PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Marchés financiers

Les perspectives des marchés de J.P. Morgan AM

Toujours aussi peu d’alternatives aux actions



Après une décennie assez exceptionnelle, J.P. Morgan AM s’attend à une baisse du rendement des actions aux alentours de 5% à 6% l’an pour la décennie à venir. (Photo: Shutterstock)

Après une décennie assez exceptionnelle, J.P. Morgan AM s’attend à une baisse du rendement des actions aux alentours de 5% à 6% l’an pour la décennie à venir. (Photo: Shutterstock)

Malgré une baisse prévisible de leur rendement et une hausse de la volatilité, les actions restent le meilleur placement possible, selon Vincent Juvyns, le global market strategist de J.P. Morgan Asset Management.

Dans un contexte où les taux et l’inflation sont désormais orientés à la hausse, la question centrale pour les investisseurs est de savoir s’il vaut mieux être positionnés sur les actions ou sur les obligations.

Pour Vincent Juvyns, seules les actions, aujourd’hui, offrent tout à la fois, du rendement et une couverture relativement efficace contre l’inflation. Pour lui, «la hausse des taux d’intérêt est compatible avec la hausse des marchés financiers», tandis que «le chiffre d’affaires des entreprises est corrélé à l’inflation».

Le seul bémol à apporter aux perspectives des marchés actions est l’actuel niveau de valorisation. Et si le stratégiste ne pense pas que les marchés sont trop chers, il les estime quand même très chers, «en tous cas plus chers que les moyennes historiques, et ceci constitue un frein à leur performance future».

Si on arrive à des rendements de 5% à 6%, ce sera très bien.
Vincent Juvyns

Vincent Juvyns,  global market strategist,  J.P. Morgan Asset Management

Pour Vincent Juvyns, une période vient de s’achever à la fin de l’été: celle des marchés actions qui font des performances à deux chiffres avec une volatilité très faible. Pour 2022 et les 10 années qui vont suivre, il s’attend à une remontée de la volatilité et à une baisse des rendements. «Si on arrive à des rendements de 5% à 6%, ce sera très bien. Avec une volatilité de 20%, et qui pourrait bien dépasser les 30% à certains moments, ce n’est pas un scénario rose que je décris. C’est un scénario relativement prudent avec la forte conviction que le risque est bien rémunéré en marchés actions.»

Après des années 2020 et 2021 exceptionnelles, portées d’abord par l’évolution des multiples soutenus par l’espoir que l’économie allait se normaliser, puis par une croissance des résultats à un niveau «rarement vu» – un effet de rattrapage post-pandémie –, Vincent Juvyns s’attend à ce que les dividendes (qui représentent entre le quart et la moitié des gains des actions sur longue période) prennent le relais, portés par la croissance économique qui se tasse, mais reste robuste, estimée entre 4% et 4,9% en 2022, et des prévisions de progression des bénéfices comprise entre 8% et 10%. «Un niveau supérieur à la moyenne historique de ces 10 dernières années.»

Si les performances boursières vont rester positives, elles deviendront plus modestes, conclut Vincent Juvyns.

Le retour de la volatilité

Le retour de la volatilité tient, quant à lui, à plusieurs facteurs: les prises de plus-value sur les marchés actions après 18 mois de hausse, les disruptions des chaînes logistiques, le retour de l’inflation qui pèse à la fois sur les marges des entreprises et sur le pouvoir d’achat des ménages, la remontée des taux longs sur les marchés, le resserrement programmé des politiques monétaires des grandes banques centrales, la croissance chinoise et les tensions géopolitiques sino-américaines.

Alors que les marchés actions ont une dynamique de rendement tout à fait positive et visible, la situation est très différente pour les obligations et le cash. Pour ce dernier, la période 2021-2023 sera sans doute une des pires années. «Avec un rendement proche de zéro et une inflation qui redémarre, en termes de rendement réel, c’est la catastrophe.»

Et la situation semble similaire pour le marché obligataire, menacé par la hausse des taux, et où les rendements restent contraints par les évolutions des politiques monétaires. À part dans les produits à duration courte, dans les segments des obligations «high yield» et dans les convertibles. Des segments dont la corrélation avec les marchés actions est très élevée, ce qui n’est pas un hasard.