PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Fintech

Sur la plage de KPMG

Tokeny remporte les 4es Fintech Awards



La start-up luxembourgeoise Tokeny a remporté la quatrième édition des Fintech Awards, organisée mercredi soir chez KPMG. Une bonne nouvelle, qui arrive juste après une levée de fonds.

La quatrième édition des Fintech Awards était particulièrement importante pour Tokeny, qui espérait s’en servir comme d’un levier pour boucler sa nouvelle levée de fonds. «Hélas», le nouveau tour de table, dont des détails seront communiqués à la rentrée, était bouclé bien avant.

Le premier prix du concours organisé par KPMG et la Lhoft, et qui se termine sur sa plage, servira donc à essayer de convaincre de nouveaux clients, si possible luxembourgeois et dans l’industrie des fonds, d’embrasser cette plate-forme de tokenisation des assets. La start-up hébergée dans la Lhoft est sur une trajectoire très dynamique: de 1 million d’euros de chiffre d’affaires l’an dernier, elle devrait dépasser les 2 millions d’euros cette année, et vise 18 millions d’euros d’ici 2022.

Cette plate-forme «end-to-end» offre des solutions d’émissions de ces securities, mais aussi de transferts et des services associés. À la différence d’autres solutions, non seulement elle est opérationnelle depuis deux ans, mais elle a été conçue pour être opérationnelle partout sur la planète.

Cinq regtech sur 10 finalistes

Ses 34 premiers clients sont d’ailleurs sur les cinq continents. «Nous sommes un acteur global», se réjouissait avec simplicité Matthieu Cottin, à qui le CEO Luc Falempin avait laissé le soin de défendre les chances de Tokeny, mercredi soir.

Au pied du phare – la Lighthouse de KPMG lancée à l’ICT Spring –, pas de ministre des Finances qui tombe la cravate dans un geste inattendu, comme l’an dernier, mais son directeur du développement et de la promotion de la place financière, Tom Théobald. «Il aurait aimé être là», assure-t-il, à l’entame de la cérémonie protocolaire, avant de remarquer que cinq des 10 finalistes sont des regtech, «signe de la volonté de l’écosystème d’apporter des solutions au centre financier luxembourgeois».

C’est aussi le cas de la start-up qui s’est classée troisième de ce concours, auquel 194 start-up de 33 pays ont postulé: Uniken propose une solution de cybersécurité pensée pour être facile pour l’utilisateur final des services bancaires et financiers.

Uniken et la technologie militaire américaine

«Je suis venu au Luxembourg pour la première fois, et je suis très impressionné par l’écosystème», explique Robert Levine, son directeur des opérations et en charge du business development. Née d’applications militaires américaines, Uniken réunit des technologies pour combattre la fraude et les hackers en préservant la simplicité pour l’utilisateur.

En deux ans et demi, elle a rendu plus sûres des transactions pour un montant de 5.000 milliards de dollars et trois milliards d’interactions «avec zéro fraude ou problème», a dit M. Levine sur scène, une heure plus tôt.

Comme l’année dernière avec BitValley, de Maria Mateo Iborra, le jury a récompensé une start-up qui travaille sur l’épineuse question de l’assurance des agriculteurs africains. À la différence de la lauréate du prix de l’inclusion financière en 2018.

L’inclusion financière encore à l’honneur

Oko facilite l’adoption de sa solution en passant par le smartphone et le SMS du côté des agriculteurs et utilise les données gratuites d’observation de la Terre de la britannique TamSat pour vérifier qu’il a assez plu ou pas, et pouvoir automatiquement payer une indemnité aux agriculteurs touchés par la sécheresse.

Oko sera prochainement intégrée aux services proposés par Orange au Mali, premier véritable test pour la fintech.

Enfin, dans le cadre du lancement de leur outil au service de l’intelligence artificielle, KPMG décernait le Prix KPMG Light House à une start-up «data-driven». Nicolas Meric avait déjà quitté le Luxembourg quand Pascal Denis annonçait la victoire de DreamQuark, dont la solution Brain a déjà séduit une quarantaine de clients, 23 en France et trois au Luxembourg. Elle s’intéresse au contrôle de l’intelligence artificielle et de ses développements.

Dans son introduction, le ministre délégué à la Digitalisation, Marc Hansen , s’était félicité du rôle des fintech dans le développement du secteur financier, mais aussi de la capacité du Luxembourg à reconnaître les solutions innovantes à mettre au service du changement. Le ministre venait de citer la mise sur pied de ce nouveau ministère, la première «data embassy» de l’Estonie, l’initiative Infrachain et la première blockchain publique, ou encore la récente stratégie «human centric» autour de l’intelligence artificielle.

Comme autant de jalons d’une économie qui se réinvente. Même au point d’installer une plage au beau milieu du quartier d’affaires du Kirchberg.