LIFESTYLE & VIE PRATIQUE — Argent

Mon argent

Sandrine Chabrerie: «Apprendre à se faire plaisir»



Sandrine Chabrerie conserve l’appétit des bonnes tables.  (Photo: Andrés Lejona/Maison Moderne)

Sandrine Chabrerie conserve l’appétit des bonnes tables.  (Photo: Andrés Lejona/Maison Moderne)

La directrice des affaires européennes de l’Aca, Sandrine Chabrerie, a vu son rapport à l’argent évoluer au fil du temps et de sa situation personnelle.

Quel est votre principe au sujet de l’argent?

Sandrine Chabrerie . – «J’essaie de bien équilibrer les dépenses, l’épargne, mais aussi de savoir donner. Dans un scénario idéal, sur 10 euros, j’en dépense 5, j’en épargne 4 et j’en donne 1. Mais je sais que tout cela varie selon les périodes de la vie. 

Comment cela s’est-il passé pour vous?

 «Je suis arrivée au Luxembourg en 1997, de Paris, où ma seule perspective était un stage non rémunéré. Ici, on m’a proposé un emploi dans l’assurance avec un salaire de 90.000LUF (l’équivalent de 2.200 euros, ndlr). Je vous avoue que j’étais ravie et qu’au début, j’ai dépensé beaucoup, car j’avais l’impression d’être ‘super riche’ en comparaison avec ma situation à Paris.

Votre rapport à l’argent a donc évolué avec le temps…

«Exact. J’ai grandi avec peu d’argent. Étudiante, je travaillais au rayon fromagerie-charcuterie d’un supermarché et je faisais les fermetures du soir et les samedis. Je me souviens avoir été sur la corde raide. C’est pour cela qu’arrivée au Luxembourg, je me suis fait plaisir avec de beaux vêtements et de bons restaurants.

Vous regrettez?

«Non, pas du tout. J’ai pris beaucoup de plaisir à m’offrir des tenues de travail élégantes et parfois l’une ou l’autre belle robe de gala. Je fréquentais des endroits chics où je n’aurais jamais mis les pieds spontanément auparavant.

Et aujourd’hui?

«Aujourd’hui encore, cela ne me fait pas mal de mettre beaucoup d’argent pour un bon resto. J’ai appris à apprécier le fait de dépenser et à me faire plaisir: je ne considère pas cela comme une dépense, mais plutôt comme un investissement gustatif. Par contre, j’avoue que lorsque je n’avais ni remboursement immobilier ni enfants, je pouvais ­donner plus qu’aujourd’hui.

Quelles valeurs ou quels ­principes transmettez-vous à vos enfants?

«Pour l’instant, ils sont âgés de 9 et 7 ans et ne sont pas demandeurs d’argent. S’ils ont besoin de quelque chose, je leur achète, mais il faut que cela soit utile, que cela leur fasse plaisir et que ça ne m’encombre pas – j’ai horreur de m’encombrer. Je fais partie de ces gens qui n’ont jamais reçu d’argent de poche. D’un côté, cela a l’avantage que mes sœurs et moi n’avons pas pu faire n’importe quoi. Mais, d’un autre côté, j’admets que nous n’avons pas appris à gérer l’argent dès notre plus jeune âge.

Vous voulez inculquer la ­gestion de l’argent à vos enfants?

 «Oui, j’aimerais leur apprendre à dépenser, à économiser et à donner. Mais je pense que j’insisterai sur un point très important: dès que c’est possible, achetez-vous un bien immo­bilier. Et, plus globalement, ­n’attendez pas trop longtemps pour investir en étant jeunes. Au final, on n’y perd rien.

Les investissements vous intéressent?

«Ce n’était pas ma priorité au début, mais celui que je ne regrette pas, c’est assurément l’achat de mon appartement, en 2013. Chaque jour, sa valeur augmente, donc ce n’est jamais de l’argent perdu. Sinon, je viens de commencer à investir en achetant des parts de fonds d’investissement. Étant prudente, j’ai choisi ceux annoncés comme étant les plus performants, mais ça, c’était à l’époque où le marché était sur la courbe ascendante [sourire]. C’est un peu stressant de se dire que, potentiellement, on peut tout perdre. Même si, au final, ce n’est pas beaucoup d’argent. Mais le niveau actuel des taux me pousse à oser prendre le risque.

Qu’est-ce que l’argent ne peut acheter? 

«Le respect, la bienveillance et l’amour de ses enfants.»

Cet article a été rédigé pour  l’édition magazine de Paperjam du mois de mars 2022  parue le 23 février 2022.

Le contenu du magazine est produit en exclusivité pour le magazine. Il est publié sur le site pour contribuer aux archives complètes de Paperjam. 

Cliquez sur ce lien pour vous abonner au magazine.  

Votre entreprise est membre du Paperjam Club? Vous pouvez demander un abonnement à votre nom. Dites-le-nous via  [email protected]