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Startalers encourage les femmes à investir



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Gaëlle Haag: «On veut favoriser la sororité entre les femmes qui investissent et celles qui créent.» (Photo: Dominika Montonen)

Privilégier l’épargne à l’investissement tout au long d’une carrière, comme le font beaucoup de femmes, peut coûter plus d’un million d’euros! Startalers développe une application pour encourager les femmes à investir et les guider. Rencontre avec Gaëlle Haag, CEO de l’entreprise.

Pourquoi s’intéresser à l’investissement féminin?

Gaëlle Haag. – «J’ai travaillé dans le secteur de la gestion privée pendant six ans. Le temps de m’apercevoir que la banque privée est dépassée – l’âge moyen des clients y est de 65 ans – et qu’il y a un vrai besoin de démocratisation. J’ai alors assisté à une conférence sur les femmes et la finance où des financiers venus des pays scandinaves ont évoqué le segment de la clientèle féminine, complètement ignoré chez nous, alors que plus de 40% de la richesse dans le monde est détenue par des femmes. Un chiffre en croissance continue.

Comment vous est venue l’idée de lancer Startalers?

«J’ai pris conscience que, malgré mon expérience dans la finance, je ne faisais rien de mon argent, principalement faute d’envie de dédier le peu de temps que j’avais pour sélectionner des potentiels investissements. Un constat partagé chez mes amies. Ça a été un déclencheur.

En moyenne, les femmes disposent de 40% de capital en moins par rapport aux hommes à la retraite, alors qu’elles vivent cinq ans de plus. Veuves, elles ont les mêmes charges, mais avec moins d’argent et plus de dépenses de santé. Cette précarité touche deux tiers des femmes. Et personne ne se positionnait sur cette problématique.

Quelles sont les missions de votre chatbot, Donna?

«L’objectif de Donna est d’être la conseillère financière des femmes. Elle doit mettre en place un portefeuille et les amener vers des investissements qui font sens, notamment vers des fonds ou des entreprises qui témoignent de leur engagement en faveur de la diversité de genre, ou qui ont été créés par des femmes. On veut favoriser la sororité entre les femmes qui investissent et celles qui créent. D’autant que les entreprises gérées par des femmes présentent souvent un rendement supérieur!

L’application sera déployée sur les marchés belge, français et luxembourgeois, et ouverte à tous.

Gaëlle Haag,  CEO,  Startalers

Le chatbot est accessible via Messenger. Il est gratuit et se concentre aujourd’hui sur une mission d’éducation financière, pour sensibiliser et poser les bases. Donna évoluera ensuite, quand notre application sera agréée, vers une mission de conseil en investissement. Elle sera alors capable de définir les objectifs des femmes et d’y répondre.

Quel est le modèle économique de Startalers?

«Nous allons simplement prendre un pourcentage sur les actifs investis, de l’ordre de 1 à 1,5%. Nous avons prévu un système de bonification qui fera descendre le pourcentage prélevé pour les femmes qui s’investiront davantage dans l’application, qui répondront à nos sondages, aideront et conseilleront les autres membres de notre communauté.

Où en êtes-vous dans votre développement?

«L’entreprise compte aujourd’hui deux associés, avec un CTO en free-lance et une assistante marketing. Nous allons engager le recrutement de l’équipe technique. L’objectif est de pouvoir internaliser la gestion de l’application. Notre demande d’agrément est en cours auprès de la CSSF (Commission de surveillance du secteur financier, ndlr). On prépare également une première levée de fonds. L’application sera déployée sur les marchés belge, français et luxembourgeois, et ouverte à tous, même si nous ciblons une clientèle féminine.»