ENTREPRISES & STRATÉGIES — Commerce

Une semaine après le rush

Des supermarchés organisés, des clients disciplinés



Les rayons du produit vedette de la semaine dernière, le papier toilette, étaient pleins. (Photo: Shutterstock)

Les rayons du produit vedette de la semaine dernière, le papier toilette, étaient pleins. (Photo: Shutterstock)

Fléchage, sécurité, consignes et des produits en rayon: les supermarchés s’étaient organisés, ce samedi matin. Et les clients ont suivi les procédures, dans un silence grave. Ambiance, dans un contexte pesant de pandémie de coronavirus.

Le Pall Center d’Oberpallen attire toujours beaucoup de monde, du Luxembourg mais aussi de Belgique. Ce samedi matin à 7h50, il n’y a pourtant que quelques voitures présentes sur le parking, 10 minutes avant que les portes ne s’ouvrent. Le signe évident d’un samedi qui sera sans doute plus calme que les autres. Et même que certains jours précédents.

«Jeudi encore, il y avait beaucoup de monde dans le magasin», explique une caissière à une cliente qui l’interroge à ce sujet. «J’ai dû faire appel à une collègue en renfort durant une heure et demie.» Mais depuis lors, le rythme s’est calmé.

Ce samedi matin, les clients ne font preuve d’aucun énervement. Certains portent des gants, plus rarement un masque. Une distance de sécurité d’un mètre est d’application, et le paiement électronique est privilégié.

Petit mot sympa, au Pall Center, à l’intention des employés qui veillent à ce que tout le monde puisse s’approvisionner. (Photo: Paperjam)

Il n’y a d’ailleurs aucune raison de se précipiter, puisque les rayons sont bien garnis. Pommes de terre, pâtes, papier WC, gel désinfectant pour les mains... Rien ne manque. Sauf les gants en plastique, en «rupture de stock momentanée». Et on nous assure que l’approvisionnement continuera à être régulier.

«Vous ne touchez à rien!»

«Vous ne touchez à rien! Vous ne touchez à rien! Le coronavirus est partout! Vous ne touchez à rien!» Occupée à ranger ses courses, au Lidl de Bertrange, cette maman aura beau répéter ses consignes, un joyeux trio chante «Au clair de la lune» en allant d’un endroit à un autre sans se préoccuper de ce virus de grands.

«On a le droit de venir au supermarché?», questionne sans détour une autre cliente, vaguement inquiète.

«On fait comme on peut, surtout! Allez, venez les enfants!», répond la première, en haussant les épaules avec douceur.

Chez Lidl, l’entrée se fait par une porte unique, en bas, avec un vigile qui filtre le nombre de clients et qui oblige à prendre un chariot pour s’assurer que tout le monde conserve une distance de sécurité. (Photo: Paperjam)

Il n’y a pas d’animosité. Nulle part. Les clients suivent les consignes des agents de sécurité, pas toujours bien protégés, quand il y en a. Chez Lidl, par exemple, obligation de prendre un chariot, «pour respecter les distances de sécurité», dit le vigile, qui a un peu de mal à organiser les entrées et les sorties.

Parce qu’au parking inférieur du magasin, seule entrée ce samedi, il compte les clients. Les autres attendent devant la porte.

Facetime avec madame pour s’orienter

Monsieur est dans les rayons, madame à la maison, qui lui donne les instructions en temps réel via Facetime. Scène de la vie ordinaire. (Photo: Shutterstock)

À l’intérieur, un monsieur d’une soixantaine d’années peste contre son épouse, avec qui il est en conversation sur Facetime. Elle rigole à la maison pendant qu’il suit les consignes à la lettre.

Les rayons sont assez remplis de tout, et les caddies sont loin de déborder. À la caisse, une vitre en plexiglas protège vaguement la caissière, qui a des gants.

Chez Delhaize, les barrières sont levées. Pas besoin de toucher à un distributeur de ticket ou une machine pour payer. (Photo: Paperjam)

1 / 5

À l’entrée du Delhaize, un parcours fléché au milieu des produits de Pâques, pour entrer dans le magasin. (Photo: Paperjam)

2 / 5

Les pistolets à scanner soi-même ses produits ont été désactivés, pour ne pas passer de mains en mains. (Photo: Shutterstock)

3 / 5

Là encore, les rayons sont remplis au fur et à mesure que les clients les vident. (Photo: Paperjam)

4 / 5

En tête de gondole, les pâtes ne manquent pas. (Photo: Paperjam)

5 / 5

À 50 mètres de là, chez Delhaize, les barrières du parking ont été levées, et un parcours fléché permet d’entrer. Les pistolets pour scanner les produits ont été désactivés. Les employés s’activent à remplir les rayons. Il y a assez de tout, mais on sent que les décorations et les produits pour Pâques cachent une certaine difficulté à suivre le rythme des achats. Difficile de se faire une vraie idée, puisque le remplissage est incessant.

En tête de gondole, produit phare du week-end précédent, les pâtes sont mises en évidence, comme les packs d’eau, qui sont en plein milieu, comme un message.

«Pour l’instant, c’est calme!», dit la caissière, qui regarde sa montre, en ajoutant aussitôt: «Vous allez voir que, tout à coup, ils vont s’apercevoir qu’il est déjà tard et que demain, la plupart des trucs seront fermés. J’espère qu’ils ne vont pas tous venir au dernier moment.»

À l’entrée du Cactus Belle Étoile, un parcours digne de Disneyland pour canaliser les entrées et les sorties des clients. Dans le calme. (Photo: Paperjam)

Discipline de fer chez Cactus

Chez Cactus à la Belle Étoile, le parking est loin d’être rempli. Deux des trois portes d’entrée renvoient vers la troisième, où attend le plus imposant dispositif. «Allez vers la droite!», glisse gentiment le vigile. Un parcours comme les files d’attente de Disneyland permet de voir que la plupart des boutiques sont fermées, à l’exception du boucher. 

À l’intérieur, c’est presque l’opulence. De tout, partout. Les portes vers les stocks sont bloquées afin d’éviter la multiplication des contacts. Tous les employés ont dû être briefés, puisque la quasi-totalité d’entre eux porte masques et gants en latex.

Et partout, des employés occupés à tout mettre en place, probablement pour le rush du samedi après-midi pluvieux. (Photo: Paperjam)

Des gestes sont entrés dans le naturel. Une sorte de courtoisie prudente, les gens laissent passer un autre client, un autre chariot.

À la caisse, le dispositif a été renforcé pour que les clients soient vraiment éloignés les uns des autres. Faute d’avoir fait attention, un client est rappelé à l’ordre. «Reculez, monsieur!», lui demande la caissière, avant de soupirer. «Le masque sur le nez, je n’arrive pas. C’est le plus pénible. Mais on va faire avec!»

Tous les rayons semblent remplis. Comme ils l’ont annoncé en milieu de semaine, les distributeurs montrent qu’ils ne manquent de rien pour leurs clients.  (Photo: Paperjam)

C’est samedi. Il pleut. Le coronavirus est dans tous les esprits.