre 89 voici cinq ans».

Selon des chiffres non encore officiels dont disposait son président, le LCGB serait majoritaire au sein de Cargolux (10 délégués sur 16) et de Luxair (14 délégués sur 20).

Soulagement à l’Aleba

L’Aleba, principal syndicat du secteur bancaire et des assurances, dispose d’une courte majorité à la Chambre des salariés (CSL), dont il fallait aussi renouveler les 60 membres. Les résultats ne tomberont que dans quelques semaines, mais l’élection des délégations allait être indicative de la vitalité du syndicat. Certains annonçaient que son étoile pâlissait dans les banques et dans les assurances, au point d’annoncer une débandade. Il n’en sera rien. Avec 235 effectifs et 225 suppléants élus, l’Aleba glanait 31,08% des délégués. Un ratio plus que satisfaisant pour l’état-major syndical qui présentait 960 candidats dans 116 entreprises. L’OGBL atteignait 17,72% des délégués effectifs  et le LCGB 13,22%. 

On nous annonçait la Bérézina, cela n’a pas été le cas.

Laurent Mertz,  Secrétaire général,  Aleba

«Nous nous sommes très bien comportés dans les petites structures où on compte de 1 à 5 délégués. La tendance est très positive», analyse Laurent Mertz , le secrétaire général du syndicat. D'autant que les résultats dans les sociétés de grande taille sont en général assez bons également. À la Société Générale Bank & Trust, l'Aleba grappille un poste de délégué à l'OGBL pour, effectifs et suppléants confondus, «disposer de 28 postes sur 30.»

Chez Clearstream, le syndicat sectoriel dispose toujours de 13 postes sur 22, «malgré un gros plan de restructuration. On a aussi nos 8 sièges sur 10 à la State Street, 9 sur 11 à la KB. On a 5 délégués sur 15 chez RBC pour 4 sur 16 auparavant, c'est donc une progression claire.»

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Certains annonçaient une déroute pour l’Aleba. «Ce n’est pas le cas», se réjouit Laurent Mertz. (Photo: Matic Zorman)

Deux ombres au tableau cependant. Une perte de 2 sièges à la BIL. «Il y avait traditionnellement 3 listes là-bas, mais 4 cette fois-ci. Cette nouvelle venue a eu 2 sièges, tous les 2 venus de chez nous», analyse Laurent Mertz. 

Laurent Mertz attend maintenant les résultats de la CSL. «Pour un syndicat sectoriel, avoir une majorité dans les délégations du personnel mais ne pas l’avoir à la CSL serait paradoxal», conclut-il. Mais aussi un peu gênant dans le cadre de négociations.