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Équipement

La semelle carbone fait sauter les records



La Nike ZoomX Vaporfly Next% a permis à l’athlète kényan Eliud Kipchoge de passer sous la barre des 2 heures au marathon. Mais depuis, le modèle a été bridé. (Photo: Shutterstock)

La Nike ZoomX Vaporfly Next% a permis à l’athlète kényan Eliud Kipchoge de passer sous la barre des 2 heures au marathon. Mais depuis, le modèle a été bridé. (Photo: Shutterstock)

Présente dans les modèles très haut de gamme des différents fabricants de chaussures, la semelle intermédiaire en carbone a rouvert le débat sur les limites de la technologie. Elle devrait toutefois s’imposer dans les grandes compétitions.

Pour quelques secondes ou minutes de moins, seriez-vous prêt à dépenser deux fois le prix de vos chaussures actuelles pour une paire contenant une plaque de carbone? C’est à peu de choses près ce que proposent désormais les fabricants. Au prix du marché, l’Air Zoom Alphafly Next% de Nike s’affiche à 300 euros.

L’avantage de cette semelle en carbone? Les spécialistes ne sont pas tous d’accord. Mais on parle avant tout d’économie d’énergie (pour le coureur!) et d’une moindre fatigue musculaire. Alors que Nike, à l’initiative de cette innovation, met surtout en avant le gain de temps et la perspective de nouveaux records.

Dans le monde de la course à pied, la date du 12 octobre 2019 a résonné comme celle du 21 juillet 1969 avec le premier pas d’un homme sur la Lune. Placé dans des conditions tout aussi extraterrestres par la marque américaine à la virgule, l’athlète kényan Eliud Kipchoge a été le premier homme à franchir la barre mythique des 2 heures pour courir un marathon: 1:59:40.

Dopage technologique?

Pour réussir son coup sur le projet «Ineos 1:59 Challenge», Nike avait développé une nouvelle chaussure, la Nike ZoomX Vaporfly Next%. Un modèle comprenant une triple plaque de carbone dans la semelle intermédiaire. Exploit? Oui, évidemment, mais qui reste associé à une impression de «dopage technologique».

Le record, établi dans les rues de Vienne, n’ayant pas été établi dans des conditions normales de course, n’a pas été homologué. Et depuis, la World Athletics a modifié ses règles pour éviter l’arrivée de prototypes dans les compétitions. Depuis le 1er janvier 2020, une chaussure doit comporter une semelle de minimum 4 millimètres et ne pas comporter plus d’une plaque rigide. Elle ne peut être utilisée en compétition que quatre mois minimum après son homologation.

Des prix dissuasifs

 Depuis, la plupart des grands fabricants proposent, eux aussi, leur modèle avec semelle en carbone qui, par sa rigidité, assure un effet ressort et – disent certains – donne la sensation de courir tout le temps en descente. Un gain évident au niveau du dynamisme en tout cas.

Mais, comme nous le signalions au début de cet article, les prix de ces modèles sont fréquemment au-delà des 200 euros, alors que la durée de vie est deux fois moindre que celle d’une chaussure normale.

Les spécialistes s’accordent pour dire que ces modèles seront réservés à la compétition – on devrait en entendre parler lors des JO de Tokyo –, mais libre à chacun de casser sa tirelire pour gagner le pourcent d’énergie en plus et franchir «sa» barre mythique.

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