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finances publiques

La «Sécu» résiste bien au choc du Covid



Si le solde excédentaire de la sécurité sociale sera en baisse cette année, cela restera tout à fait acceptable dans le contexte particulier de la crise sanitaire. (Photo: Shuttertsock)

Si le solde excédentaire de la sécurité sociale sera en baisse cette année, cela restera tout à fait acceptable dans le contexte particulier de la crise sanitaire. (Photo: Shuttertsock)

Le solde de la sécurité sociale sera à la fin de cette année nettement plus positif qu’encore espéré au mois de juin. Les perspectives restent acceptables pour les années à venir aussi, même si la situation fait l’objet d’une attention constante.

Le ministre de la Sécurité sociale Romain Schneider  (LSAP) a réalisé ce jeudi un exercice habituel en commission du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale: présenter les chiffres de l’année 2020 et les perspectives pour les suivantes. À la différence cette fois que la crise sanitaire est venue bousculer les choses et que les perspectives livrées en juin dernier étaient bien sombres.

895 millions d’euros de solde excédentaire

«Au mois de juin, nous étions encore en prise avec les premiers effets de la crise Covid et nous devions beaucoup nous projeter. Maintenant, nous disposons de chiffres plus concrets et une vue nettement plus dégagée», explique le ministre Romain Schneider sollicité par Paperjam. Première bonne nouvelle: le choc pour les finances de la sécurité sociale sera nettement moins rude que prévu cette année. Bon an mal an, le solde excédentaire est «d’environ un milliard d’euros. En juin, nous estimions qu’il ne serait que de 162 millions. Finalement, les derniers calculs laissent comme résultat un solde de 895 millions. Alors, certes, c’est moins que les autres années, mais nettement mieux qu’attendu dans le contexte connu actuellement», poursuit le ministre.

Un résultat extraordinaire? Sans doute un peu. Mais qui s’explique, malgré des recettes en baisse, «grâce à un emploi qui a été moins impacté que prévu». Mais aussi via un remboursement de l’État à hauteur de 396 millions d’euros. «Au début de la crise, beaucoup de choses ont été payées via la CNS, alors que cela ne devait pas être le cas. Ces 396 millions sont la régularisation de ces montants. Ils font partie des 895 millions d’excédents», développe Romain Schneider.

Seconde bonne nouvelle: les finances de la sécurité sociale vont aussi plutôt bien résister au cours des années à venir. «Pour 2021, nos prévisions s’articulent sur des hypothèses basses. On estime que le surplus sera de 755 millions d’euros», note le ministre. Et encore de 640 millions en 2024.

Les pensions ne seront pas impactées

En 2021, l’assurance maladie sera en déficit. «Mais cela est prévu. De plus, la réserve est de quasi 900 millions, soit 28% des dépenses, doit largement plus que ce qui est prévu par la loi (10%, ndlr)», rapporte encore le ministre.

Enfin, dernière bonne nouvelle, à destination des pensionnés: le taux de cotisation global sera de 21-22%. Au-dessus de 24%, différents mécanismes correcteurs peuvent entrer en jeu dont une limitation du réajustement des pensions. Les pensionnés ne seront donc pas touchés par les effets de la crise, du moins à ce niveau. «Les réserves de la caisse de pensions varieront entre 22 et 23 milliards», termine le ministre. «Ce qui signifie que nous pourrions honorer toutes les pensions durant 4 à 5 ans sans avoir aucune rentrée.»