POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

michel-Edouard Ruben (fondation idea)

«Du soutien pour éviter les faillites»



Michel-Edouard Ruben a signé le dernier «Décryptage» de la Fondation Idea. (Photo: Patricia Pitsch/ Maison Moderne Publishing SA/Archives)

Michel-Edouard Ruben a signé le dernier «Décryptage» de la Fondation Idea. (Photo: Patricia Pitsch/ Maison Moderne Publishing SA/Archives)

Michel-Edouard Ruben, senior economist de la Fondation Idea, signe son dernier «Décryptage». Il a analysé l’action de l’État dans le cadre de la crise sanitaire et envisage de quelle manière la reprise pourra ou devra être soutenue.

Votre analyse porte ce titre: «Soutenir autant que possible, sauver autant que nécessaire». Finalement, est-ce que celui-ci ne dit pas tout?

Michel-Edouard Ruben.  «Sans doute, même si beaucoup reste encore et toujours à écrire. En tant qu’économiste, on observe les mesures prises et ce qu’il se passe. Mais nous vivons ici une crise sanitaire et économique inédite, qui n’a été annoncée par aucun indicateur. La situation évolue, les mesures aussi. D’ailleurs, c’est ce que je souligne: les aides changent de forme, de cible… Et comme chaque crise est différente, celle-ci plus que les autres encore, il est difficile de se baser sur la crise de 2008 ou la crise de la sidérurgie pour anticiper l’avenir. Néanmoins, soutenir autant que possible et sauver autant que nécessaire semble une voie efficace. C’est en tout cas celle choisie par l’État, et pour savoir si on aurait pu faire mieux, il aurait fallu disposer d’une alternative et l’appliquer.

L’incertitude qui règne sur bien des plans vous fait dès lors proposer d’envisager une approche maximaliste du soutien à venir…

«C’est une possibilité qu’il faut envisager… car il faudra peut-être y faire appel. Cette maximalisation, c’est garder les vannes budgétaires ouvertes pour éviter les faillites, éviter que les ménages constituent une épargne de précaution… C’est aussi un encouragement à investir et embaucher pour les entreprises qui savent qu’elles seront soutenues, car le but est de revenir au plein-emploi. Cela passera peut-être par le fait de compléter le plan Neistart Lëtzebuerg, une réorientation des aides, comme la mutation des avances remboursables en capitaux propres. J’ai aussi avancé l’idée de diminuer de 50% les cotisations sociales durant trois mois, ce qui ne représenterait un effort que de 2% du PIB.

Tout cela en attendant une reprise économique réelle qui pourrait être moyennement rapide?

«C’est aussi une inconnue… Mais il y aura évidemment aussi des vents contraires qui vont souffler contre la relance. Cela fera l’objet d’ailleurs d’une prochaine analyse.»